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vendredi 27 février 2009

Moins de particules fines, plus d'espérance de vie, Mais surtout une vie plus longue grace au progrès

Je suis impressionné par la distinction faite inconsciemment ou consciemment entre certaines évolutions perçues comme très souhaitables aussi vite que possible pour la santé et d'autres évolutions perçues comme moins prioritaires.

Vous avez probablement déjà entendu ou lu à plusieurs reprises des interventions relatives au fait que la pollution atmosphérique faisait perdre une ou deux années d'espérance de vie, notamment les particules fines.

C'est très probablement exact. Encore que, étant donné que les pauvres habitent plus souvent dans les zones les plus polluées et que les citoyens pauvres ont une espérance de vie moins élevée, il peut y avoir dans certains cas une surestimation de causes relatives à la pollution par rapport à d'autres causes (moins de moyens médicaux, plus d'usage du tabac, alimentation moins adaptée,...). Pour prendre un exemple, je pense qu'il est très probable que l'espérance de vie dans les "vieux quartiers" est inférieure à celle des "beaux quartiers" de ma municipalité, mais je ne me hasarderais ni à dire que l'environnement (plus de pollution dans et en dehors des habitations) n'y est pour rien ni à dire que l'environnement atmosphérique est un facteur déterminant. Pour prendre un autre exemple, j'ai déjà lu que l'espérance de vie était moindre à proximité des grands axes de circulation mais j'espère que la composante sociale a été prise en compte dans l'étude concernée.

Mais je souhaite ici relever que, si les chiffres cités dans l'article ci-dessous sont exacts, un éventuel accroissement de 10 microgrammes par mètre cube aura pour conséquence une augmentation de la mortalité qui sera compensée en 2 ans par l'augmentation tendancielle de l'espérance de vie (actuellement d'un trimestre environ par an).

En fait, l'évolution de la pollution atmosphérique sur le court, sur le moyen et sur le long terme est positive, mais les exigences s'accroissent et c'est tant mieux. Si nous devions revivre une fraction du smog de Londres des années 50 (et encore bien plus celui du 19ème siècle), des mesures extrêmes seraient prises d'un jour à l'autre; si nous devions respirer à nouveau l'air des villes industrielles européennes d'il y a 30 ans ou même l'air enfumé d'un restaurant d'il y a à peine 10 ans, nous aurions l'impression de nous encrasser les poumons en quelques heures voir en quelques minutes d'exposition.

Mais mon propos est ailleurs. Loin de moi, un souhait de s'occuper moins des particules fines. Mais par contre, je regrette de ne (presque) jamais lire de demande d'accélération des recherches médicales (cellules souches, régénérations, recherches génétiques,...) qui permettraient une augmentation plus rapide de l'espérance de vie.

Le raisonnement implicite sous-tendu est, je pense, que la pollution est une nuisance apportée par l'évolution humaine et donc qu'il convient de l'éliminer aussi rapidement que possible tandis que la recherche de progrès médicaux est une amélioration rendue possible par les techniques ce qui est moins urgent.

Mais pourquoi est-ce moins urgent? Je voudrais faire un parallèle avec le dilemme imaginaire suivant:

A. Un train fonce vers un précipice. Il est possible de sauver les passagers du train en actionnant un aiguillage qui dirigera vers une voie de garage. Malheureusement, sur cette voie de garage, se trouvent deux personnes innocentes qui seront inévitablement écrasées si le train est dévié.

B. Un train fonce vers un précipice. La seule manière de sauver les occupants est de pousser une voiture sur les rails, véhicule qui va bloquer le train. Malheureusement, deux personnes innocentes sont enfermées dans la voiture et mourront écrasées si le véhicule est poussé.

Il y aura beaucoup plus de personnes qui se diront théoriquement prêts à sauver les occupants dans la situation A que dans la situation B (et j'aurais aussi beaucoup plus de mal à pousser la voiture qu'à actionner l'aiguillage). Mais les résultats en terme de vies humaines sauvées (et perdues) sont identiques.

Et je pense qu'il en est relativement de même pour les vies sauvées en permettant de respirer mieux ou en soignant mieux. Sauver une vie menacée par l'homme est normal, sauver une vie menacée par la "nature" est moins souhaitable.

Alors que moi j'estime que la personne qui pourrait être sauvée par le progrès technique n'a pas moins de droit à survivre que la personne qui pourrait être sauvée par la diminution de la pollution.

Votre avis m'intéresse.

Didier C.

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Moins de particules fines, plus d'espérance de vie Source http://www.lemonde.fr/planete/article/2009...50025_3244.html

LE MONDE | Article paru dans l'édition du 04.02.09.

"Il s'agit d'une étude historique qui sera citée des milliers de fois dans les années à venir", s'enthousiasme le professeur William Dab, titulaire de la chaire d'hygiène et sécurité au Conservatoire national des arts et métiers. Ce spécialiste des problèmes de santé liés à la pollution atmosphérique salue ainsi le vaste travail de trois auteurs américains qui démontre qu'une réduction de la concentration de l'air en particules fines de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) est associée à un accroissement de l'espérance de vie en moyenne de 0,6 année. L'étude a été publiée, le 22 janvier, dans le New England Journal of Medicine.

Diverses études ont jusqu'ici montré les effets délétères de la pollution par les particules fines (d'une taille inférieure à 2,5 microns ou PM2,5). Une augmentation de leur concentration de 10µg/m3 a été associée à une réduction de l'espérance de vie de 1,11 année aux Pays-Bas, de 1,37 an en Finlande et de 0,8 an au Canada.

Parallèlement, des chercheurs français publient dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, mercredi 3 février, une étude confirmant les effets à court terme de la pollution. "Le risque de décès de toutes causes ou pour causes cardio-vasculaires est significativement associé à l'ensemble des indicateurs de pollution", indiquent-ils.

Ce type de recherches épidémiologiques vise à établir le fait que ces particules constituent un facteur de risque pour la santé. Le mérite de C. Arden Pope (Brigham Young University, Utah) et des coauteurs de l'étude "est d'avoir établi pour la première fois une preuve expérimentale de l'amélioration de l'état de santé à partir de données cohérentes sur un large territoire", estime M. Dab.

CANCER DU POUMON

Les chercheurs ont compilé des données concernant 51 zones métropolitaines des Etats-Unis et celles de la pollution à différentes époques, entre 1970 et le début des années 2000, quand la qualité de l'air s'était globalement améliorée. Ils ont calculé que "la réduction de la pollution de l'air contribue jusqu'à 15 % de l'accroissement global de l'espérance de vie".

En octobre 2008, une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) citait des travaux estimant qu'"environ 1 300 à 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux de PM2,5 étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 µg/m3." L'Union européenne ne s'est dotée pourtant que d'une norme maximale sur les PM2,5 de 25µg/m3 en 2010, qui ne deviendra contraignante qu'en 2015.

Paul Benkimoun

vendredi 15 août 2008

Donnez, donnez, il en restera toujours quelque chose (au moins pour votre bonheur)

Nous vivons une société d'abondance dans laquelle la souffrance vient notamment de ce que nous absorbons trop.

Cette réflexion est à prendre littéralement parce que, en Europe occidentale et en Amérique du Nord, la première source aisément évitable d'aggravation de notre état de santé est l'excès de nourriture. Le lait et le miel des temps bibliques nous sont accessibles à volonté et quasiment plus personne ne perçoit une orange ou un hamburger comme un produit de luxe. Et souvent notre corps ne s'habitue pas à l'opulence.

Mais ceci est aussi à prendre au sens imagé car notre esprit aussi a parfois des difficultés à s'adapter à la profusion. Il semble bien que la société de consommation ne suffise plus à augmenter notre bonheur voire qu'elle soit parfois néfaste pour le bonheur. En effet, depuis la fin des années 70, bon an, mal an, et malgré toutes les crises, nous disposons de plus en plus de biens de consommation mais le niveau de bonheur mesuré n'augmente plus guère.

Une des raisons en est, probablement, qu'au-delà d'une certaine limite, qui peut être fixée très approximativement aux alentours de 1.500 à 2.000 € par mois et par adulte, la grande majorité de nos besoins et désirs nécessaires au bien être matériel peuvent être satisfaits. Avec cette somme, chaque famille (sauf cas spécifiques par exemple d'accident de santé ou d'endettement) peut s'acheter sa petite voiture, sa petite maison, passer des vacances, manger, se vêtir,...

Bien sûr, encore plus d'argent permet encore plus de dépenses. Cela rend possible l'achat d'une plus grosse voiture, de plus lointaines vacances et une certaine ascension dans l'échelle sociale visible. Mais l'augmentation de bien-être que cela produit est courte. Après quelque temps, le niveau de bonheur "retombe" à un niveau guère plus élevé que celui d'avant la consommation nouvelle.

Et, par ailleurs, l'augmentation rapide du choix des produits consommables disponibles sur le marché et la visibilité de ces choix notamment grâce aux progrès techniques crée des sentiments de frustration croissants. Par exemple, avant l'existence d'internet, vous étiez rarement frustré par un achat d'occasion d'un magnifique objet dont vous rêviez manqué à quelques heures près. En effet, avant, vous ne saviez pas que cet objet existait.

Heureusement, il reste une solution pour augmenter notre bonheur: donner notre argent à une cause que nous estimons utile. Evidemment, tous ceux qui donnent ne nagent - malheureusement - pas dans un bonheur infini car les causes du bien-être psychologique sont multiples. Mais il n'en reste pas moins que, d'après une étude comparative parue dans le célèbre périodique scientifique Science, lorsque des citoyens donnent de l'argent pour un but socialement utile, leur niveau de bien-être augmente plus que lorsqu'ils consacrent la même somme à eux-mêmes. Et surtout, l'augmentation de bonheur est plus durable.

Si vous gagnez plus de 2.000 € par mois, vous savez donc ce qu'il vous reste à faire pour augmenter votre bonheur. Il s'agira d'une véritable opération Win-Win. Et si votre intervention est financière, n'oubliez pas qu'aider augmente surtout le niveau de bien-être de ceux à qui vous donnez s'ils gagnent moins de 1.500 € par mois. Un jour, dans un avenir peut-être pas si lointain, presque tout le monde aura atteint la société d'abondance et la question du bonheur se posera différemment même chez ceux qui sont actuellement les plus pauvres.

D'ici là, donnez, donnez, il vous en restera toujours quelque chose!

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Pour en savoir plus:

jeudi 28 février 2008

Que la vie est difficile quand on doit se passer de chauffeur

Il y a peu, j'ai du conduire une heure en ville. Que c'est désagréable sans chauffeur. Pas le temps de lire des documents ou même simplement de parcourir son journal. Etre obligé à de longues attentes au volant à côte de centaines de pauvres gens qui, eux n'ont plus, n'ont pas les moyens d'avoir un chauffeur.

Dire qu'il y a à peine 50 ans, presque aucune personne digne de ce nom ne conduisait elle-même. Et le pire c'est qu'on ne peut même pas confier le véhicule à un employé. Maintenant on est obligé de trouver soi-même un emplacement de parking. Puis de fermer les portes soi-même. Il faut même faire du travail manuel, remplir le réservoir, nettoyer les vitres.

Heureusement dès demain, je réutilise mes chauffeurs ... du métro, du tram ou du bus. Je relirai mon journal tranquillement (debout aux heures de pointe, rien n'est parfait). C'est bien chauffé, je ne dois pas me préoccuper du trajet, du carburant, du parking.

Evidemment, il y a quelques défauts. Le problème majeur, c'est que c'est moins cher et utilisé par des gens pauvres. Et c'est bien connu, seul ce qui est utilisé par les riches est accepté socialement facilement.

Peut être faudrait-il, pour les automobilistes uniquement, multiplier par 10 le prix des transports en commun et diviser par 10 le prix des voitures. Ce qui est rare est cher mais aussi ce qui est cher est bien. Les gens aisés utiliseraient plus les transports en commun.

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Vous pensez que cette description est humoristique? En fait, c'est une illustration de "l'effet Veblen" appelé aussi effet de snobisme ou d'ostentation: Voir notamment la page http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Consommation_ostentatoire&oldid=26128922 à ce sujet.

mercredi 13 février 2008

Pour la première fois de l'histoire de l'humanité, chaque habitant de la planète est riche...

Depuis l'aube de l'histoire, la pauvreté a été le sort de la majorité, nourrissant le luxe d'une minorité. Depuis toujours, une répartition plus équitable aurait signifié une pauvreté moindre pour les plus pauvres mais aussi une pauvreté pour tous.

L'extraordinaire croissance mondiale de la richesse de ces dernières décennies et l'extraordinaire croissance de la richesse en Asie de ces dernières années viennent de changer cela. D'après la banque mondiale, en parité de pouvoir d'achat, le revenu moyen mondial par habitant était d'environ 9.500 dollars par personne et par an en 2005. Ceci signifie donc, en 2008, pour un couple avec 2 enfants, un revenu mensuel d'environ 3.000 euros (*).

Chaque habitant de la planète est donc riche. En moyenne bien sûr. Un peu comme celui qui a la tête dans le four et les pieds dans le congélateur et qui, en moyenne, a une bonne température. Ce qui se traduit dans le monde notamment par plus d'un milliard d'êtres humains qui mangent trop et près d'un milliard de personnes qui ne mangent pas assez.

Mais ce qui est important, c'est que pour la première fois de l'histoire, nous pouvons donc partager l'abondance. L'abondance de nourriture était déjà largement suffisante pour tous depuis assez longtemps mais l'abondance de biens et l'abondance d'argent est récente.

Il ne reste donc plus qu'à partager. La recherche de croissance ne devrait être qu'un objectif accessoire. En tous cas, pour les personnes soucieuses du bien-être collectif, cela devrait être ainsi au moins tant que des hommes et des femmes mourront de malnutrition et de misère.

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Pour en savoir plus:

- Observatoire des inégalités: L'inégalité des revenus mondiaux: http://www.inegalites.fr/spip.php?article13.

- Banque mondiale: http://www.banquemondiale.org/

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(*) En 2005, le PIB moyen par habitant dans le monde a été de 9.543 dollars. Pour 4 personnes, cela représentait, 3.180 dollars par mois. En parité de pouvoir d'achat un euro vaut environ entre 0,85 et 0,90 dollar. Le PIB mondial croit d'environ 3 à 4 % par an.

Source de l'image: http://en.wikipedia.org/wiki/Money

dimanche 20 janvier 2008

Les milliardaires américains sont trop à gauche pour la Belgique

Monsieur Bill Gates, premier homme le plus riche du monde, a décidé de consacrer l'essentiel de son patrimoine à des objectifs sociaux, essentiellement en matière de santé et de lutte contre l'extrême pauvreté dans les Etats du Sud (et non dans des domaines informatiques comme il est souvent affirmé). Il a donc décidé de déshériter à plus de 90 % ses 3 enfants.

Monsieur Warren Buffett, second homme le plus riche du monde, a décidé de consacrer 83 % de son patrimoine aux mêmes buts que monsieur Gates, décidant donc de déshériter à plus des 4/5èmes ses 3 enfants.

A noter que ces 2 citoyens américains atypiques sont aussi opposés à la diminution des impôts pour les revenus élevés.

Quelles que soient les opinions relatives aux motivations liées à ce type d'acte et quelles que soient les critiques vis-à-vis du travail des organisations sociales soutenues par ces 2 hommes, il n'en reste pas moins que:

  • En valeur relative, les donations sont plus de mille fois supérieures à celles effectuées par le belge moyen. En effet, le belge donne en moyenne 7 euros par an pour ce qui concerne les dons fiscalement déductibles soit beaucoup moins qu'un millième de son revenu.
  • En valeur absolue, au rythme actuelle de (l'absence de) générosité des belges, les donations sont supérieures à ce que donnerait l'ensemble de la population belge durant plusieurs siècles. En effet, les dons annoncés de Warren Buffett et de Bill Gates représentent plus de 50 milliards de dollars alors que les dons déductibles de l'ensemble de la population belge représentent environ 70 millions d'euros.

En Belgique, les législations relatives aux successions (réserve successorale) obligent à transmettre le patrimoine prioritairement aux descendants. Et donc en l'espèce, les droits patrimoniaux issus du patrimoine génétique ont primauté sur la lutte contre la malaria (une des priorités de la Fondation Gates).

Ne serait-il pas temps, en se basant sur l'exemple "gauchiste" américain, de s'interroger sur la moralité et la concordance vis-à-vis des droits humains non héréditaires de la législation successorale belge? Particulièrement dans un des pays les plus riches du monde où la première source de patrimoine n’est ni le travail, ni la loterie nationale mais la la loterie génétique notamment par l’héritage.

Et par ailleurs, ne serait-il pas temps en Belgique, notamment à gauche, de relancer un peu la mode du partage tant obligatoire (l’impôt) que facultatif (le don)? Qu’en pensent les 100.000 millionnaires (en euros) belges? Et les millionnaires socialistes ou écologistes?

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Plus d'informations concernant:

La fondation Melinda Gates (en anglais): http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Bill_%26_Melinda_Gates_Foundation&oldid=185204208. Il faut noter que les donations annoncées ne sont pas encore toutes effectuées. Les moyens disponibles représentent cependant déjà plus de 36 milliards de dollars.

L'obligation (et non la possibilité) de donner ses biens à ses enfants en cas de décès: articles 913, 920, 921 et 922 du Code civil, source http://wwww.juridat.be

Bill Gates en faveur de l’impôt (en anglais) : http://www.usatoday.com/money/industries/technology/2003-01-12-gates_x.htm

mercredi 9 janvier 2008

Pauvreté et richesse dans un monde de cocagne et d'inégalités.

Jamais, dans l'histoire de la Belgique, nous n'avons été aussi riches. Les citoyens ont bu plus de champagne en 2007 que jamais auparavant, ils partent plus en vacances et ils achètent plus de voitures. Et les évolutions probables pour 2008 vont dans le même sens.

Et cette évolution, contrairement ce qui est parfois affirmé touche aussi la majorité des pauvres en Belgique. Par exemple, alors qu'en 1991, une personne sur 9 n'avait pas de salle de bains, il y en avait moins d'une sur 20 en 2001. Egalement en 1991, 8 % des logements étaient encore sans toilette intérieure et 39 % sans chauffage central, 10 ans plus tard, il n'y avait plus que 4 % de logements sans toilette intérieure et 27 % sans chauffage intérieur.

Et le pourcentage de personnes défavorisées sans GSM, sans accès internet et même sans voiture diminue également rapidement.


Alors, qu'est-ce qui fait que beaucoup estiment qu'ils s'appauvrissent? C'est notamment causé par une augmentation de certaines insécurités (risque de perte du travail surtout), par l'augmentation de certaines inégalités (notamment vu la diminution de la part des revenus du travail dans les patrimoines), par la perte de repères suite aux bouleversements techniques (être dépassé dans un domaine donne une impression d'insécurité) et enfin par la distance qui se creuse pour ceux qui restent sur le côté ("qui n'avance pas, recule").


Mais c'est aussi causé par un environnement culturel et idéologique global dans lequel l'augmentation de consommation de plus en plus rapide est un droit inaliénable voire presque un devoir. Et un environnement où la non-consommation est souvent perçue comme stigmatisante, particulièrement dans les milieux culturellement défavorisés. Et pourtant, cette évolution est difficilement soutenable tant en termes économiques qu'écologiques.


Au niveau global également, nous sommes de plus en plus riches. Depuis quelques années, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il y a plus de gens trop gros que de gens trop maigres. Et il y a un petit peu moins d'extrême pauvreté en pourcentage et même en chiffres absolus. Mais c'est une évolution en bas de l'échelle beaucoup moins rapide que dans les Etats du Nord. Et partant de plus bas. Et les laissés pour compte absolus, dont l'espérance de vie n'atteint généralement pas 50 ans sont encore plus de 800 millions. Et de plus, dans de nombreux pays, principalement africains, l'évolution est à l'aggravation.


Et, quelle que soient les difficultés psychologiques, sociologiques ou matérielles au Nord, aussi longtemps que des être humains mourront de faim ou de maladies aisément guérissables pour des raisons purement économiques, être de gauche, n'est-ce pas d'abord lutter pour que cette situation là cesse?


Il vous appartient de décider si ce combat est prioritaire.


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Pour plus d'information, voir notamment:

Un document plus long intitulé "Richesse, pauvretés et leurs mesures: http://www.utopianchronicles.org/richesse-pauvrete.htm
Les statistiques de Statbel (ex INS) concernant le logement:
http://statbel.fgov.be/press/pr071_fr.asp#4
Une comparaison de niveau de vie entre 1973 et 2007:
http://www.utopianchronicles.org/schema1.htm
La définition du seuil de pauvreté:
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Seuil_de_pauvret%C3%A9&oldid=23507178

dimanche 9 décembre 2007

L'effet Veblen et la dure vie des citoyens trop riches

Cela fait quelques millénaires que cela dure. Etre riche, cela n'est pas si facile.

Il y a très longtemps que les riches se parent de bijoux trop lourds, habitent des maisons trop grandes et mangent trop notamment parce que ce sont des symboles de richesse. Par exemple, le seigneur du moyen-âge habitait souvent un grand château glacé en hiver alors qu'une petite chaumière surchauffée eut été tellement plus agréable.

Il y a plus d’un siècle, l'économiste Thorstein Veblen (1857 – 1929) donnait à ce besoin de montrer sa richesse y inclus parfois aux dépens du confort le nom de "consommation ostentatoire". Par exemple, dans sa "Théorie de la classe de loisir", il montrait comment le lustre de l'étoffe, était prisé dans les chapeaux car servant à montrer qu'on les change souvent, et considéré défavorablement pour les pantalons parce qu'il montre qu'au contraire on ne les a pas changés depuis longtemps.

Aujourd'hui, des centaines de milliers d'habitants des grandes villes s'achètent des grandes et grosses voitures alors qu'un véhicule plus petit ou l'utilisation des transports en commun serait plus simple. Dans le même registre de taille mais inversé, le cadre supérieur voudra le GSM le plus petit possible là où un appareil plus grand serait plus simple. Et, enfin, du point de vue disponibilité, il insistera pour être disponible 24 heures sur 24 (plus disponible encore que le travailleur surmené du night shop voisin mais ne lui dites pas). Alors qu'il y a quelques décennies, il aurait mis tout en oeuvre pour être le plus inaccessible possible.

Pour quelques dizaines de millions de personnes (dont plusieurs centaines de milliers de belges), la vie est devenue encore plus complexe qu’auparavant. Du fait de l’augmentation du niveau de vie, les super riches ont à peu près tout ce qui est nécessaire ou même simplement agréable du point de vue matériel en ce début de 21ème siècle : maisons, voitures, voyages, nourriture, gadgets,…

Mais curieusement, souvent, ceci crée des difficultés psychologiques regroupées sous le nom "Wealth Fatigue Syndrome". En quelques mots, le super riche (qui est le plus souvent enfant de parents super riches) n'a plus grand chose à désirer, n'a plus guère d'objectifs dans la vie, doit se méfier de tous ceux qui ne sont pas super riches et ne se différencie plus que par le superflu.

Rien à voir, en ampleur, avec les difficultés des plus pauvres mais il n’empêche, ce ne sont pas des difficultés négligeables. Pour soigner les riches, plusieurs solutions originales sont envisageables notamment:

  • Limiter les patrimoines à un revenu maximum d'intégration (RMI !). Ainsi, la concurrence des richesses connaitrait un plafond qui pourrait être rassurant en assurant une égalité au sommet de l’échelle;
  • Faciliter le réinvestissement du patrimoine et de l’énergie dans des objectifs sociaux. collectifs.Ainsi, la reconnaissance sociale vis-à-vis des riches s’élèverait.

Evidemment de telles solutions ne feront pas l'objet d'un consensus rapide chez les super riches. Mais il est à noter que pas mal de milliardaires s'appliquent les solutions à eux-mêmes avec un certain succès. Ce serait intéressant si un "effet Veblen" pouvait se marquer pour une redistribution large des richesses. Et ce n’est pas une idée farfelue. Après tout, le don est une des sortes les plus connues de consommation ostentatoire (par exemple le "Potlatch").

Les problèmes des super riches d'aujourd'hui sont probablement les problèmes de demain des autres citoyens. Le belge moyen a déjà un niveau de vie infiniment supérieur à un seigneur du moyen-âge. La Bible citait les rivières où coulaient le blé et le miel. A ce niveau, un supermarché contemporain est un paradis. En 2007, nous sommes plus de 2 milliards d’habitants de la planète à tellement manger trop que nous souffrons de surpoids contre seulement 800 millions qui ne mangent pas assez.

Aujourd'hui, nous pourrions, moyennant des efforts réduits et en augmentant même notre confort psychologique, utiliser tout ou partie de notre énergie non à consommer ou gagner plus mais à augmenter le bien-être de ceux qui ont été les plus exploités jusqu’ici.

Mais que ferons-nous le jour où nous serons tous immensément riches?

J’espère vivre assez longtemps pour voir cette question ne plus être seulement théorique.

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Plus d'information à propos de:

dimanche 12 août 2007

La frontière entre le bien et le mal est en chacun de nous


Une de mes convictions est que la frontière entre le bien et le mal est en chacun d'entre nous (nous, êtres humains conscients).

Dans la vie courante (en Europe en 2007), nous sommes des personnes assez bien organisées se préoccupant peu des autres, en dehors des proches.

Placés dans des circonstances "défavorables", nous sommes cependant capables de facilement tuer quelqu'un, sans même éprouver de haine à son égard, simplement parce que l'ordre nous est donné de le faire par un supérieur hiérarchique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram).

Placés dans des circonstances "favorables", nous sommes par contre capables de sacrifier beaucoup et de risquer notre vie sans hésiter pour sauver une personne, simplement parce que nous la voyons dans une situation de détresse. Par exemple, lorsque nous voyons une personne en train de se noyer, nous risquerons notre vie aisément.

Je partage l'opinion généralement exprimée que le renforcement de ces comportements se fait sur le type "pente savonneuse" ou plutôt "boule de neige". C'est d'ailleurs le principe tant de l'expérience de Milgram que des psychologies de manipulation. Un peu de mal en entraine de plus en plus jusqu'à l'irréparable. Un peu de bien en entraine de plus en plus jusqu'au dévouement.

Mais je crois cependant (à la différence de la majorité des personnes que je rencontre et qui s'expriment sur ce sujet) que, souvent, l'interruption d'un tel processus peut se faire par ce que j'appellerais un choc culturel, c'est-à-dire lorsque la personne ou le groupe est confronté à une opinion très différente et interpellante.

En d'autres mots, je pense qu'il faut qu'il faut choquer (et se choquer soi-même) pour tenter d'interrompre notre indifférence. Cette indifférence qui fait notamment que nous acceptons que chaque année des millions de personnes meurent de malnutrition dans le monde alors que nous n'en laisserions pas mourir un seul si le choix nous était présenté entre faire vivre et laisser mourir.