vendredi 2 novembre 2012

La mort de la mort. Numéro 43. Octobre 2012.


Mais est-il si altruiste de faire des enfants en sachant qu'ils vont mourir, pire, en souhaitant qu'ils meurent un jour ? (...) (S)i on ne fait rien, en cent ans, la maladie du vieillissement aura fait environ 6 milliards de morts. Peut-il nous arriver pire catastrophe ? Pierre Boutron. Arrêtons de vieillir. Pages 234 et 238.


Thème du mois: Génétique et vieillissement, les étrangetés des mitochondries


Décrypter le génome est passé de la science-fiction à la banalité en moins d'une génération. Le déchiffrement concernait hier le génome d'une espèce, aujourd'hui, il peut être effectué pour chaque individu. Demain, ce seront les cellules de chaque organe qui pourront être examinées pour détecter les mutations spécifiques.

Les connaissances accumulées permettent de détecter certaines caractéristiques génétiques corrélées à la longévité. Ainsi, Thomas Perls et son équipe, qui sont des chercheurs de l'école de médecine de l'Université de Boston étudient les gènes de centenaires. Ils ont récemment publié dans le journal Science un article relatif aux signatures génétiques humaines exceptionnelles. Ils ont sélectionné 281 "marqueurs" génétiques qui sont spécifiques chez 61 % des centenaires, 73 % des personnes âgées de 102 ans au moins et 85 % des personnes âgées de 105 ans au moins. Autrement dit, ils ont détecté des marqueurs génétiques qui ont une influence d'autant plus forte que l'âge est élevé.

Les caractéristiques étudiées chez les centenaires proviennent souvent de l'ADN contenu dans les noyaux des cellules. Mais le patrimoine génétique, contrairement à ce que l'on pense généralement, ne se limite pas aux chromosomes des noyaux, il y a également de l'ADN dans les mitochondries. Les études sur les centenaires ont également détecté des caractéristiques génétiques spécifiques aux mitochondries plus fréquentes chez les centenaires que dans le reste de la population. 

Les mitochondries sont des corpuscules inclus dans nos cellules et qui fournissent à la cellule son énergie. Au commencement de la vie, il y a près de trois milliards d'années, les précurseurs des mitochondries étaient des êtres vivants à part entière, indépendants des autres cellules. Un jour, un ancêtre des mitochondries s'est introduit à l'intérieur d'un ancêtre de nos cellules. Pour autant que l'on sache, ce fut un évènement unique, aussi unique que semble l'avoir été la naissance de la première forme de vie. C'était peut-être un acte de prédation qui s'est bien terminé ou un accident. Mais en tout cas, la symbiose est devenue totale. Pendant des millions de générations, les corpuscules se sont intégrés de manière de plus en plus intime dans leur hôte.

Comme tout être vivant, les ancêtres des mitochondries disposaient d'ADN. Progressivement, une partie de cet ADN a migré vers le noyau de la cellule mais une grande partie est restée dans la mitochondrie elle-même. Cet ADN est appelé ADN mitochondrial.

Lors de la reproduction d'un être humain ou d'un animal, la transmission de cet ADN mitochondrial ne se fait pas par les deux parents. En effet, lors de la fécondation de l'ovule, les chromosomes du spermatozoïde et ceux de l'ovule fusionnent mais l'ADN des mitochondries de l'ovule fécondé de la mère reste sans contact avec les mitochondries des spermatozoïdes. Cela fait de l'ADN mitochondrial une partie exceptionnelle de notre patrimoine génétique qui ne se transmet que de mère en fille. Les mitochondries des garçons ne seront jamais transmis à la génération suivante.

Quels sont les rapports entre les mitochondries et le vieillissement ?

Les mitochondries étant une sorte de centrale énergétique de la cellule, elles utilisent de l'oxygène. L'oxygène est une substance indispensable à notre vie mais c'est également une substance extrêmement réactive. L'oxygène produit des radicaux libres qui provoquent à leur tour des mutations de l'ADN. Comme l'ADN mitochondrial est proche du lieu de la production d'énergie, il est plus sensible à ces dégradations. La dégradation des cellules, qui est une des causes du vieillissement, est donc plus rapide à l'intérieur des mitochondries. Selon une étude récente portant sur des drosophiles, les différences d'ADN mitochondrial auraient une influence forte sur l'espérance de vie des mâles mais pas sur celle des femelles.

Certains scientifiques ont estimé que la dégradation des mitochondries était une des causes majeures du vieillissement. Il a été envisagé d'effectuer des manipulations génétiques spécifiques pour l'ADN de ces corpuscules. Les recherches restent cependant à ce jour assez théoriques mais une intervention efficace concernant les mitochondries pourrait signifier un gain pour la longueur globale de la vie en bonne santé.


La nouvelle du mois: un prix Nobel pour des pionniers des recherches relatives aux cellules souches.


Le 8 octobre 2012, le prix Nobel de médecine (plus précisément le prix Nobel de physiologie ou de médecine) a été attribué à John Gurdon et Shinya Yamanaka. À plus d'un demi-siècle d'intervalle, ces deux chercheurs ont démontré qu'il était possible de transformer une cellule adulte en une cellule capable de constituer n'importe quel organe.
John Gurdon avait réalisé son expérience à partir du noyau d'une cellule de grenouille adulte qui avait été insérée dans un ovule de grenouille qui se développa ensuite en un têtard puis en une grenouille. Shinya Yamanaka a travaillé en 2007 à partir de cellules humaines. Il  a démontré que des cellules de la peau d'une personne peuvent être transformées en cellules capable de produire n'importe quel organe.  

À terme, les perspectives ouvertes par ces chercheurs et par d’autres scientifiques dans le domaine de la régénération d'organes et de tissus sont considérables. De plus, en pouvant utiliser des cellules ordinaires et non pas des cellules d'embryons, les obstacles éthiques présentés par certains aux progressions médicales pour une vie en bonne santé beaucoup plus longue s'estompent.


Pour en savoir plus :

·         De manière générale :
http://heales.orghttp://longecity.orghttp://sens.org et http://immortalite.org
·         Plus d'information au sujet de l'ADN mitochondrial humain : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_mitochondrial_humain
·         Source de l'image :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Mitochondria,_mammalian_lung_-_TEM.jpg. Mitochondries au microscope électronique.

mercredi 10 octobre 2012

Lettre aux électeurs pour le 14 octobre 2012


Voici venu le moment d'un message de campagne composé d'électrons entièrement réutilisables!

Dans quelques dizaines d'heures, vous pourrez voter pour les élections communales belges. 

J'ai choisi, il y a déjà plus de 20 ans, de militer pour Ecolo et pour Groen, les composantes belges du parti vert européen, parce que, à mon avis, les Verts sont le mouvement qui peut le mieux promouvoir l'intérêt de tous, aujourd'hui et demain, au Nord et au Sud, sans distinction de race, de naissance, de sexe ou d’origine. Vivre ensemble, c'est difficile, mais passionnant, particulièrement à Molenbeek, commune où je vis et où je suis actuellement conseiller communal et de police.

Cette fois comme pour des élections précédentes, je vous propose de voter pour les partis les plus à gauche et les plus éthiques présents dans de nombreuses  communes de notre petit pays fédéral. Je vous invite aussi, si vous avez un peu de temps, à consulter les programmes d'Ecolo et de Groen de votre commune favorite. Si vous êtes citoyen molenbeekois, c'est ici.

A noter d'ailleurs, une des différences que l'on trouve souvent entre les verts et les autres partis, le programme des écologistes est plus complet et plus aisément disponible que les autres.

Je connais de nombreux très bons candidats verts sur des listes un peu partout en Belgique. Personnellement, étant candidat, je voterai (surprise  surprise) pour moi mais aussi pour bien d'autres candidats  de cette liste.

A ma fenêtre, je n'ai pas affiché mon visage parce que j'ai choisi de ne pas demander d'affiche personnelle. J'ai collé les photos de trois femmes: Sarah Turine (1ère candidate et membre d'Ecolo), Annalisa Gadaleta, (4ème candidate et membre de Groen) et Khadija Tamditi (5ème candidat et membre d'Ecolo). Comme dans toutes les communes bruxelloises, Ecolo et Groen se présentent ensemble (liste numéro 4).

Malgré que je n'ai pas d'affiche, si vous habitez Molenbeek, vous pouvez aussi voter pour moi, 3ème candidat. Membre actif d'Ecolo et membre moins actif de Groen.

Les verts dans les majorités et dans les oppositions communales ou ailleurs sont loin d'être parfaits et parfois la volonté d'innovation s'émousse. Mais nous sommes plus ancrés à gauche et, en outre, notamment au niveau communal, plus souvent plus actifs, plus incisifs et plus porteurs de propositions. Là où des écologistes sont échevins ou bourgmestres, ils s'investissent sans cumuler avec un mandat plein temps à un autre niveau de pouvoir.

Et voici maintenant trois courts extraits du programme molenbeekois parmi mes préférés:

A propos d'un enjeu majeur des prochaines années où actuellement la procrastination l'emporte sur le dynamisme (comme malheureusement trop souvent pour l'aménagement du territoire en région bruxelloise);

Gare de l’ouest. Cette zone d’une superficie de près  de 20 hectares à moins de 3 kilomètres à vol d’oiseau  de la Grand-Place, magnifiquement desservie en transports en commun est le lieu (...) où peut se  réaliser un véritable nouveau quartier comportant des centaines de logements avec une mixité sociale garantie. Il s’agira d’un enjeu majeur au cours des prochaines années, notamment afin de mettre en contact  les autorités publiques responsables: commune, région, SNCB, STIB,... ainsi que les investisseurs privés.

A propos de mon sujet favori (des deux prochains siècles :-)), une vie plus longue en bonne santé:

L’échevin en charge de la santé devra (...):
- orienter la politique communale vers l’augmentation de l’espérance de vie, plus basse à Molenbeek qu’en moyenne dans la Région ;

A propos de racismes et d'intolérances:

Le racisme est malheureusement une des caractéristiques humaines les mieux partagées au monde. A Molenbeek comme ailleurs, il se caractérise notamment par la conviction provenant de membres de toutes les communautés que ce sont "les autres" qui en sont les principaux responsables: les belges, les flamands, les arabes, les noirs,... Lutter contre le racisme, c'est notamment lutter contre la conviction que la discrimination provient seulement ou principalement des autres.

Etre musulman, chrétien, athée ou bouddhiste n'est pas une caractéristique raciale. S'exprimer pour ou contre un courant religieux ou de pensée et changer d'opinion en ce domaine est un droit humain fondamental. Mais les expressions racistes relatives à des pratiques religieuses ou agnostiques sont à combattre avec fermeté.  
 
En conclusion prospective:

Je vous invite aussi dès le 15 octobre à être exigeant vis-à-vis des partis et des élus. Et ceci en ne vous demandant pas seulement ce que les politiques peuvent faire pour vous mais aussi ce que vous pouvez faire pour que les élus participent à un monde plus solidaire.

Didier Coeurnelle
Citoyen du monde, (techno)progressiste et conseiller communal à Molenbeek.

lundi 1 octobre 2012

La mort de la mort. Numéro 42. Septembre 2012.

Lorsque la déclaration d'indépendance (des Etats-Unis) fut ratifiée le 4 juillet 1776, le premier droit inaliénable mentionné dans ce document est le droit à  la "vie". La déclaration ne se réfère pas à une durée ou à une période de notre vie (traduction). Thomas J. Money. Avocat.


Thème du mois. Les différences entre hommes et femmes en matière d'espérance de vie

La différence liée au sexe est un déterminant extrêmement important pour le calcul de l'espérance de vie. A l'échelon mondial , la différence est d'environ 4 ans : 69 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Dans les pays de l'Union européenne et les autres pays au niveau de vie élevé, la différence est plus nette encore. Elle peut atteindre 8 ans. Ces dernières décennies, dans certains pays riches, notamment aux Etats-Unis, la différence tend cependant à se réduire et n’est plus que de 5 à 6 ans  

Il faut rappeler que lorsque les écarts se réduisent ou se creusent, c’est parce que pour l’un des deux sexes, l’espérance de vie croit plus vie et non parce que l'espérance de vie des femmes ou des hommes décroît. Ni les hommes ni les femmes ne sont donc perdants. Chaque groupe vit plus longtemps qu'hier et, sauf renversement de tendance, moins longtemps que demain.

Actuellement, il n'y a que dans quelques pays que les hommes vivent plus longtemps que les femmes en moyenne. Il s'agit de pays où l'espérance de vie est extrêmement courte. Selon l'ONU, cela concernerait l'Afghanistan, le Zimbabwe, le Lesotho et le Swaziland, 4 pays où l'espérance de vie est de moins de 45 ans.

La différence de mortalité entre hommes et femmes concerne toutes les tranches d'âge mais elle est particulièrement spectaculaire pour les personnes atteignant un âge avancé. Alors qu'il naît un peu plus d'hommes que de femmes, environ deux tiers des octogénaires sont des femmes.  Parmi les centenaires, plus de 80 % sont des femmes et parmi les supercentenaires (plus de 110 ans), c'est plus de 90 %. 

Il semble que cette différence en faveur des femmes soit présente depuis que le décès lors de l'accouchement est devenu - heureusement - un évènement rare. Avant le 20e siècle, les décès à l'accouchement étaient extrêmement nombreux, particulièrement dans les hôpitaux, principalement suite à l'ignorance des modes de contamination des maladies infectieuses. Les femmes ayant des enfants mouraient donc très souvent avant la ménopause.

Il n'y a pas une cause simple et reconnue pour la longévité plus importante des femmes. Les origines peuvent être génétiques, physiologiques mais aussi sociales et culturelles. 

Causes génétiques

Comme chacun sait, les chromosomes des hommes et des femmes ne sont pas identiques. Il est possible que certains gènes spécifiques des femmes permettent une plus grande longévité ou inversement que des gènes des hommes soient responsables d'une vie plus courte. 

Certains organes spécifiques de la cellule, les mitochondries ne se transmettent que de mère en fille. En effet, lors de la fécondation d'un ovule humain, les noyaux du spermatozoïde et de l'ovule s'unissent mais les mitochondries de l'ovule ne sont pas modifiées. Selon certains chercheurs, les mitochondries présentes dans les cellules des hommes (et d'autres animaux mâles) ne feraient donc pas l'objet d'une "amélioration" par sélection naturelle. Les mitochondries des hommes seraient donc de moindre "qualité" ce qui pourrait signifier plus de mortalité.

La sélection naturelle peut avoir "favorisé" une vie plus longue des femmes par rapport aux hommes car les chances de survie des enfants sont plus élevées en cas de vie plus longue de la mère qu'en cas de vie plus longue du père. Il se peut aussi que la sélection naturelle ait plutôt "favorisé" une espérance de vie similaire aux hommes et aux femmes mais tenant compte que, pour permettre à la femme d'accoucher, une plus grande résistance était nécessaire.

Autres causes biologiques

La taille des hommes est en moyenne plus grande que celle des femmes. Or, en moyenne, les personnes de plus petite taille vivent plus longtemps. 

Les femmes comme les hommes, dans la société contemporaine, ont très souvent tendance à s'alimenter de manière trop abondante. L'obésité qui en résulte apparaît chez les femmes comme chez les hommes. Dans de nombreux pays, l'obésité est même plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Mais les hommes ont plus tendance à accumuler de la masse adipeuse au niveau de la ceinture abdominale. Cette accumulation favorise les maladies cardio-vasculaires et est plus nocive à la santé que l'accumulation de graisses plus au niveau des hanches et des fesses.  

Il a parfois été affirmé que la menstruation avait un effet positif sur l'espérance de vie car elle élimine mensuellement un excès de fer.

Selon certaines études, les hommes castrés vivent plus longtemps. Selon d'autres études, ce n'est pas le cas. Si la castration permet une durée de vie plus longue, cela pourrait s'expliquer notamment par des effets bénéfiques d'une moindre production de testostérone. 

Causes culturelles

Les habitudes sociales et culturelles des femmes et des hommes, même dans les pays les plus égalitaires, restent fort différenciées. Souvent, les comportements typiquement "masculins" sont assez efficaces pour diminuer la durée de vie !

La consommation d'alcool et de tabac est le comportement le plus nocif pour la santé. En ce qui concerne l'alcool, il est possible qu'une consommation très modérée ne soit pas nuisible voire soit favorable. Mais, la consommation beaucoup trop élevée dans les pays de l'est de l'Europe particulièrement la Russie est probablement la cause principale de la situation sanitaire catastrophique pour les hommes dans ces régions. Une russe vit actuellement en moyenne 72 ans alors qu'un russe ne vit en moyenne que 58 ans, soit 14 ans de moins.

Le tabac est également une cause de mortalité importante. Les fumeurs sont plus nombreux que les fumeuses. L'augmentation de la consommation de tabac chez les femmes pourrait être une des causes de la diminution des différences entre hommes et femmes en France.

Les hommes sont également plus souvent des victimes de morts violentes. Il en va ainsi des meurtres, des suicides, des accidents de la route et même de pratiques sportives dangereuses.

Enfin, en termes de prévention, les femmes sont plus souvent amenées à consulter un médecin suite aux maternités, à la ménopause et probablement aussi à des habitudes culturelles plus prudentes et de plus grande auto-observation.

Quelques mots de conclusion

La durée de vie moyenne varie considérablement selon le sexe. Les causes sont multiples et varient selon le moment et le lieu. Tant pour les causes biologiques que pour les causes sociales et culturelles, la comparaison entre hommes et femmes peut mener à des idées et propositions d’amélioration pour tous.


La nouvelle du mois: la restriction calorique ne serait pas efficace chez les primates.


La restriction calorique, c'est-à-dire une alimentation réduite en quantité mais suffisante du point de vue nutritionnel, est le seul moyen non artificiel généralement reconnu pour permettre l'allongement de la durée de vie. Cependant, récemment, une étude portant sur des macaques semble démentir ce consensus. Deux groupes de primates, l’un nourri de manière restrictive et l’autre nourri plus largement ont été suivis pendant vingt-trois années : ils ont une mortalité similaire.

Deux explications semblent possibles. Soit, la restriction calorique ne fonctionne pas chez les macaques et donc probablement pas chez les humains, soit la restriction n'a pas fonctionné parce que le régime alimentaire n'était pas correct.


Pour en savoir plus :


lundi 27 août 2012

La mort de la mort. Numéro 41. Août 2012.



"Évidemment nous devons notre survie sur la planète au fait que ceux qui nous précèdent ont accepté de mourir sinon il y a une surpopulation et un problème d'égoïsme à penser à soi et pas à laisser les générations futures prendre le relais." Pierre Le Coz, vice-président du Comité consultatif national d'éthique, président du comité de déontologie et prévention du conflit d’intérêt. Une déclaration anti-longévité pour le moins étrange qui semble postuler que les générations précédentes se sont systématiquement suicidées en fin de vie.



Thème du mois : Les maladies neurodégénératives



Les maladies liées aux dégradations progressives du système neuronal sont, de toutes les maladies liées au vieillissement, celles pour lesquelles les progrès de nos connaissances scientifiques et thérapeutiques sont les plus lentes. Suite notamment à cela, le nombre de victimes croît partout dans le monde particulièrement là où la moyenne d'âge de la population croît le plus vite.

Sous le terme "maladies neurodégénératives", on regroupe diverses affections. Les plus connues sont la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson. La maladie d'Alzheimer est en fait, de très loin, le mal qui touche le plus de personnes âgées. C'est pourquoi dans la présente lettre, c'est principalement elle qui sera abordée.

Ce qui est le plus connu du grand public, ce sont les conséquences de la pathologie. Au fur et à mesure de l'avancée en âge, la personne atteinte perd ses capacités cognitives. L'évolution est très progressive débutant généralement par une perte de mémoire des évènements les plus récents, se poursuivant par une diminution des capacités à effectuer les actes de la vie quotidienne et se terminant par une impossibilité pour le cerveau d'assurer les fonctions vitales et donc par la mort. La période de vie après la constatation de la maladie varie mais dépasse rarement dix ans.

La maladie d'Alzheimer et d'autres formes de démence ont un aspect particulièrement déroutant et angoissant. Ce que  souhaite peut-être le plus l'être humain, c'est le maintien de la  conscience. En quelque sorte, nous habitons notre corps. Dans la maladie d'Alzheimer, ce n'est pas le corps qui semble renoncer à se conserver, c'est d'abord la conscience qui s'efface lentement mais inexorablement.

La maladie d'Alzheimer est liée à une dégradation physique du cerveau. C'est la présence excessive et la dégradation de certaines protéines qui provoquent la maladie. Il y a deux aspects principaux: la formation d’agrégats de protéines appelés plaques séniles ou plaques amyloïdes et la dégénérescence de cellules nerveuses dans certaines zones du cerveau. Aux stades avancés de la maladie, le cerveau se contracte considérablement.  L'évolution physique de la maladie est assez bien connue et étudiée pour ce qui concerne les animaux. En effet, des souris atteintes d'une affection génétique proche de la maladie d'Alzheimer humaine sont étudiées en laboratoire. Chez ces animaux, des troubles cognitifs sont aussi observés par exemple une moindre capacité à la mémorisation.  

Pour les êtres humains, l'évolution physique de la maladie est moins bien connue que pour les souris. Ce paradoxe est dû au fait que les souris peuvent être sacrifiées avant que la maladie ait atteint un stade avancé alors que pour les hommes, ce n'est évidemment pas possible. Les cerveaux humains observés sont donc ceux de personnes gravement atteintes sauf lorsque les patients sont décédés d'une cause autre que la maladie d'Alzheimer.

Aurons-nous tous une maladie neurodégénérative si nous vivons suffisamment longtemps (en l'absence de progrès médicaux) ?

Il est certain que la prévalence de la maladie augmente rapidement avec l'âge. Elle touche environ 5 % de la population à partir de 65 ans et au moins 30 % des personnes âgées de 85 ans et plus, Pour les centenaires, au moins la moitié des personnes souffrent d'une maladie neurodégénérative mais il n'est pas établi que le pourcentage continue à croître pour les personnes les plus âgées. Cependant, même à supposer que le pourcentage se stabilise pour les plus âgés, il est en tout cas certain qu'en l'absence de progrès thérapeutiques, vu l'allongement de la durée de la vie, la probabilité d'en être atteint croit inexorablement.

De plus, il faut remarquer que le nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson et, dans une moindre mesure, d'autres maladies neurodégénératives augmente également avec l'âge.

Des causes multiples

L'origine de la maladie n'est pas réellement connue. En dehors de l'âge, de nombreux autres éléments semblent entrer en ligne de compte mais aucun ne joue un rôle important indiscutable.
  •  Sexe. Les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes mais cela pourrait être lié exclusivement à leur plus longue espérance de vie.
  •  Héritabilité. Le risque est accru pour les personnes ayant des parents qui ont été atteints. Certains gènes indiquent une prédisposition à la maladie. Mais, dans la majorité des cas, la cause génétique n'est qu'un élément parmi d'autres.
  • Activités intellectuelles et physiques, état psychologique. Il semble établi que l'exercice d'activités et, une fois le début des signes de la maladie, le maintien, autant que possible de ces activités, a un rôle au moins retardateur de la maladie. Il en irait de même pour l'éducation et le bien-être psychologique. Cependant, en ce qui concerne les études statistiques à ce sujet, il y a toujours un risque de constater ce qui n'est qu'une corrélation pas une cause. Il se pourrait par exemple en l'espèce que les personnes qui souffrent ou souffriront de la maladie d'Alzheimer aient moins tendance à être physiquement et intellectuellement actives et soient moins heureuses.
  • Effets de l'environnement. Selon certains, la pollution notamment les particules fines, l'aluminium et le mercure, pourraient joue un rôle. Ceci pourrait expliquer que les pourcentages de personnes atteintes sont  très différents selon le lieu de résidence. Il faut par contre être circonspect en ce qui concerne l'augmentation de cas mesurée dans le temps à âge égal. Hier, on parlait  de la "grand-mère qui est distraite" et de "la vielle tante qui n'a plus toute sa tête". Aujourd'hui on diagnostiquera la maladie d'Alzheimer à un stade précoce pour la grand-mère et à un stade avancé pour la vieille tante.
Pour certains, les facteurs cités ne sont en fait que des facteurs accélérants ou retardateurs. Dans cette analyse, tout être humain vivant suffisamment longtemps finira par développer la maladie. Selon d'autres, une partie de la population ne développe pas de pathologie. En tout cas, un certain nombre de supercentenaires (personnes ayant atteint plus de 110 ans) vivent sans Alzheimer.

Dans un certain nombre de cas encore peu compris, il a été constaté après le décès que le cerveau présentait les signes de la maladie d'Alzheimer alors que la personne ne souffrait pas ou peu de troubles cognitifs. Le cas contraire s'est aussi présenté à savoir des patients souffrant apparemment de la maladie mais ayant un cerveau n'en présentant pas les signes physiologiques. Ceci illustre la complexité de la maladie mais aussi les extraordinaires capacités de résilience du cerveau lors de certaines lésions.

Des pistes de traitement

Malgré des recherches nombreuses, la ou les raisons du déclenchement de la maladie ne sont pas connues. A ce jour, aucun médicament n'est disponible qui puisse réduire de manière importante l'effet de la maladie pour les sujets déjà atteints. Les produits actuellement déjà utilisés ne font que palier aux conséquences du mal, par exemple des antidépresseurs.

Les pistes à l'étude pour venir à bout de la maladie sont:
  • L'utilisation de certaines substances. Des tests portant sur d'innombrables substances sont en cours. Malheureusement à ce jour, certains résultats prometteurs chez les souris n'ont pas été confirmés chez l'homme.
  • La vaccination et l'injection d'anticorps ayant pour effet de lutter contre les protéines néfastes avait donné des résultats prometteurs sur les souris mais a donné peu ou pas de résultats pour des patients humains.
  • La création d'inhibiteurs de la dégradation des protéines a aussi été tentée. Les tests sur les êtres humains ont permis quelques résultats mais seulement dans le cadre d'une stabilisation temporaire de la maladie.
  • En ce qui concerne les thérapies génétiques et l'utilisation de cellules souches, les avancées ne sont pas importantes actuellement. Les expériences déjà effectuées pour ce qui concerne la thérapie génique ont été des échecs.
Les maladies neurodégénératives en général et la maladie d'Alzheimer en particulier illustrent combien la lutte contre le vieillissement est un domaine complexe. A ce jour, des centaines d'essais cliniques sont en cours dont des dizaines sur des êtres humains. Le traitement n'est ni pour demain ni pour après-demain. Il faudra la combinaison de sommes considérables et d'une imagination extraordinaire à moins que la maladie soit attaquée indirectement suite à d'autres progrès ayant des implications médicales (nanorobots capables de détruire des protéines nuisibles par exemple).

La valeur ajoutée en termes de relations humaines, de bonheur et de progrès dans ce domaine serait cependant encore bien plus gigantesque que les sommes investies.


La bonne nouvelle du mois : création d'un parti pour la longévité en Russie


Le premier parti politique en faveur de l'augmentation de la longévité grâce aux progrès médicaux est en cours de création en Russie. Dans ce pays immense où l'espérance de vie a chuté de manière énorme, particulièrement pour les hommes durant les années 80, 90 et le début des années 2000, un mouvement a pris le nom de parti de la longévité (Партия продления жизни).

Bien sûr, la question de la durée de vie en bonne santé n'est pas la seule question importante dans la société russe ou mondiale. Mais que des citoyens se mobilisent pour sensibiliser l'ensemble de l'opinion publique sur ce thème est positif. C'est d'autant plus positif que l'accent est notamment souvent mis sur l'accessibilité pour tous des progrès médicaux.

Pour en savoir plus :

jeudi 9 août 2012

25.000 logements publics bruxellois en 3.600 jours (lettre bimestrielle, numéro 17). Mai - Juin 2012.


Les accords  gouvernementaux régionaux bruxellois du 12 juillet 2009 prévoient une augmentation radicale du nombre de logements publics par "une norme à atteindre dans les 10 années à venir de 15% de logements de qualité à gestion publique et à finalité sociale".

Cette lettre bimestrielle (qui parait cette fois avec un mois de retard) a pour objectif d'être un aiguillon pour favoriser une réalisation optimale de ces objectifs. Actuellement, environ 39.000 ménages sont sur les listes d'attente des sociétés de logement social bruxellois.

Logements publics à finalité sociale
Estimation de l’état des créations de logements connu au 1er juillet 2012

7.200
Nombre total de logements publics qui, logiquement, auraient dû être créés durant le temps écoulé (estimation sur la base de la mise à disposition de 200 logements par mois)
2.250
Nombre total de nouveaux logements publics à finalité sociale réellement créés (estimation). A décomposer comme suit:
966
Logements construits depuis le début de la législature dans le cadre du plan dit des 5000 logements
0
Logements créés à partir de bureaux transformés
0
Logements créés à partir de logements et autres immeubles abandonnés
600
Logements créés par d'autres moyens (acquisitions, locations, contrats de quartier…) (chiffre approximatif)
850
Logements privés mis à disposition par les A.I.S. (chiffre approximatif)
- 150
Logements publics supprimés (destruction, transformation-rénovation de petits logements en logements plus grands mais moins nombreux,…) (chiffre approximatif)
35
Nombre de mois écoulés depuis les accords politiques (36 mois depuis le début de la législature)
84
Nombre de mois restants pour achever la mise à disposition des logements

Depuis le début 2012, peu de constructions s'achèvent : durant les mois de mai et juin seuls 39 logements locatifs ont été inaugurés dans le cadre du plan logement à Ixelles et à Auderghem. Cela malgré la bonne volonté et l'énergie de beaucoup d'acteurs notamment au cabinet du Secrétaire d'Etat compétent.

En ce qui concerne les logements en chantier, leur nombre est malheureusement également faible. D'après le site de la SLRB, dans le cadre du plan logement, il y a actuellement six chantiers en cours, ce qui représente environ 400 logements. Durant les mois de mai et de juin, la construction de seulement 38 logements nouveaux a été entamée.

Par ailleurs, un objectif important est la rénovation de constructions abandonnées et la transformation de bureaux inutilisés en logement.

Pour ce qui concerne la conversion de bureaux en logements, un processus de primes suite à un appel à projets pour la conversion de bureaux obsolètes ou inoccupés en logements est en cours. C'est un enjeu non négligeable dans une cité qui compte au moins 1,4 million de mètres carrés de bureaux inoccupés. Actuellement le nombre de bureaux convertis en logements à vocation sociale est toujours égal à zéro de même que le nombre de conversions en chantier. Un permis d'urbanisme a cependant été délivré en juin délivré en juin pour 122 logements.

Le calcul du nombre réel de logements à créer varie énormément selon les estimations (voir lettre de novembre 2010). La présente lettre se base sur un nombre de 25.000 logements. Dans ce nombre, il a été tenu compte des logements mis à disposition par les agences immobilières sociales (A.I.S.) même s'il ne s'agit pas au sens strict de logements à gestion publique. Par contre, il n'a pas été tenu compte des prêts octroyés par le Fonds du logement car ils concernent des immeubles à gestion totalement privée.

Dans le tableau, seuls les logements effectivement mis à disposition sont comptabilisés. Ils sont pris en compte dès qu'ils sont réalisés même s'ils ne sont pas occupés. Les chantiers, projets en cours de marché public,... ne sont pas repris. 

Si les logements avaient été créés comme prévus, cela aurait eu un coût. A défaut, actuellement, on peut considérer que les autorités régionales ou locales bruxelloises ont économisé environ 550 millions d'euros (sur la base d'un coût de 110.000 € par logement) aux dépens des personnes qui auraient occupé les logements. 


Informations complémentaires


Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean
Source de l'image. Ravalement d'un hôtel à Paris, le Bristol.

mardi 7 août 2012

La mort de la mort. Numéro 40. Juillet 2012.


Il faut exiger une mobilisation totale de l'humanité pour la prolongation de la vie. Décréter la biologie, science prioritaire. Former des biologistes en masse, édifier des laboratoires, déclarer la guerre à la mort. François Cavanna, 1976, écrivain et dessinateur humoristique (mais la citation est au 1er degré).




Thème du mois : Les durées fictives extrêmes de vie chez les êtres humains



 
Depuis des millénaires, l’homme croit à la possibilité de vivre très longtemps, du moins pour certains.

L'âge le plus spectaculaire jamais affirmé dans la littérature concerne les sumériens.  Deux rois Alalngar et En-men-dur-ana auraient vécu 72.000 ans chacun. Ces âges gigantesques étaient recensés dans une liste royale sumérienne écrite il y a environ 5.000 ans.

Dans l'empire persan, ce sont aussi des souverains qui sont supposés avoir vécu extrêmement longtemps. Les records sont tout de même plus modestes. Les shahs Zahhak et Jamshid auraient vécu respectivement 1000 et 700 ans.

Les prétentions à la longévité les plus connues viennent de la Bible. Nous parlons encore aujourd'hui d'âge canonique. C'est le célèbre Mathusalem qui aurait atteint l'âge de 969 ans. D'autres personnages bibliques sont censés être décédés à un âge proche, Noé aurait par exemple vécu jusque 950 ans. Certains ont expliqué ces âges irréalistes par une confusion entre mois lunaires et années. Mathusalem aurait, dans cette hypothèse, vécu 78 ans.

Dans la bible, mais aussi pour les sumériens, les durées extrêmes concernent des périodes antérieures au déluge. Il y a 5.000 ans, tout comme aujourd'hui, le passé était censé avoir été un âge d'or. L'expression "âge d'or" décrit d'ailleurs, dans la mythologie grecque, une première période de l'humanité durant laquelle les hommes vivaient quasi-éternellement.

Il est probable que, dans chaque grande religion, certains saints ou sages aient été présentés comme ayant atteint des âges extrêmes. Il en va en tout cas ainsi des hindouistes, des bouddhistes comme des musulmans.

Les croyances en des vies extrêmement longues ont aussi concerné des lieux éloignés.

Comme le premier empereur de Chine voulait devenir immortel, il avait envoyé un amiral chercher sur 'l'île des immortels" la plante supposée lui permettre de ne pas mourir. Malheureusement, les navires ne revinrent jamais.

Selon une légende, l'explorateur Juan Ponce de Leon, qui découvrit la Floride en 1513, cherchait en fait la fontaine de jouvence. Mais il ne trouva ni la fontaine, ni ses utilisateurs.

Plus récemment, c'est dans la vallée des Hunzas, une région de haute montagne du Pakistan, que les habitants étaient supposés vivre très longtemps sans que des âges précis soient cités. Les âges atteints auraient varié de 120 à 140 ans. Ce cas devint célèbre suite à un article du "National Geographic" en 1973.

Dans l'ancienne Union soviétique, c'est dans une autre région montagneuse, le Caucase, que des citoyens géorgiens, arméniens et azerbaïdjanais étaient supposés atteindre un âge très avancé. En 1964, Shirali Muslimov fut fêté par les autorités soviétiques à l'occasion de son prétendu 159ème anniversaire.

Enfin, une troisième région montagneuse, les Andes équatoriennes était également supposée abriter des centenaires nombreux. Dans le village de Vilcamba, dans la "vallée de la longévité", en 1977, un homme prétendait avoir atteint l'âge de 132 ans.

Quels sont les points communs de ces lieux de grande longévité supposée et de leurs habitants?

- Les affirmations concernent plus d'hommes que de femmes alors que parmi les supercentenaires (personnes ayant atteint l'âge de 110 ans) prouvés, les femmes représentent environ 90 % des survivants.
- Les sources confirmant les naissances sont absentes ou contestables.
- Les affirmations d'âges extrêmes progressent plus rapidement que l'écoulement du temps. Autrement dit, une personne affirmant être âgée de 110 ans en 1960 prétendra par exemple être âgée de 130 ans en 1970.
- Il y a un intérêt économique et de prestige tant pour les personnes que pour la région à ce que les âges extrêmes soient élevés (rentrée de devises suite aux visites des chercheurs, mais aussi rentrées financières provenant de ceux souhaitant découvrir sur place les moyens de vivre plus longtemps).
- La frugalité et la qualité de la vie simple et sereine sont censées permettre la longévité.

D'autres aspects sont également intervenus dans certains cas: propagande politique (en Union soviétique), falsification pour éviter l'armée ou pour obtenir plus rapidement une pension, remplacement d'un membre de la famille décédé par un autre plus jeune, affirmation de produits alimentaires "miracles" (le yaourt des centenaires du Caucase),...

Au 21ème siècle, les prétentions ont beaucoup diminué. Le "Gerontology research Group" ne recense plus qu'une dizaine de personnes vivantes affirmant avoir dépassé l'âge de 122 ans et fournissant une date de naissance précise mais qui n'a pu être vérifiée. La personne donnant l'âge le plus élevé est un homme brésilien de 128 ans qui affirme être né le 10 mars 1884.

Cependant, des prétentions plus fantaisistes surgissent de temps en temps dans les médias. Ainsi, l'agence de presse belge Belga (Belgique) a récemment fait état du décès d'une congolaise, Antoinette Mbinga, morte a 130 ans. L'agence emploie bien le conditionnel dans certaines phrases du communiqué, mais sans mentionner que cette "nouvelle" est quasiment certainement fausse. 

Aujourd'hui, les affirmations les plus spectaculaires proviennent des  pays les moins développés. Ce n'est pas spécialement parce que la crédulité est moindre au Nord qu'au Sud ni parce qu'une vie frugale et naturelle permet une vie plus longue, c'est plus simplement parce qu'ici les légendes urbaines et croyances résistent très mal aux administrations qui établissent depuis suffisamment longtemps des registres d'état-civil, des cartes d'identité, des numéros de sécurité sociale et des déclarations d'impôts. 

La prochaine fois que vous lirez dans un périodique un article à propos d'un joyeux arrière-arrière-grand-père tibétain faisant son jogging au pied de l'Everest à 130 ans ou à propos d'une vieille équatorienne de 125 ans venant de se marier avec un jeune homme de 75 ans, rappelez-vous, tout est faux.

Plus exactement, la probabilité que cela soit faux est d'environ 99,999 %. En effet, partout où l'état civil existe, personne n'a jamais dépassé l'âge de Jeanne Calment. Chaque fois que des affirmations spectaculaires ont pu être confrontées à des éléments de preuve, des supercheries ou des erreurs se sont révélées.

Jusqu'à présent, c'est Jeanne Calment, une française, qui a atteint l'âge le plus élevé de l'histoire avec des preuves jugées suffisantes. Elle est décédée en 1997 à l'âge de 122 ans et 5 mois. Elle restera la personne ayant vécu le plus longtemps de manière validée pendant au moins encore pendant six années puisque, à ce jour, l'être humain à l'âge prouvé le plus âgé au monde n'a "que" 115 ans. Il s'agit de Besse Cooper, née en 1896 aux Etats-Unis.

Pour aller plus loin et en meilleure santé, les croyances, la frugalité et les montagnes ne suffiront pas, il faudra des progrès médicaux.




La bonne nouvelle du mois : thérapie génique en voie d'approbation au niveau de l'union européenne



Selon la BBC, la commission européenne va bientôt permettre pour la première fois l'utilisation d'une thérapie génique dans le cadre d'une maladie génétique rare, la déficience en lipoprotéine lipase. La thérapie utilise un virus qui "infecte" les cellules musculaires et transforme les gènes. Cette thérapie devrait permettre aux patients d'avoir une alimentation normale. Ce serait un premier pas vers une acceptation plus globale de thérapies géniques. Ces thérapies sont parmi les plus importantes méthodes envisageables pour lutter contre les maladies liées au vieillissement.



Pour en savoir plus :

Plus d'information à propos de la thérapie génique en voie d'approbation: http://www.bbc.co.uk/news/health-18926892
Supercentenaires validés actuellement en vie: http://grg.org/Adams/E.HTM
Source de l'image: http://en.wikipedia.org/wiki/File:Building_in_Karimabad.jpg (Vallée des Hunzas)