samedi 6 juillet 2013

La mort de la mort. Numéro 51. Juin 2013.

Si, il y a 200 ans, vous aviez affirmé que 200 ans plus tard, il serait possible de s'asseoir confortablement et tranquillement sur une chaise dans le ciel, à l'intérieur d'un gros tube de métal qui ne s'écraserait pas au sol, combien ceci serait-il apparu probable? (traduction). Franco Cortese, Institute for Ethics and Emerging Technologies. Juin 2013.


Thème du mois : Ce que nous pourrions collectivement changer dès aujourd'hui pour vivre plus longtemps


Chaque jour, nous gagnons près de six heures d'espérance de vie. Ce gain s'explique globalement par les progrès en matière d’hygiène, de comportements individuels et de niveau de vie, mais aussi en médecine. Il est parfois estimé que les progrès médicaux et les autres progrès (hygiène, niveau de vie, ...) y contribuent environ à parts égales. 

Ce qui est notable est que, pour les personnes les plus âgées, les gains moyens de durée de vie sont en croissance ces dernières décennies alors que ce n'était pas le cas auparavant. Or, la progression de l'espérance de vie des individus les plus âgés s'explique pour une plus grande part par les progrès des soins médicaux, alors que la diminution de la mortalité chez les plus jeunes, surtout dans les pays du sud, s'explique pour une plus grande part, par une amélioration des situations économiques, la diminution des morts violentes (guerres, accidents,...), une meilleure prévention des risques,... Autrement dit, c'est de plus en plus la médecine qui explique les gains de longévité des plus âgés.
La présente lettre aborde des progressions ayant une dimension médicale, concernant principalement des personnes âgées. Il s'agit de changements qui pourraient techniquement être débutés en quelques mois et dont l'efficacité, largement admise, serait mesurable dès leur mise en œuvre.
1. Prévention : la limitation des maladies cardio-vasculaires, des cancers et dans une moindre mesure des maladies neurodégénératives par les changements d'habitudes de vie Supprimer la consommation du tabac et diminuer ou supprimer la consommation d'alcool aurait un effet immédiat important. Les politiques publiques entamées dans de nombreux pays ont déjà limité fortement la mortalité due à ces causes. Mais des progrès importants peuvent encore être faits en interdisant la publicité, en interdisant la consommation dans des lieux publics et en informant mieux sur les dangers liés à la consommation. Les améliorations peuvent aussi être obtenues en mettant l'accent sur les agréments d'une convivialité sans dépendances par l'alcool et le tabac ainsi qu'en favorisant le développement des pratiques culturelles nouvelles. La limitation de la consommation de l'alcool, outre ses effets positifs directs, entraîne également une diminution indirecte de la mortalité par la réduction des violences notamment familiales, des accidents de la route et des imprudences en général. Limiter les apports alimentaires excessifs et inciter à des efforts physiques modérés suffisants est également utile. Il faut cependant noter qu'il n'y a de consensus large ni sur la quantité idéale de nourriture, ni sur sa composition, pas plus que sur l'intensité et la durée des efforts physiques nécessaires. Il est rarement contesté qu'un indice de masse corporelle très élevé est néfaste (plus de 80 kilos pour une femme de 1,60 mètre par exemple). Il est aussi rarement contesté que l'absence de tout exercice soit néfaste. Mais, pour le reste, le consensus et les études statistiques restent assez incertaines, les consensus relatifs au type d'alimentation étant particulièrement fréquemment remis en question.

2. Prévention : la limitation des conséquences des maladies liées au vieillissement par la prévention de risques, la mesure des paramètres vitaux et les instruments individuels détectant les défaillances

Il est possible, dès aujourd'hui, à la majorité des citoyens, en tout cas dans les pays au niveau économique élevé, d'acquérir des appareils ou des applications logicielles qui permettent de mesurer aisément les paramètres physiologiques tels les battements du cœur, la quantité d'exercice effectué, la quantité de nourriture absorbée. Ces instruments de mesure incitent à limiter les excès et peuvent avertir d'écarts physiologiques anormaux. Il serait aussi d'ores et déjà possible, pour toute personne âgée d'avoir une sorte de bracelet qui avertirait immédiatement en cas de modification des fonctions vitales nécessitant une intervention.

Par ailleurs, le domaine dans lequel les investissements tant financiers que médiatiques sont de loin les plus importants actuellement, est le domaine de la prévention des accidents, principalement les chutes. Les chutes provoquent, outre les traumatismes directs, une diminution de la mobilité, tant du fait de l'immobilisation pour la convalescence qu'ensuite, notamment par peur d'une nouvelle chute. Tous les moyens techniques limitant le risque de chute et veillant à une prise en charge rapide après un éventuel incident, sont donc très abondamment étudiés. Des mesures plus efficaces de prévention et également de détection rapide des chutes (aisée grâce aux progrès technologiques) permettraient des gains importants. Il faut également noter que, chez les individus les plus âgés, particulièrement en dehors du milieu familial traditionnel, il faut souvent être attentif, non pas à éviter l'obésité, mais, au contraire, veiller à maintenir une nutrition et une hydratation suffisantes.

Enfin, le maintien d'activités intellectuelles et sociales, qui peut être mieux organisé, notamment par le financement et l'encouragement d'activités pour les personnes âgées, mais aussi par des applications logicielles entraînant la mémorisation ralentit le développement des maladies neurodégénératives et donc permet une vie plus longue et de meilleure qualité. De plus, de manière indirecte, les investissements en temps et en énergie à l'intention des personnes âgées améliorent leur cadre de vie, leur confort, leur bien-être et réduisent le risque de dépression. En conséquence, la qualité et la durée de la vie progressent.

3. Limitation des maladies cardio-vasculaires par l'absorption de substances
Le nombre de maladies cardio-vasculaires à l'issue fatale est en diminution progressive, mais reste important dans tous les pays à niveau de vie élevé. L'âge est, de loin, le 1er facteur de risque. L'absorption de médicaments visant à fluidifier le sang diminuerait les maladies cardio-vasculaires de manière importante pour un grand pourcentage d'individus au point qu'il serait souhaitable de donner ce type de médicament systématiquement (sauf contre-indication) à partir d'un certain âge. Cet âge pourrait être par exemple 55 ou 60 ans. Un médicament dont l'usage pourrait être systématisé est la très classique aspirine. Certains ont également proposé l'usage d'une pilule composée de différentes substances à l'efficacité reconnue. Les experts parlent de "polypill" pour ce médicament composite.

4. Chirurgie de pointe

Pour lutter contre les maladies cardio-vasculaires comme pour opérer des tumeurs cancéreuses, la chirurgie de pointe est de plus en plus disponible. Pour diverses bonnes et moins bonnes raisons, les centres hospitaliers d'une certaine taille opèrent généralement pour des affections très diverses. Or aujourd'hui, le matériel médical de chirurgie est encore coûteux et exige de plus en plus une dextérité peu commune (même si l'appareillage est de plus en plus  automatisé). Une diminution de la mortalité pourrait être obtenue en permettant une meilleure répartition des actes médicaux, chaque hôpital opérant pour un type de chirurgie. Cette spécialisation devrait être accompagnée d'une mise en commun des données médicales, chaque fois que le patient donne son consentement éclairé. Les données peuvent voyager instantanément, les équipements pas. De plus, une attention plus grande aux spécificités des patients pourrait également être apportée, parallèlement à la spécialisation des équipements, les hôpitaux multifonctionnels étant souvent particulièrement "déshumanisés".

Par ailleurs, dans le domaine de la chirurgie, comme pour les autres soins, si une plus grande priorité était donnée aux personnes plus âgées, qui sont aussi les plus fragiles, la mortalité pourrait également diminuer. Actuellement, c'est plutôt la situation contraire qui prévaut. La diminution des capacités physiques des individus les plus âgés étant inévitable à terme, les efforts pour ralentir cette dégradation sont moindres au fur et à mesure de l'avancée en âge. Autrement dit, lorsque les signaux de diminution de capacité se multiplient, l'effort pour diminuer l'impact du vieillissement diminue.

5. Lutte contre les cancers

Depuis le tournant du siècle, l'évolution de la facilité de l'analyse du patrimoine génétique est vertigineuse tant du point de vue financier (coûts en diminution rapide) que de celui de la rapidité d'analyse (des années étaient nécessaires, les délais se comptent désormais en journées). Les progrès de l'observation et de la compréhension des cellules cancéreuses permettent aujourd'hui de comprendre qu'il n'y a pas UNE maladie comme le cancer, ni même UNE maladie comme le cancer du poumon, du sang, ... En fait, (presque?) chaque cas de cancer est spécifique, relevant de mutations de cellules propres à chaque personne atteinte.

Aujourd'hui l'analyse systématique du génome pour chaque cas de cancer est déjà possible techniquement et financièrement, pour une partie importante de la population. Si elle était effectuée et si les résultats étaient partagés de manière généralisée, le choix d'un traitement plus adapté serait immédiatement possible et l'efficacité, dans certains domaines, croitrait de manière exponentielle.

6. En synthèse : une vie plus longue est envisageable grâce à la médecine de demain, mais aussi par l'optimisation de celle d'aujourd'hui

Les lignes qui précèdent décrivent les domaines les plus vastes pour lesquels des techniques existantes sont sous-utilisées. En les optimalisant, une limitation assez forte de la mortalité des personnes âgées pourrait être obtenue en quelques mois. Vivre plus longtemps en bonne santé grâce aux progrès médicaux ne dépend donc pas seulement de la recherche médicale et de moyens financiers, mais parfois simplement de la mise en œuvre de ce qui est disponibl.


La bonne nouvelle du mois : le nombre de décès suite à des maladies cardio-vasculaires continue à diminuer

Une étude de l'Université d'Oxford, menée par la docteure Melanie Nichols et parue dans l"European Heart Journal " établit que, durant les 30 années écoulées entre 1989 et 2009, le nombre de décès de maladies cardio-vasculaires diminue régulièrement dans la plupart des pays de l'union européenne pour les hommes comme pour les femmes. La mortalité actuelle est fortement réduite, souvent de moitié, par rapport à celle d'il y a 30 ans. La diminution semble donc se poursuivre sans signe d'essoufflement ces dernières années tant grâce aux progrès de la médecine que par la diminution de certains risques (consommation de tabac).


Pour en savoir plus

jeudi 6 juin 2013

La mort de la mort. Numéro 50. Mai 2013.


Vous n'avez pas osé  dire le mot "immortalité". Tous les médecins en ont peur. Tous les êtres en ont peur. Donc on recherche  l'allongement de la vie, comment aller mieux, comment traiter les maladies mais on n'ose pas parler d'immortalité. Or, la possibilité de trouver une pilule contre la mort est possible. Je ne dis pas que c'est certain, mais en tout cas, c'est une hypothèse à envisager.
Maurice Mimoun, chirurgien français, lors d'une émission scientifique à la RTBF (O Positif), le 18 avril 2013.


Thème du mois: les maladies cardiovasculaires


Dans des pays comme la France, la Belgique ou le Canada, environ 90 pour cent des décès sont causés par des maladies liées au vieillissement. Les trois grandes  catégories d'affections responsables de ces décès sont les affections cardiovasculaires, les cancers et les maladies neurodégénératives. En pourcentage de l'ensemble de la mortalité, les maladies cardio-vasculaires et les cancers sont d'une importance similaire. Environ trois décès sur dix ont un cancer comme cause et environ trois décès sur dix sont causés par une maladie cardio-vasculaire. En France, les hommes sont un peu plus touchés par les maladies cardio-vasculaires, les femmes, un peu plus par les cancers.

Les maladies cardio-vasculaires et les cancers ont un autre point en commun: beaucoup de citoyens ne les perçoivent pas comme des maladies liées au vieillissement. Il est vrai que ce ne sont pas des maladies exclusivement liées à la vieillesse, mais leur impact est considérablement plus important pour les personnes avançant en âge.

Les progrès en matière de lutte contre les cancers ont été abordés dans une
lettre de mars 2012. Dans les lignes qui suivent, seules les maladies cardiovasculaires seront abordées.

La mortalité cardio-vasculaire et les traitements aujourd'hui

En 2008, les maladies cardio-vasculaires ont été responsables de 27,5 % des décès en France. Les maladies cardio-vasculaires liées à l'avancée en âge ont toujours existé chez l'humain, mais leur impact important sur la mortalité est récent. La principale cause de l'augmentation récente de la morbidité et de la mortalité est la progression de l'obésité. Mais la consommation excessive de denrées alimentaires ne suffit pas. Un jeune adulte même beaucoup trop corpulent ne mourra pas de ses excès. L'âge est le premier facteur de risque inévitable.

Dans le cas de nombreuses crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux (AVC), l’événement final qui provoquera la mort se déclenche très peu de temps avant le décès et ceci alors qu'il y avait peu ou pas de signes de maladie auparavant. Ceci est particulièrement spectaculaire pour les hommes et les femmes encore relativement jeunes et donne l'impression d'un accident plus que d'une maladie. Mais ce déclenchement brutal est la conclusion d'un processus dans lequel l'usure ou l'accumulation aura joué, donc le vieillissement.

Pour illustrer l'influence de l'âge, il est par exemple utile de savoir qu'en Europe, environ 95 % des accidents vasculaires cérébraux en Europe se passent après l'âge de 45 ans. Aux Etats-Unis, en 2008, 224.000 personnes de 75 à 84 ans sont mortes suite aux maladies cardiovasculaires contre seulement 47.000 de 45 à 54 ans et 24.000 avant 45 ans.

Durant ces dernières décennies, les maladies cardio-vasculaires sont la catégorie d’affections liées au vieillissement pour laquelle les progrès ont été les plus rapides. Ainsi en vingt années, aux Etats-Unis (de 1980 à 2000), le nombre annuel de décès suite à ces maladies a décru de moitié. Ceci est dû principalement:
·         à une meilleure hygiène de vie particulièrement la diminution du tabagisme ;
·         à de meilleurs soins préventifs et curatifs, notamment la prise de certains médicaments assurant une "fluidification" du sang (dont la très classique aspirine) ;
·         à la progression de la médecine chirurgicale, entre autres tout ce qui concerne le caractère moins invasif et plus ciblé des interventions.
Des facteurs de morbidité sont par contre en croissance, le principal étant l'alimentation trop abondante et déséquilibrée.

Perspectives à court, moyen et long terme

Les améliorations envisageables dès aujourd'hui sont nombreuses. 

Des progrès considérables en matière de prévention sont possibles sans délai. Il s'agit principalement de promouvoir une alimentation plus équilibrée et surtout moins abondante, un exercice modéré et la poursuite de la réduction de l'usage du tabac. C'est à la fois facile, puisque le moyen  d'améliorer la situation est presque universellement connu et très compliqué parce que changer des habitudes perçues comme agréables est difficile. Une des raisons d'être optimiste est que les comportements des citoyens à cet égard varient fortement selon les pays, le milieu social et les influences personnelles. Ainsi, du fait de ces différences, les Japonaises ont un taux de maladies cardio-vasculaires très fortement inférieur au taux européen.

Des comportements collectifs perçus comme profondément ancrés peuvent être modifiés en quelques années. Ce que l'on appelle parfois le "Zeitgeist", "l'esprit du temps" peut se modifier d'une manière imperceptible, mais assez rapide et fondamentale entre autres dans le domaine des comportements alimentaires et physiques. Ainsi, dans certains pays, il a fallu moins de 10 ans pour que le tabagisme dans les lieux couverts passe du statut d'activité socialement acceptée à celui d'acte déconsidéré et malpoli, même dans des lieux tout à fait privés.

Dans le domaine strictement curatif, la chirurgie progresse rapidement pour tout ce qui concerne les interventions cardio-vasculaires. Les actes médicaux deviennent de plus en plus ciblés, rapides et efficaces. Les moyens d’exploration interne préalable à l’opération vont s’améliorer. Les automatisations devraient aussi diminuer les risques de pratiquer des actes chirurgicaux néfastes pour les patients. La mortalité diminue tant durant les opérations qu'après et les complications deviennent plus rares. Du fait du caractère moins invasif des opérations, de l'augmentation de l'espérance de vie et de l'augmentation des performances des médicaments diminuant l'impact de ces maladies, l'âge des patients sur lesquels  des opérations peuvent être pratiquées devient de plus en plus élevé. 

Enfin les traitements préventifs et curatifs médicamenteux sont très importants. L'usage de produits de mieux en mieux dosés, de plus en plus testés et de plus en plus ciblés se répand. Il semble bien, étant donné que l'âge est un élément majeur de risque et que des médicaments ont un facteur limitatif important sur  la maladie, que l'utilisation systématique de certains médicaments pour les personnes âgées aurait  un effet globalement positif pour la longévité.

Si tout ce qui précède devient applicable au plus grand nombre, la mortalité causée par les maladies cardio-vasculaires avant 80 ans pourrait devenir rare. A plus long terme, pour aller encore plus loin, des nanorobots sont  imaginables en tant que piste importante de progrès médical. Il s'agirait de machines de taille minuscule (de la taille d'une cellule ou bien plus petites). Celles-ci pourraient  détruire les agrégats qui se produisent dans les vaisseaux sanguins et, plus tard, réparer les vaisseaux endommagés. 


La bonne nouvelle du mois: multiplication des articles à propos de l'augmentation de la longévité

Le célèbre mensuel National Geographic de mai 2013 a comme couverture: "Longévité, ce bébé vivra jusque 120 ans". En France; le docteur Laurent Alexandre, auteur du livre "La mort de la mort" est intervenu sur de nombreux médias (Libération, le Monde, France 2,...) à propos de la longévité. En Belgique, la couverture du journal Moustique du 10 mai 2013 porte comme titre principal "Arrêtons de vieillir". Un peu partout progresse la perception que les perspectives de croissance de l'espérance de vie sont de plus en plus vertigineuses. Et progressivement, le nombre de ceux qui perçoivent que ces enjeux et ces espoirs ne sont pas que théoriques mais peut également concerner nos proches et nous-mêmes grandit aussi.

Pour en savoir plus
·         De manière générale: http://heales.orghttp://longecity.orghttp://sens.org et http://immortalite.org
·         A propos de la diminution de la mortalité cardio-vasculaire, voir notamment: Explaining the Decrease in U.S. Deaths from Coronary Disease, 1980–2000   http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsa053935

·         Source de l'image: Journal Moustique 

samedi 4 mai 2013

La mort de la mort. Numéro 49. Avril 2013.



Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. Article 25, alinéa 1er, de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Article rédigé à un moment où la lutte contre les maladies liées au vieillissement n'avait pas la même signification qu'aujourd'hui. Les droits de l'homme sont évolutifs. 



Thème du mois: Les opinions publiques et la croissance de l'espérance de vie en bonne santé. Croyances et faits.


Comment réagissent les citoyens par rapport aux perspectives de croissance de l'espérance de vie?

Il n'y a pas d'uniformité des opinions et c'est pourquoi cette lettre décrit "les opinions publiques" et pas "l'opinion publique". Les opinions décrites ci-dessous sont contradictoires parce qu'elles émanent de segments différents de la population, mais elles peuvent aussi être exprimées par les mêmes personnes à des moments différents. Enfin, nombre des idées fréquemment émises s'expliquent en grande partie par une méconnaissance des faits. En ce qui concerne les éléments factuels, les liens dans la présente lettre renvoient vers des textes antérieurs de 'La mort de la mort".

Voici quelques-unes des opinions fréquentes:

«Nos enfants seront la première génération à vivre moins longtemps que ses parents» OU «Un bébé sur deux qui naît aujourd'hui deviendra centenaire»

Les deux affirmations sont entendues asses souvent. Nul ne sait bien sûr ce que sera le futur. Les optimistes se basent sur la croissance de l'espérance de vie depuis plus d'un siècle et l'accélération de progrès médicaux. Les pessimistes arguent de l'augmentation des pollutions et de modes de vie néfastes à la santé.

La réalité est qu'actuellement la mortalité continue à diminuer tant chez les adultes que chez les enfants. Nous gagnons bon an mal an trois mois de vie en plus par an. Les pessimistes pourront cependant signaler que la longévité extrême ne croit plus guère actuellement. En effet, dépasser l'âge de 110 ans reste un phénomène rarissime.

«Permettre une vie en bonne santé plus longue est souhaitable» OU «Nous ne devons pas vivre plus longtemps car nous sommes déjà trop nombreux»

Généralement, l'opinion publique est en faveur d'un meilleur traitement des personnes âgées. Mais parfois certains affirment qu'il ne faut pas trop prolonger la vie des aînés en se basant sur la fausse croyance que l'allongement de la vie provoque une surpopulation. En fait, les pays où la population grandit le plus vite sont ceux où l'espérance de vie est la plus courte.

«Permettre une vie en bonne santé plus longue, aussi aux personnes fragiles est un impératif moral» OU «Nous devons laisser la place aux générations suivantes»

Beaucoup de citoyens ont une attitude ambigüe. Ils défendent ardemment les personnes âgées proches en réclamant de meilleurs soins, des maisons de repos plus adaptées et un plus grand respect. Mais lorsque les progrès médicaux sont cités comme moyen pour permettre plus de bien-être plus longtemps aux personnes âgées dans leur ensemble, des oppositions se font entendre au nom des générations futures. Une des raisons de ce paradoxe est que les soins à "nos" ainés concernent des individus que nous connaissons alors que les bénéficiaires des progrès médicaux sont des individus inconnus. Un mort dû à de mauvais traitements dans un hospice, c'est un drame. Dix pour cent de morts de personnes âgées en plus parce que des techniques médicales nouvelles ne sont pas mises en œuvre, c'est perçu comme une statistique. Derrière les statistiques de décès, il y a pourtant des millions d'émotions et de souffrances.

Il est presque certain que la partie de l'opinion publique qui se préoccupe des générations futures se préoccuperait au moins autant de retarder des souffrances si elle voyait l'effet concret de l'absence de progrès sur des personnes âgées proches.

«Tout progrès médical qui améliore la vie en bonne santé est positif» OU «La science et la médecine doivent respecter l'ordre naturel des choses»

La conviction qu'il y a des médecines et des traitements "naturels" contre le vieillissement et d'autres qui ne le sont pas est intéressante, mais repose sur plusieurs erreurs.

D'abord, dans la nature, le vieillissement n'est que très rarement naturel. Les animaux sont rapidement éliminés par les prédateurs, les parasites... dès les premiers signes d'affaiblissement.

Ensuite, il n'y a presque pas de médecine "naturelle". L'histoire de l'humanité (Homo sapiens sapiens) a débuté il y a plus de 100.000 ans. L'immense majorité des médecines ne sont nées qu'il n'y a que quelques siècles. Avant, nous ignorions par exemple que le cerveau était le lieu de la conscience, que le sang circulait à travers tout le corps et même parfois (comme chez  les religieux taoïstes par exemple) que manger et respirer sont indispensables à la vie.

En fait, pour l'opinion publique majoritaire, il y a, au regard du temps qui passe, trois types de médecine:

·         les médecines traditionnelles antérieures (ou parfois extérieures) à la médecine actuellement enseignée dans les universités;
·         la médecine actuellement largement pratiquée;
·         les recherches médicales en cours.

Souvent, les citoyens les plus réticents aux progrès médicaux définissent les nouvelles techniques comme inutilement invasives, se mêlant trop intimement à notre corps. En fait, la transfusion sanguine et les greffes d'organes sont des techniques bien plus invasives que les nouvelles techniques médicales. La véritable raison est l'attitude vis-à-vis des nouveautés ce qui amène à l'affirmation suivante.

«La médecine fait des progrès extraordinaires» OU «La médecine moderne est dangereuse»

Les citoyens expriment souvent le souhait de recevoir et de rendre accessibles à tous les soins les plus modernes. En même temps, ils s'inquiètent des dangers des nouvelles technologies.

Une des différences majeures pour les citoyens se situe dans le caractère perçu comme libre ou pas de la nouveauté. Par exemple, une vaccination ou un nouveau traitement facultatif sera plus acceptable qu'en cas d'imposition.

Mais la raison principale de la peur vis-à-vis des nouveautés est probablement que l'information médicale disponible pour un large public met plus l'accent sur les échecs et sur les risques que sur les progressions concrètes. Les découvertes médicales spectaculaires sont décrites par les médias, mais pas l'effet positif progressif en termes de qualité et de durée de vie pour les citoyens. Par contre, les accidents médicaux, en particulièrement avec de nouvelles techniques, auront un succès médiatique assuré.

«Lutter contre le vieillissement est acceptable d'un point de vue religieux» OU «Lutter contre le vieillissement est contraire à la volonté de Dieu»

Rien dans les textes fondamentaux des religions les plus courantes ne s'oppose aux soins aux personnes âgées. Mais ces textes fondateurs n'ont pas envisagé les progrès médicaux. En pratique, jusqu'ici, les dirigeants religieux se sont généralement adaptés aux progressions médicales, une fois qu'elles se sont répandues. Hier, l'opinion publique aurait été scandalisée par une greffe ou une transfusion. Aujourd'hui, l'opinion publique est scandalisée lorsque des témoins de Jéhovah refusent les greffes ou les transfusions pour leurs enfants. Après-demain, les mêmes personnes pourront être scandalisées si certains veulent refuser des soins de réjuvénation pour les personnes les plus âgées.
«La vie est trop courte» OU «Il vaut mieux vivre moins longtemps, mais mieux»

La majorité de nos contemporains se plaignent de manquer de temps, mais simultanément beaucoup affirment que l'ennui naitrait d'une vie trop longue. Ceux qui développent la vision pessimiste ignorent  que les personnes plus âgées sont généralement plus heureuses que les autres citoyens, moins violentes et plus respectueuses de l'environnement.

Lorsqu'ils sont interrogés sur le temps qu'ils désirent vivre, globalement les femmes et les hommes donnent trois types de réponse:

·         Je voudrais vivre 70 ou 80 ans (la durée normale de vie aujourd'hui)
·         Je voudrais vivre 100 ou 120 ans (la durée maximale de vie aujourd'hui)
·         Plus rarement, je voudrais vivre sans limite de durée.

Mais presque personne ne répond qu'il voudrait vivre 50 ans, la durée "naturelle" maximale de vie durant plus de 90 pour cent de l'histoire de l'humanité.

En conclusion, les opinions publiques sont globalement prudentes, souvent contradictoires et changeantes. Ces changements de l'opinion peuvent être beaucoup plus rapides ... que ce que l'opinion publique perçoit. Qui se serait par exemple imaginé il y a 20 ans que l'essentiel de nos idées serait diffusé par voie électronique sans que presque personne ne s'en émeuve. Nous pourrions nous adapter à une vie avec un vieillissement négligeable presque sans nous en rendre compte. Le vieillissement est un phénomène imperceptible au jour le jour, la fin du vieillissement par des progrès médicaux successifs pourrait être aussi une évolution sans révolution pour la majorité des citoyens.



La bonne nouvelle du mois: l'intelligence artificielle d'IBM affronte la médecine de pointe



En 2011, le système informatique Watson, mis au point par la société IBM avait réussi à battre les meilleurs champions du jeu américain de culture générale Jeopardy. Deux ans plus tard, une première application médicale de ce logiciel est en développement. Il s'agit d'un outil "d'aide à la décision" en matière de traitement du cancer. Cette application est actuellement testée au "Memorial Sloan–Kettering Cancer Center" de New York en collaboration avec une grande compagnie américaine d'assurance maladie "WellPoint". Une extraordinaire puissance de déduction médicale pourrait bientôt être accessible aux victimes de cancer.



Pour en savoir plus :

jeudi 2 mai 2013

Plaidoyer progressiste et technoprogressiste pour une vie en bonne santé beaucoup plus longue pour tous (1er mai 2013)


L'Humanité se décrit par ses franchissements de frontière, des choses qui paraissaient impensables. (…) Et Gagarine lui a franchi cette frontière de l'espace. Lorsque nous avons contrôlé, lorsque les femmes ont pu contrôler leur fécondité, c'était une frontière. Ce qui était autrefois une condition biologique a cessé d'être une servitude. Demain nous vaincrons la mort.  Jean-Luc Mélenchon, 12 janvier 2012, Des paroles et-des actes.

Depuis le 1er mai 2012, l'espérance de vie en bonne santé a augmenté d'environ un trimestre en Belgique et de près cinq mois au Bangladesh. La durée moyenne de la vie des hommes et des femmes en Belgique est maintenant de 80 ans. Des millions de citoyens de Belgique et du reste du monde qui seraient morts au cours des douze derniers mois sans progrès de santé et croissance économique coulent aujourd'hui des jours relativement paisibles.

Jusqu'à la première moitié du siècle passé au moins, le désir de progrès technique et le désir d'égalité sociale étaient liés. La gauche rêvait de lendemains qui chantent. Ces lendemains étaient faits de plus d'égalité, de plus de biens et d'un monde plus facile à vivre matériellement et technologiquement.

Aujourd'hui, les progressistes ne rêvent plus guère de progrès technique. C'est probablement dû notamment au traumatisme de l'échec de l'Union soviétique qui se réclamait du communisme et du progrès technique. Il y a aussi la peur que les progrès augmentent les inégalités. Et plus récemment, le développement des pollutions a mené beaucoup de progressistes à vouloir "renverser la vapeur" là où il fallait plutôt la purifier et donc orienter autrement.

Aujourd'hui, en termes d'abondance, les lendemains ont chanté largement. Contrairement à ce que beaucoup affirment, l'accélération est non pas moindre, mais plus extraordinaire encore dans les pays du Sud. La mortalité infantile qui était une source majeure de décès poursuit sa diminution. La pauvreté multidimensionnelle diminue rapidement dans les pays du Sud.

Dans ce cadre de progrès humains globaux sans équivalent dans l'histoire de l'humanité, le téléphone mobile est passé en vingt ans du statut de bien de luxe à celui d'outil utilisé par la majorité des citoyens du monde. Avant la fin de cette décennie, la majorité des citoyens devrait avoir accès à des mobiles connectés à internet. Une part énorme des connaissances collectives universelles sera accessible à une large majorité des citoyens du monde. Ceci pourra se faire presque sans coût et sans discrimination surtout si les progressistes se mobilisent en faveur de progrès techniques pour tous.

Dans les développements à court et moyen terme, les (techno)progressistes pourraient exiger que chaque citoyen ait droit à un téléphone mobile (avec des rayonnements faibles, mais avec des accès forts à des services collectifs). Ils pourraient proposer que Google, Wikipédia fonctionnent comme des services publics de plus en plus développés. Enfin, ils devraient réfléchir à l'impact des imprimantes 3 D en termes d'accessibilité et de diffusion de biens.

Une gauche proactive pourrait exiger des investissements publics importants pour permettre à tous de vieillir beaucoup moins. Aujourd'hui les différences entre espérances de vie au Sud et au Nord s'amenuisent. Mais si les résultats des recherches pour une meilleure santé et une vie plus longue ne sont pas mis à disposition de tous, les progrès seront d'abord réservés aux plus aisés, seuls capables de s'offrir les soins et de vivre là où la pollution et les particules fines sont moindres.

Une gauche favorable aux progrès pourrait plus globalement réclamer des investissements technologiques collectifs plus importants dans les domaines médicaux, de diffusion des connaissances et de gestion des énergies.

Dans le domaine énergétique heureusement, les écologistes et la gauche sont généralement (techno)progressistes. Mais même dans ce domaine, les résistances de certains se prétendant de gauche sont nombreuses luttant par exemple contre les moulins à vent dans leur petit pré carré.
Les avancées fantastiques ne résolvent pas (encore?) tous les problèmes de bien-être. Ceci s'explique notamment parce que l'abondance est un instrument insuffisant pour permettre le bonheur de tous. De plus, au-delà d'un certain niveau de confort matériel, la perception du bien-être se fait presque exclusivement par comparaison avec le niveau matériel des autres, lequel niveau progresse aussi. Il reste donc à la gauche (et pas qu'à elle) à découvrir comment augmenter le bonheur dans une économie d'abondance où le lait et le miel, symboles d'abondance et de bonheur, coulent tellement pour tous que cela ne nous satisfait plus.

Pourquoi encore la gauche doit-elle être technoprogressiste? Pour développer l'égalité du futur. De plus, les progressions technologiques rapides comprennent des risques immenses  dans les développements en cours souvent abordés (pollutions, effets de serre, risques pour la vie privée, fracture numérique,...), mais également dans les développements à moyen terme. Ce sont des risques existentiels liés à la maîtrise de plus en plus absolue de la structure du vivant, de la matière et peut-être à terme au développement de l'intelligence artificielle. Et le principe de précaution dans une société évoluant, ce n'est pas toujours arrêter les modifications technologiques, cela peut-être au contraire les accélérer pour sauver des vies et diminuer des risques.

Pour que le progrès technique ait le plus de chance d'être aussi un progrès tout court, pour que les lendemains extraordinaires soient aussi des lendemains qui chantent, un des éléments favorables est une gauche proactive, capable de faire primer paix, égalité, justice et souci du bien commun sur les intérêts financiers et matériels à court terme. Peu de politiques de gauche semblent l’avoir compris.

Il faut penser globalement pour agir localement. Il faut aussi penser à long terme pour agir à court terme. La question n'est plus de savoir si les progressions technologiques vont permettre une vie beaucoup plus longue en bonne santé, mais de réfléchir collectivement aux conséquences, de permettre à tous ceux qui le souhaitent de vivre plus longtemps et de maitriser les risques. La science-fiction d'aujourd'hui, rêve ou cauchemar, voire plus probablement rêve et cauchemar, ne sera pas seulement la réalité de nos enfants, ce sera aussi la nôtre.




Pour en savoir plus:

Ce texte est une version actualisée d'un texte distribué à la fête du 1er mai depuis 2009. Rendez-vous le 1er mai 2014!



vendredi 12 avril 2013

25.000 logements publics bruxellois en 3.600 jours (lettre bimestrielle, numéros 20, 21 et 22). Novembre - décembre 2012. // Janvier - février 2013 // Mars - avril 2013


Les accords  gouvernementaux régionaux bruxellois du 12 juillet 2009 prévoient une augmentation radicale du nombre de logements publics par "une norme à atteindre dans les 10 années à venir de 15% de logements de qualité à gestion publique et à finalité sociale".

Cette lettre en principe bimestrielle a pour objectif d'être un aiguillon pour favoriser une réalisation optimale de ces objectifs car, actuellement, environ 40.000 ménages sont sur les listes d'attente des sociétés de logement social bruxellois. Le rythme de publication de cette lettre s'est ralenti et malheureusement il en va de même du rythme de création de nouveaux logements. 

Logements publics à finalité sociale
Estimation de l’état des créations de logements connu au 10 avril 2013
 9.200
Nombre total de logements publics qui, logiquement, auraient dû être créés durant le temps écoulé (estimation sur la base de la mise à disposition de 200 logements par mois)
2.750
Nombre total des nouveaux logements publics à finalité sociale réellement créés (estimation). A décomposer comme suit:
1.082
Logements construits depuis le début de la législature dans le cadre du plan dit des 5000 logements
0
Logements créés à partir de bureaux transformés
0
Logements créés à partir de logements et autres immeubles abandonnés
800
Logements créés par d'autres moyens (acquisitions, locations, contrats de quartier…) (chiffre approximatif)
1.100
Logements privés mis à la disposition par les A.I.S. (chiffre approximatif)
- 250
Logements publics supprimés (destruction, transformation-rénovation de petits logements en logements plus grands, mais moins nombreux,…) (chiffre approximatif)
45
Nombre de mois écoulés depuis les accords politiques (46 mois depuis le début de la législature)
74
Nombre de mois restants pour achever la mise à disposition des logements

Durant les 6 derniers mois, seuls 75 logements ont été inaugurés dans le cadre du plan logement. Malgré la bonne volonté et l'énergie de beaucoup, les résultats sont extrêmement maigres.

En ce qui concerne les logements en chantier, leur nombre est également de plus en plus faible. D'après le site de la SLRB, dans le cadre du plan logement, il y a seulement sept chantiers en cours. De plus, ces sept chantiers sont de petits chantiers. Ils représentent ensemble à peine 350 logements. Durant les mois de novembre 2012 à mars 2013, il semble de plus qu'aucun chantier de construction nouvelle n'ait été entamé.

Par ailleurs, un objectif important est la rénovation de constructions abandonnées et la transformation de bureaux inutilisés en logement.

Pour ce qui concerne la conversion de bureaux en logements, un processus de primes suite à un appel à projets pour la conversion de bureaux obsolètes ou inoccupés en logements est en cours. C'est un enjeu non négligeable dans une cité qui compte au moins 1,4 millions de mètres carrés de bureaux inoccupés. Actuellement, le nombre de bureaux convertis en logements à vocation sociale est toujours égal à zéro de même que le nombre de conversions en chantier.

Le calcul du nombre réel de logements à créer varie énormément selon les estimations (voir lettre de novembre 2010). La présente lettre se base sur un nombre de 25.000 logements. Dans ce nombre, il a été tenu compte des logements mis à disposition par les agences immobilières sociales (A.I.S.) même s'il ne s'agit pas au sens strict de logements à gestion publique. Par contre, il n'a pas été tenu compte des prêts octroyés par le Fonds du logement car ils concernent des immeubles à gestion totalement privée.

Dans le tableau, seuls les logements effectivement mis à disposition sont comptabilisés. Ils sont pris en compte dès qu'ils sont réalisés même s'ils ne sont pas occupés. Les chantiers, projets en cours de marché public,... ne sont pas repris. 

Si les logements avaient été créés comme prévus, cela aurait eu un coût. A défaut, actuellement, on peut considérer que les autorités régionales ou locales bruxelloises ont économisé plus de 700 millions d'euros (sur la base d'un coût de 110.000 € par logement)... aux dépens des personnes qui auraient occupé les logements. 

Informations complémentaires

Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.
Didier Coeurnelle, citoyen bruxellois.
http://www.didiercoeurnelle.org

Source de l'image. Logements de la Zebrastraat à Gand.