Il y a peu, j'ai du conduire une heure en ville. Que c'est désagréable sans chauffeur. Pas le temps de lire des documents ou même simplement de parcourir son journal. Etre obligé à de longues attentes au volant à côte de centaines de pauvres gens qui, eux n'ont plus, n'ont pas les moyens d'avoir un chauffeur.
Dire qu'il y a à peine 50 ans, presque aucune personne digne de ce nom ne conduisait elle-même. Et le pire c'est qu'on ne peut même pas confier le véhicule à un employé. Maintenant on est obligé de trouver soi-même un emplacement de parking. Puis de fermer les portes soi-même. Il faut même faire du travail manuel, remplir le réservoir, nettoyer les vitres.
Heureusement dès demain, je réutilise mes chauffeurs ... du métro, du tram ou du bus. Je relirai mon journal tranquillement (debout aux heures de pointe, rien n'est parfait). C'est bien chauffé, je ne dois pas me préoccuper du trajet, du carburant, du parking.
Evidemment, il y a quelques défauts. Le problème majeur, c'est que c'est moins cher et utilisé par des gens pauvres. Et c'est bien connu, seul ce qui est utilisé par les riches est accepté socialement facilement.
Peut être faudrait-il, pour les automobilistes uniquement, multiplier par 10 le prix des transports en commun et diviser par 10 le prix des voitures. Ce qui est rare est cher mais aussi ce qui est cher est bien. Les gens aisés utiliseraient plus les transports en commun.
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Vous pensez que cette description est humoristique? En fait, c'est une illustration de "l'effet Veblen" appelé aussi effet de snobisme ou d'ostentation: Voir notamment la page http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Consommation_ostentatoire&oldid=26128922 à ce sujet.
jeudi 28 février 2008
Que la vie est difficile quand on doit se passer de chauffeur
mercredi 13 février 2008
Pour la première fois de l'histoire de l'humanité, chaque habitant de la planète est riche...
Depuis l'aube de l'histoire, la pauvreté a été le sort de la majorité, nourrissant le luxe d'une minorité. Depuis toujours, une répartition plus équitable aurait signifié une pauvreté moindre pour les plus pauvres mais aussi une pauvreté pour tous.L'extraordinaire croissance mondiale de la richesse de ces dernières décennies et l'extraordinaire croissance de la richesse en Asie de ces dernières années viennent de changer cela. D'après la banque mondiale, en parité de pouvoir d'achat, le revenu moyen mondial par habitant était d'environ 9.500 dollars par personne et par an en 2005. Ceci signifie donc, en 2008, pour un couple avec 2 enfants, un revenu mensuel d'environ 3.000 euros (*).
Chaque habitant de la planète est donc riche. En moyenne bien sûr. Un peu comme celui qui a la tête dans le four et les pieds dans le congélateur et qui, en moyenne, a une bonne température. Ce qui se traduit dans le monde notamment par plus d'un milliard d'êtres humains qui mangent trop et près d'un milliard de personnes qui ne mangent pas assez.
Mais ce qui est important, c'est que pour la première fois de l'histoire, nous pouvons donc partager l'abondance. L'abondance de nourriture était déjà largement suffisante pour tous depuis assez longtemps mais l'abondance de biens et l'abondance d'argent est récente.
Il ne reste donc plus qu'à partager. La recherche de croissance ne devrait être qu'un objectif accessoire. En tous cas, pour les personnes soucieuses du bien-être collectif, cela devrait être ainsi au moins tant que des hommes et des femmes mourront de malnutrition et de misère.
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Pour en savoir plus:
- Observatoire des inégalités: L'inégalité des revenus mondiaux: http://www.inegalites.fr/spip.php?article13.
- Banque mondiale: http://www.banquemondiale.org/
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(*) En 2005, le PIB moyen par habitant dans le monde a été de 9.543 dollars. Pour 4 personnes, cela représentait, 3.180 dollars par mois. En parité de pouvoir d'achat un euro vaut environ entre 0,85 et 0,90 dollar. Le PIB mondial croit d'environ 3 à 4 % par an.
Source de l'image: http://en.wikipedia.org/wiki/Money
dimanche 20 janvier 2008
Les milliardaires américains sont trop à gauche pour la Belgique
Monsieur Bill Gates, premier homme le plus riche du monde, a décidé de consacrer l'essentiel de son patrimoine à des objectifs sociaux, essentiellement en matière de santé et de lutte contre l'extrême pauvreté dans les Etats du Sud (et non dans des domaines informatiques comme il est souvent affirmé). Il a donc décidé de déshériter à plus de 90 % ses 3 enfants.
Monsieur Warren Buffett, second homme le plus riche du monde, a décidé de consacrer 83 % de son patrimoine aux mêmes buts que monsieur Gates, décidant donc de déshériter à plus des 4/5èmes ses 3 enfants.
A noter que ces 2 citoyens américains atypiques sont aussi opposés à la diminution des impôts pour les revenus élevés.
Quelles que soient les opinions relatives aux motivations liées à ce type d'acte et quelles que soient les critiques vis-à-vis du travail des organisations sociales soutenues par ces 2 hommes, il n'en reste pas moins que:
- En valeur relative, les donations sont plus de mille fois supérieures à celles effectuées par le belge moyen. En effet, le belge donne en moyenne 7 euros par an pour ce qui concerne les dons fiscalement déductibles soit beaucoup moins qu'un millième de son revenu.
- En valeur absolue, au rythme actuelle de (l'absence de) générosité des belges, les donations sont supérieures à ce que donnerait l'ensemble de la population belge durant plusieurs siècles. En effet, les dons annoncés de Warren Buffett et de Bill Gates représentent plus de 50 milliards de dollars alors que les dons déductibles de l'ensemble de la population belge représentent environ 70 millions d'euros.
En Belgique, les législations relatives aux successions (réserve successorale) obligent à transmettre le patrimoine prioritairement aux descendants. Et donc en l'espèce, les droits patrimoniaux issus du patrimoine génétique ont primauté sur la lutte contre la malaria (une des priorités de
Ne serait-il pas temps, en se basant sur l'exemple "gauchiste" américain, de s'interroger sur la moralité et la concordance vis-à-vis des droits humains non héréditaires de la législation successorale belge? Particulièrement dans un des pays les plus riches du monde où la première source de patrimoine n’est ni le travail, ni la loterie nationale mais la la loterie génétique notamment par l’héritage.
Et par ailleurs, ne serait-il pas temps en Belgique, notamment à gauche, de relancer un peu la mode du partage tant obligatoire (l’impôt) que facultatif (le don)? Qu’en pensent les 100.000 millionnaires (en euros) belges? Et les millionnaires socialistes ou écologistes?
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Plus d'informations concernant:
L'obligation (et non la possibilité) de donner ses biens à ses enfants en cas de décès: articles 913, 920, 921 et 922 du Code civil, source http://wwww.juridat.be
Bill Gates en faveur de l’impôt (en anglais) : http://www.usatoday.com/money/industries/technology/2003-01-12-gates_x.htm
mercredi 9 janvier 2008
Pauvreté et richesse dans un monde de cocagne et d'inégalités.
Et cette évolution, contrairement ce qui est parfois affirmé touche aussi la majorité des pauvres en Belgique. Par exemple, alors qu'en 1991, une personne sur 9 n'avait pas de salle de bains, il y en avait moins d'une sur 20 en 2001. Egalement en 1991, 8 % des logements étaient encore sans toilette intérieure et 39 % sans chauffage central, 10 ans plus tard, il n'y avait plus que 4 % de logements sans toilette intérieure et 27 % sans chauffage intérieur.
Et le pourcentage de personnes défavorisées sans GSM, sans accès internet et même sans voiture diminue également rapidement.
Alors, qu'est-ce qui fait que beaucoup estiment qu'ils s'appauvrissent? C'est notamment causé par une augmentation de certaines insécurités (risque de perte du travail surtout), par l'augmentation de certaines inégalités (notamment vu la diminution de la part des revenus du travail dans les patrimoines), par la perte de repères suite aux bouleversements techniques (être dépassé dans un domaine donne une impression d'insécurité) et enfin par la distance qui se creuse pour ceux qui restent sur le côté ("qui n'avance pas, recule").
Mais c'est aussi causé par un environnement culturel et idéologique global dans lequel l'augmentation de consommation de plus en plus rapide est un droit inaliénable voire presque un devoir. Et un environnement où la non-consommation est souvent perçue comme stigmatisante, particulièrement dans les milieux culturellement défavorisés. Et pourtant, cette évolution est difficilement soutenable tant en termes économiques qu'écologiques.
Au niveau global également, nous sommes de plus en plus riches. Depuis quelques années, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il y a plus de gens trop gros que de gens trop maigres. Et il y a un petit peu moins d'extrême pauvreté en pourcentage et même en chiffres absolus. Mais c'est une évolution en bas de l'échelle beaucoup moins rapide que dans les Etats du Nord. Et partant de plus bas. Et les laissés pour compte absolus, dont l'espérance de vie n'atteint généralement pas 50 ans sont encore plus de 800 millions. Et de plus, dans de nombreux pays, principalement africains, l'évolution est à l'aggravation.
Et, quelle que soient les difficultés psychologiques, sociologiques ou matérielles au Nord, aussi longtemps que des être humains mourront de faim ou de maladies aisément guérissables pour des raisons purement économiques, être de gauche, n'est-ce pas d'abord lutter pour que cette situation là cesse?
Il vous appartient de décider si ce combat est prioritaire.
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Pour plus d'information, voir notamment:
Un document plus long intitulé "Richesse, pauvretés et leurs mesures: http://www.utopianchronicles.org/richesse-pauvrete.htm
Les statistiques de Statbel (ex INS) concernant le logement: http://statbel.fgov.be/press/pr071_fr.asp#4
Une comparaison de niveau de vie entre 1973 et 2007: http://www.utopianchronicles.org/schema1.htm
La définition du seuil de pauvreté: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Seuil_de_pauvret%C3%A9&oldid=23507178
mardi 1 janvier 2008
3.500 logements sociaux bruxellois en 1.750 jours: lettre bimestrielle (numéro 17). Nouvel An 2008.
Il s'agissait aussi d'une mesure que des dizaines de milliers de personnes attendaient (et attendent toujours) avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement n'est pas un problème mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis. Dans cette ville, des milliers de logements neufs devraient stabiliser des loyers qui grimpent.
Voici pourquoi, cette lettre vous informe tous les 2 mois de l'avancement de ce dossier prioritaire. Malheureusement, le mot "avancement" est à prendre avec philosophie (facile à écrire si vous attendez votre logement social depuis plus de 35 mois).
Au rythme actuel de construction, à supposer que 200 logements soient achevés dans les 6 prochains mois (ce qui est une hypothèse optimiste), il faudra 2 siècles pour achever le plan prévu pour se réaliser en 5 ans.
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Etat d'avancement de la construction des 5.000 logements (connu au 1er janvier 2008) :
- 0 : Nombre de logements réellement construits (0 % de l'objectif de départ)
- 314 : Nombre de logements en construction (6 % de l'objectif de départ)
- 3.600 : Nombre approximatif de logements qui devraient être actuellement construits (au prorata) (*)
- 10.000 : Nombre approximatif de personnes qui seraient actuellement logées dans des logements sociaux et moyens si les accords gouvernementaux bruxellois de 2004 étaient appliqués (au prorata)(*)
- Temps écoulé : 42 mois depuis les accords politiques (43 mois depuis le début de la législature) - Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 17 mois (15 mois avant le début de la campagne électorale)
(*) Pour les logements sociaux uniquement (sans logements moyens), il s'agit de 2.400 logements et 6.800 personnes.
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Remarques complémentaires :
- Plus de 6 mois après la pose de la première pierre (le 25 juin 2007), les logements du Scheutbos, n'ont toujours pas dépassé les premiers murs du rez-de-chaussée. Sauf erreur, les autres logements "en construction" ne sont guère plus avancés.
- Par "logement social" ci-dessus, il faut entendre "nouveau logement social en région bruxelloise tel que prévu dans les accords bruxellois" (portail.irisnet.be/cmsmedia/fr/2004_acgouv.pdf?uri=43742a96072f96dd010732949354014a <http://portail.irisnet.be/cmsmedia/fr/2004_acgouv.pdf?uri=43742a96072f96dd010732949354014a>). 1.500 logements pour les revenus moyens sont également prévus.
- Lors des premiers mois de la législature, il n'était techniquement pas possible d'achever les premières constructions (même si les premières annonces publiques des 5.000 logements étaient en fait bien antérieures aux accords régionaux). Logiquement, il devrait donc y avoir actuellement peu de constructions achevées (moins qu'au prorata) mais beaucoup de constructions débutées (plus qu'au prorata).
- Le 21 octobre 2004, le Soir titrait "600 logements concrétisés dès 2005". Le 16 février 2007, madame Dupuis annonce fièrement dans sa lettre d'information datée du 16 février 2007 : "Les 400 premiers logements sortiront bientôt de terre" (Lettre d'information du 16 février 2007). Le 14 novembre 2007, dans sa lettre d'information, elle ajoute "plus de 4100 logements au travers d'une trentaine de projets (...) sont en gestation".
- Depuis le mois de décembre, un site http://www.planlogement.be/ a été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme. Vous n'y trouverez (bien sûr) pas les chiffres récapitulatifs produits dans la présente lettre.
lundi 17 décembre 2007
Ecolo (encore plus) ancré à gauche
Le conseil de fédération d'Ecolo (le "parlement" interne du mouvement) a approuvé vendredi soir 14 décembre le texte "Dynamiques pour une nouvelle étape".C'est une excellente nouvelle. En effet, ce texte, adopté à la quasi-unanimité, mentionne explicitement qu'Ecolo est ancré dans ses valeurs de gauche. Ce que certains ne souhaitent pas toujours mettre en avant et ce que certains, notamment au PS ou à l'extrême gauche, feignent souvent d'ignorer.
Le texte d'origine présenté par les coprésidents ne contenait aucune mention du positionnement à gauche et, sans la proposition de délégués et de membres attentifs et insistants, le texte serait resté sans cette mention. Ceci dénote une timidité de certains membres éminents d'Ecolo, timidité qui s'explique à son tour par le fait que certains d’autres horizons politiques en Belgique ou ailleurs, font beaucoup pour donner de la gauche une image de rose vraiment très fanée.
Mais l'option est claire: de gauche, égalitaire à tous les niveaux et en commençant par les plus démunis, ici et ailleurs.
Ailleurs où notamment 800 millions de personnes finiront la journée de demain avec moins d'un dollar. Ou ne la finiront pas.
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Extrait du texte adopté
(...)
Dynamique 1 - "Des solutions pour chacun"
Objectif
Approfondir, compléter et, le cas échéant, moderniser notre message et nos propositions programmatiques, en résonance avec la société
Ce projet vise à produire des propositions fortes et novatrices qui permettent concrètement et dès aujourd’hui d’accélérer la transition écologique au sens d’une société plus égalitaire à tous les niveaux : entre individus, entre pays, entre générations. Il s’agit de mettre en place une dynamique réflexive et créative qui élargit et actualise la production du parti, afin d’assurer une amélioration de la qualité de vie de chacun et du bien être de tous, en commençant par ceux qui en sont le plus démunis, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain, et d’amener notre société à réduire radicalement son empreinte écologique.
Pour y arriver, ECOLO mettra en œuvre un processus d’ouverture vers la société civile - tant les citoyens que les organisations, associations et collectifs qui les rassemblent et les représentent - et de soutien à toutes les initiatives citoyennes qui en découleront. En ce sens, ancré dans ses valeurs de gauche et ouvert à ce que peut amener la société civile, il concrétisera son rôle d’agitation des idées de la société, approfondira son dialogue avec les organisations susceptibles d’accompagner et d’amplifier cette transition (syndicats, patronats, associations, collectifs) et soutiendra l’engagement des citoyens et des décideurs en ce sens.
(...)
dimanche 9 décembre 2007
L'effet Veblen et la dure vie des citoyens trop riches
Il y a très longtemps que les riches se parent de bijoux trop lourds, habitent des maisons trop grandes et mangent trop notamment parce que ce sont des symboles de richesse. Par exemple, le seigneur du moyen-âge habitait souvent un grand château glacé en hiver alors qu'une petite chaumière surchauffée eut été tellement plus agréable.
Il y a plus d’un siècle, l'économiste Thorstein Veblen (1857 – 1929) donnait à ce besoin de montrer sa richesse y inclus parfois aux dépens du confort le nom de "consommation ostentatoire". Par exemple, dans sa "Théorie de la classe de loisir", il montrait comment le lustre de l'étoffe, était prisé dans les chapeaux car servant à montrer qu'on les change souvent, et considéré défavorablement pour les pantalons parce qu'il montre qu'au contraire on ne les a pas changés depuis longtemps.
Aujourd'hui, des centaines de milliers d'habitants des grandes villes s'achètent des grandes et grosses voitures alors qu'un véhicule plus petit ou l'utilisation des transports en commun serait plus simple. Dans le même registre de taille mais inversé, le cadre supérieur voudra le GSM le plus petit possible là où un appareil plus grand serait plus simple. Et, enfin, du point de vue disponibilité, il insistera pour être disponible 24 heures sur 24 (plus disponible encore que le travailleur surmené du night shop voisin mais ne lui dites pas). Alors qu'il y a quelques décennies, il aurait mis tout en oeuvre pour être le plus inaccessible possible.
Pour quelques dizaines de millions de personnes (dont plusieurs centaines de milliers de belges), la vie est devenue encore plus complexe qu’auparavant. Du fait de l’augmentation du niveau de vie, les super riches ont à peu près tout ce qui est nécessaire ou même simplement agréable du point de vue matériel en ce début de 21ème siècle : maisons, voitures, voyages, nourriture, gadgets,…
Mais curieusement, souvent, ceci crée des difficultés psychologiques regroupées sous le nom "Wealth Fatigue Syndrome". En quelques mots, le super riche (qui est le plus souvent enfant de parents super riches) n'a plus grand chose à désirer, n'a plus guère d'objectifs dans la vie, doit se méfier de tous ceux qui ne sont pas super riches et ne se différencie plus que par le superflu.
Rien à voir, en ampleur, avec les difficultés des plus pauvres mais il n’empêche, ce ne sont pas des difficultés négligeables. Pour soigner les riches, plusieurs solutions originales sont envisageables notamment:
- Limiter les patrimoines à un revenu maximum d'intégration (RMI !). Ainsi, la concurrence des richesses connaitrait un plafond qui pourrait être rassurant en assurant une égalité au sommet de l’échelle;
- Faciliter le réinvestissement du patrimoine et de l’énergie dans des objectifs sociaux. collectifs.Ainsi, la reconnaissance sociale vis-à-vis des riches s’élèverait.
Evidemment de telles solutions ne feront pas l'objet d'un consensus rapide chez les super riches. Mais il est à noter que pas mal de milliardaires s'appliquent les solutions à eux-mêmes avec un certain succès. Ce serait intéressant si un "effet Veblen" pouvait se marquer pour une redistribution large des richesses. Et ce n’est pas une idée farfelue. Après tout, le don est une des sortes les plus connues de consommation ostentatoire (par exemple le "Potlatch").
Les problèmes des super riches d'aujourd'hui sont probablement les problèmes de demain des autres citoyens. Le belge moyen a déjà un niveau de vie infiniment supérieur à un seigneur du moyen-âge. La Bible citait les rivières où coulaient le blé et le miel. A ce niveau, un supermarché contemporain est un paradis. En 2007, nous sommes plus de 2 milliards d’habitants de la planète à tellement manger trop que nous souffrons de surpoids contre seulement 800 millions qui ne mangent pas assez.
Aujourd'hui, nous pourrions, moyennant des efforts réduits et en augmentant même notre confort psychologique, utiliser tout ou partie de notre énergie non à consommer ou gagner plus mais à augmenter le bien-être de ceux qui ont été les plus exploités jusqu’ici.
Mais que ferons-nous le jour où nous serons tous immensément riches?
J’espère vivre assez longtemps pour voir cette question ne plus être seulement théorique.
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Plus d'information à propos de:
- Thorstein Veblen et la consommation ostentatoire: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Thorstein_Veblen&oldid=23503521
- Le potlatch : http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Potlatch&oldid=176662658 (en anglais)
- Les super-riches: "Rijkste twee procent bezit helft wereldrijkdom" à l'url http://www.standaard.be/Artikel/Detail.aspx?artikelId=G4015F9C7&kanaalid=17 (en néerlandais, payant pour les non-abonnés au Standaard)
- Ce qui rend les belges heureux (notamment l’argent même si il peut y avoir des effets pervers) : voir le rapport "Le plus grand bonheur" par Mark Elchardus et Wendy Smits : http://www.vub.ac.be/TOR/main/publicaties/downloads/t2007_4.pdf