mercredi 5 mai 2010

La mort de la mort. Numéro 14. Avril 2010.

Tôt ou tard, il devrait être possible de trouver le remède non seulement contre telle ou telle maladie, mais contre la véritable fatalité – contre la mort. En somme, le remède de l’immortalité devrait exister. Aujourd’hui aussi les hommes sont à la recherche de cette substance curative. La science médicale actuelle s’efforce, non d’exclure à proprement parler la mort, mais d’en éliminer toutefois le plus grand nombre possible de causes, de la reculer toujours plus ; de procurer une vie toujours meilleure et plus longue. Extrait de l'homélie du Pape Benoît XVI, 3 avril 2010



Thème du mois: une vie beaucoup plus longue et la religion catholique



Jusqu'ici les religions sont comme les hommes, elles meurent de vieillesse ou d'accident. Plus personne ne croit en Zeus, Jupiter, Amon ou le serpent à plumes. Mais ceci ne prouve ni que toutes les religions existantes disparaîtront ni que les hommes mourront toujours de vieillesse. Le passé éclaire le futur; il ne l'enferme pas.

Si certains pensent que les avancées scientifiques sont contre la religion, en fait cela peut être l'inverse. Si des époques ont été marquées par le refus d'admettre la possibilité que la terre tourne, aujourd'hui le pape lui même peut parfois faire plutôt figure de précurseur. C'est que nous assistons à un tournant.

Beaucoup, si pas toutes les religions, promettent une vie après la mort. Voici deux millénaires que la religion catholique annonce, pour les hommes et les femmes, le retour de tous à la vie dans le futur. Alors que bien des notions comme celles de diable, d'enfer s'étiolent, la croyance en une vie après la mort reste généralement présente chez les chrétiens.

Mais que déclare la religion catholique à propos d'une vie beaucoup plus longue avant la mort. Est-ce souhaitable?

Selon la Bible, Adam et Ève ne pouvaient au départ pas vieillir, ce n'est qu'après avoir goûté au fruit de l'arbre de la connaissance qu'ils furent atteints. Toujours dans la Bible, avant le déluge, les hommes vivaient bien plus longtemps et atteignaient, ce que nous appelons encore des âges "bibliques" ou " canoniques. Mathusalem aurait ainsi atteint l'âge de 969 ans.

A l'occasion de la fête de Pâques, le pape s'est prononcé au sujet d'une vie beaucoup plus longue. De manière a priori assez surprenante, il estime que l'homme trouvera tôt ou tard le remède contre le vieillissement. Cela s'explique probablement par le fait que le dirigeant de l'église catholique est conseillé notamment par des scientifiques bien informés. Mais il poursuit en écrivant que si cela devait arriver L’humanité vieillirait dans une proportion extraordinaire, il n’y aurait plus de place pour la jeunesse. La capacité d’innovation s’éteindrait et une vie interminable serait, non pas un paradis, mais plutôt une condamnation.

Il pourrait être d'abord rétorqué au pape que la population mondiale n'a jamais été aussi âgée qu'aujourd'hui dans l'histoire de l'humanité. Et que sa force d'innovation n'a jamais été aussi forte. Et que même un pape de 83 ans (Benoit XVI) a encore des capacités d'innovation! Certains pourraient même accuser les autorités catholiques de craindre que le catholicisme qui promet la résurrection après la mort perde de son attrait si nous pouvons vivre très longtemps avant la mort.

Mais, par-delà ces arguments, plus pragmatiquement, il peut être rappelé que jusqu'à ce jour, en ce qui concerne les progrès médicaux, des réticences sont apparues dans le monde chrétien au début des progrès et tant qu'ils étaient en élaboration. Mais elles ont disparu une fois le progrès technique établi. Il en a été ainsi par exemple pour les analgésiques et pour les dissections.

Rien, dans la religion catholique n'interdit la prolongation de la vie et donc aucune limite n'est fixée. Au contraire, le fait d'aider son prochain à vivre mieux est considéré comme souhaitable et la Bible a de nombreuses reprises décrit des vies beaucoup plus longues que les actuelles.

Il est donc permis d'envisager que les déclarations du pape s'adaptent aux évolutions de santé et technologiques à venir tout comme la religion catholique s'est adaptée par le passé. L'homélie du pape du 3 avril 2010 est un premier pas de prise de conscience de ces évolutions.



Les bonnes nouvelles du mois



Les Etats de l'Union européenne unissent leurs forces pour la recherche sur le vieillissement

Des chercheurs de toute l'Europe se sont réunis en Suède le 15 avril pour élaborer une nouvelle stratégie pan-européenne pour lutter contre des maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson.

Cette mesure est la première initiative conjointe visant à répondre aux "grands défis" ne pouvant être résolus par un État membre agissant seul. Plus d'informations: http://www.euractiv.com/en/science/eu-countries-join-forces-on-ageing-research-news-448949.

La fondation Methusalem a créé un prix: le "Neworgan Prize". Il met au défi les scientifiques de réaliser, avant 2020, la transplantation d'un organe (foie, rein, cœur,...) créé à partir des propres cellules du patient. Plus d'informations: http://www.mfoundation.org.

samedi 1 mai 2010

Petit plaidoyer progressiste et technoprogressiste (1er mai 2010)

Depuis mai 2009, l'espérance de vie en bonne santé a augmenté d'environ un trimestre dans la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vivorde et de près d'un semestre au Bangladesh. Des millions de citoyens néerlandophones, francophones et du reste du monde qui seraient morts au cours des douze derniers mois sans progrès de santé et croissance économique coulent aujourd'hui des jours relativement paisibles.

Jusqu'au début du 20ème siècle au moins, le désir de progrès technique et le désir d'égalité sociale étaient liés. La gauche rêvait de lendemains qui chantaient. Ces lendemains étaient faits de plus d'égalité, de plus de biens et d'un monde plus facile à vivre matériellement et technologiquement.

Aujourd'hui, les progressistes ne rêvent plus guère de progrès technique. Ce n'est pas parce que les progrès, avant de bénéficier à tous, profitent d'abord aux riches et créent parfois du chômage pour les travailleurs pauvres, car cela a été le cas depuis des siècles. C'est probablement plus dû au traumatisme de l'échec de l'Union soviétique qui se réclamait presque indissociablement du communisme et du progrès technique. Et plus récemment, le développement des pollutions a mené beaucoup de progressistes à vouloir "renverser la vapeur" là où il fallait plutôt la purifier et donc orienter autrement.

Aujourd'hui, en termes d'abondance, les lendemains ont chanté largement dans les pays du Nord, mais aussi dans les pays du Sud. Contrairement à ce que beaucoup affirment, l'accélération est non pas moindre, mais plus extraordinaire encore dans les pays du Sud. La mortalité infantile qui était une source majeure de décès poursuit sa diminution et ceci même dans la majorité des Etats de l'Afrique subsaharienne, malgré les ravages de la malnutrition et de l'épidémie de Sida.

Dans ce cadre de progrès humains globaux sans équivalent dans l'histoire de l'humanité, le téléphone mobile est le premier objet courant jamais passé du statut de bien de luxe à celui d'outil accessible à la majorité des citoyens du monde en moins d'une génération. D'ici moins d'une décennie, la majorité des citoyens sachant lire aura vraisemblablement accès à des mobiles connectés à internet. Une part importante des connaissances collectives universelles sera accessible à presque tous presque sans coût et sans discrimination. Et ainsi, même les citoyens pauvres du Sud auront accès à plus de connaissance que ce qui était accessible aux plus riches habitants des pays du Nord il y a à peine un siècle.

Dans les développements à court et moyen terme, les progressistes gagneraient à être technoprogressistes. Ils pourraient exiger que chaque citoyen ait droit à un téléphone mobile (avec des rayonnements faibles, mais avec des accès forts à des services collectifs) plutôt que de se concentrer sur les dangers de ces appareils. Ils gagneraient à proposer que Google, Wikipédia et d'autres sites internet fonctionnent comme des services publics de plus en plus développés plutôt que d'intervenir presque exclusivement par rapport aux dangers de Google et de ses concurrents.

Une gauche proactive pourrait exiger des investissements publics importants pour permettre à tous de vieillir beaucoup moins dans quelques décennies. Aujourd'hui les différences entre espérances de vie au Sud et au Nord s'amenuisent. Mais si les recherches pour une meilleure santé et une vie plus longue sont envisagés avec méfiance, les progrès seront réservés aux plus aisés, seuls capables de s'offrir les soins.

Une gauche favorable aux progrès pourrait plus globalement réclamer des investissements technologiques collectifs plus importants dans les domaines médicaux, de diffusion des connaissances et de gestion des énergies. Dans ce dernier domaine heureusement, les écologistes et la gauche semblent devenir ou redevenir technoprogressistes, mais en axant l'essentiel de leur énergie sur la problématique du réchauffement climatique. Ceci alors que la question environnementale principale, proche, mais pas identique, est celle de la mise à disposition suffisante et rapide d'énergies abondantes, non polluantes et renouvelables.

Ces avancées fantastiques ne résolvent pas (encore?) tous les problèmes de bien-être. Ceci s'explique notamment parce que l'abondance est un instrument insuffisant pour permettre le bonheur de tous. Ceci s'explique également parce que, au-delà d'un certain niveau de confort matériel, la perception du bien-être se fait presque exclusivement par comparaison avec le niveau matériel des autres, lequel niveau progresse aussi. Il reste donc à la gauche (et pas qu'à elle) à découvrir comment augmenter le bonheur dans une économie d'abondance où le lait et le miel des temps bibliques coulent tellement pour tous que cela ne nous satisfait plus.

Pourquoi encore la gauche doit-elle être technoprogressiste? Parce que c'est ainsi que se développera le mieux l'égalité du futur. Mais aussi parce que les conquêtes technologiques rapides comprennent des risques immenses non pas seulement dans les développements déjà en cours souvent abordés (pollutions, effets de serre, risques pour la vie privée, fracture numérique,...) mais également dans les développements à moyen terme. Ce sont des risques existentiels liés à la maîtrise de plus en plus absolue de la structure du vivant, de la matière et peut-être à terme au développement de l'intelligence artificielle. Et le principe de précaution dans une société évoluant, ce n'est pas toujours arrêter les modifications technologiques, cela peut-être au contraire les accélérer pour sauver des vies et diminuer des risques.

Pour que le progrès technique ait le plus de chance d'être aussi un progrès tout court, pour que les lendemains extraordinaires soient aussi des lendemains qui chantent, un des éléments favorables est une gauche proactive, capable de faire primer paix, égalité, justice et souci du bien commun sur les mécanismes visant les intérêts financiers et matériels à court terme.

Il faut penser globalement pour agir localement. Il faut aussi penser au long terme pour agir à court terme. Et notamment en comprenant que l'accélération technologique a entre autres pour conséquence que le long terme du 21ème siècle est beaucoup plus proche que le long terme des siècles précédents. La science-fiction d'aujourd'hui, rêve ou cauchemar, voire plus probablement rêve et cauchemar, ne sera pas seulement la réalité de nos enfants, ce sera aussi la nôtre.



• Pour en savoir un peu plus: voir notamment http://technoprog-fr.blogspot.com
• Pour des informations statistiques relatives aux progressions en matière
d'espérance de vie: http://www.gapminder.org
• Ce texte est une version actualisée d'un texte distribué en mai 2009. Rendez-vous au 1er mai 2011!







Source des images:
http://www.flickr.com/photos/ghirigoribaumann/2970618023/ et http://www.flickr.com/photos/surfstyle/277576227


vendredi 2 avril 2010

La mort de la mort. Numéro 13. Mars 2010.

Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé ma vieillesse (André Gide)

---------------------------------

Thème du mois: à la recherche du temps perdu.

---------------------------------

Dans l'imagerie collective, ce sont les jeunes qui s'ennuient le plus et renoncent plus vite à la vie. Mais, en fait, ce qui provoque le plus le désespoir, et donc le suicide, c'est le vieillissement en tant qu'avancée dans la décrépitude dégradant petit à petit le corps et l'esprit et se terminant, comme chantait Jacques Brel,"par arrêt de l'arbitre".

Pourquoi alors beaucoup de citoyens pensent-ils que ce sont les jeunes qui renoncent le plus à la vie? Notamment parce que chez les jeunes, il existe très peu d'autres causes de décès: on meurt de mort accidentelle, d'une maladie exceptionnelle ou parce qu’on se donne la mort.

Mais dans un monde où la vie sera beaucoup plus longue, n'allons-nous pas nous ennuyer, qu'allons-nous faire de tout ce temps? Et bien, d'abord, nous aurons beaucoup plus de temps pour trouver une solution à cette question! Ensuite, pour ceux qui s'ennuient, c'est comme vivre, cela se passe un jour après l'autre. Si nous trouvons un rythme pour 40 ans, nous le trouverons pour quelques décennies de plus.

Et il y a aussi un côté bien plus joyeux. La majorité des femmes et des hommes sont heureux et ne s'ennuient pas. Et pour cette majorité, après 40 ans, l'avancement en âge, à ne pas confondre avec le vieillissement, correspond à une augmentation du bien-être. Ce n'est que lorsque la santé commence à vraiment décliner que le bonheur ressenti diminue. Autrement dit, dans ce domaine comme dans d'autres, une vie en bonne santé bien plus longue est souhaitable.

Reste une question philosophique: notre présence ici sur terre a-t-elle un sens? Mais cette question, nous nous la sommes posée bien avant que nous nous soyons demandés si la vie était assez longue.

--------------------------------------
Les bonnes nouvelles du mois
--------------------------------------

Parmi les méthodes qui pourraient permettre une vie en bonne santé plus longue, les mécanismes liés à la régénération sont prometteurs entre autres parce qu'ils fonctionnent déjà, sans moyen artificiel chez de nombreux vertébrés.

Les premiers tests humains de transplantation à partir de cellules de son propre corps progressent.

Un britannique de 10 ans est devenu le premier enfant à bénéficier d'une transplantation de trachée réalisée à partir de cellules propres. Pour construire l'organe, les médecins ont utilisé la trachée d'un donneur qu'ils ont "déshabillée" de toutes les cellules ne conservant que la structure de collagène. Ils ont ensuite injecté dans cette structure des cellules souches provenant de la moelle épinière de l’enfant. Selon les docteurs, l'enfant se porte bien.

La suppression d'un seul gène permet la régénération d'une souris

Il y a quelques années des chercheurs s'aperçurent que certaines souris de laboratoires dont l'oreille avait été percée à des fins d'identification, le tissu se régénérait entièrement. Ces scientifiques avaient découvert accidentellement que la souris d'une certaine souche appelée "souris MRL", pouvait régénérer de dommages qui en principe ne régénèrent pas chez les mammifères. Et cette régénération se produit sans cicatrices. Ce processus se produit d'une manière similaire à ce qui se passe chez les salamandres c'est-à-dire qu'une masse de cellules se "reconvertit" en un état de type embryonnaire afin de pouvoir reconstruire les tissus manquants. Les chercheurs ont maintenant pu découvrir que cette régénération devenait possible du fait de la mutation d'un seul gène.

-------------------------------------

dimanche 14 mars 2010

25.000 logements publics bruxellois en 3.600 jours (Numéro 5). Mars 2010.

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2009 sont ambitieux. Ils prévoient, d'ici à 2019, une augmentation radicale du nombre de logements publics par une norme à atteindre dans les 10 années à venir de 15% de logements de qualité à gestion publique et à finalité sociale.

Il semble que le pourcentage actuel de logements publics soit de 10 % mais les chiffres exacts ne sont pas connus. Concrètement, pour atteindre la norme, environ 25.000 logements publics devraient donc être créés en deux législatures (20.000 logements selon les estimations les plus "basses"). Il s'agit donc d'au moins 200 logements par mois.

C'est une mesure extrêmement volontariste que des dizaines de milliers de personnes attendent avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement est assuré, mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis.

Neuf mois après les élections régionales et huit mois après la création du nouveau gouvernement, les signes concrets incitent au pessimisme quelle que soit la bonne volonté des uns et des autres. La préoccupation affichée et théoriquement louable de concertation préalable cache mal la douloureuse absence d'avancées concrètes.

L'objectif nouveau ne concerne plus seulement la construction ab nihilo de logements, mais aussi la transformation de bureaux et de biens à l'abandon en logements ainsi que la poursuite de constructions déjà entamées. Et les accords concernent des constructions et des transformations sur le court, moyen et long terme, c'est-à-dire, logiquement, à terme long de 10 ans, moyen de quelques années et court de quelques mois.

Pour les objectifs à terme de quelques mois, on peut déjà affirmer la quasi-certitude de l'échec. En effet, jusqu'ici, rien de concret n'est annoncé dans ces domaines. Alors que par contre, le temps passé a permis d'abandonner un projet de la législature précédente et de revoir d'autres projets à la baisse.

Si l'objectif gouvernemental était rempli, il faudrait construire, rénover et transformer. Un logement construit coûte en moyenne au moins 300.000 € tout compris (terrain, construction, ...). Une rénovation ou une transformation, parfaitement économe et efficace, pourrait coûter aux alentours de 50.000 € tout compris par habitation. Le strict minimum imaginable en moyenne par habitation réalisée peut donc être estimé à 100.000 € par logement concerné. En ce sens, comme quasiment aucun logement n'est encore créé, les autorités régionales et locales épargnent actuellement au moins 20 millions d'€ par mois.

La présente lettre bimestrielle a pour objectif d'être un modeste aiguillon pour qu'une partie même minime des objectifs soit réalisée.


Etat de la réalisation des 25.000 logements en 3.600 jours (connu au 25 mars 2010):

  • nombre de logements publics nouveaux construits: 58
  • nombre de logements publics créés à partir de bureaux transformés: 0
  • nombre de logements publics créés à partir de logements et autres immeubles abandonnés: 0
  • nombre de logements publics créés par d'autres moyens (acquisitions, locations,...): 0
  • (-) Suppressions de logements publics (acquisition par les locataires, destructions,...): 0
  • Nombre total de logements publics nouveaux réellement créés: 58
  • Temps écoulé : 8 mois depuis les accords politiques (9 mois depuis le début de la législature)
  • Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 111 mois
  • Nombre total de logements publics qui devraient en principe être créés durant le temps écoulé (sur la base de 200 logements par mois): 1.800
  • Somme minimale économisée par les autorités régionales ou locales bruxelloises aux dépens des personnes qui occuperaient les logements: 180.000.000 €


Informations complémentaires:

- Un site http://www.planlogement.be avait été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme de la législature précédente. Seule la page d'accueil du site est encore accessible, mais le contenu en a été supprimé il y a trois mois. Il semble qu'un site nouveau doit être réalisé à terme par l'administration mais ceci semble presque aussi complexe à construire qu'un logement social en vraies briques.

- Le texte de l'accord de gouvernement 2009-2014 du 12 juillet 2009 est accessible à la page
http://www.parlbruparl.irisnet.be/images/imgparl/accords2009/accordsfr.pdf.

- Au salon Batibouw, début mars, Christos Doulkeridis, secrétaire d'état compétent pour le logement, déclare «L’accès à la propriété est pour les ménages la meilleure voie vers l’émancipation et l’autonomie : c’est donc une voie à encourager et à développer politiquement. Je la soutiens pleinement». Ce serait une bien belle déclaration nonobstant un gros détail financier: même avec une aide régionale, les citoyens en attente de logements sociaux n'ont actuellement que très rarement les moyens d'accéder à la propriété.


Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean

dimanche 7 mars 2010

La mort de la mort. Numéro 12. Février 2010.

Complément au pari de Pascal : et si d’avoir souscrit à des niaiseries pouvait nous coûter l’immortalité. (Jean Rostand, 1894-1977, Pensées d'un biologiste)

---------------------------------

Thème du mois. Démographie et vie avec un vieillissement négligeable.

---------------------------------

Jamais dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons été aussi nombreux. Et chaque jour, la population mondiale augmente encore. Mais elle augmente de moins en moins vite.

Plus les citoyens ont un niveau de vie élevé, plus ils vivent longtemps. Et parallèlement, plus les citoyens ont un niveau de vie et vivent longtemps, moins ils ont d'enfants. Durant ces dernières décennies, cette évolution a même été tellement spectaculaire que dans les pays où la vie est la plus longue, la population a commencé à diminuer.

Il est donc permis de s'imaginer que, contrairement à l'intuition, un monde sans vieillissement sera un monde avec une croissance plutôt faible de la population.

Un chercheur russe, Leonid Gavrilov, s'est ainsi livré à des projections basées sur la population suédoise. Si demain par miracle (ou "par cauchemar" pour certains), la mortalité suite au vieillissement disparaissait, mais que les autres paramètres restaient identiques, dans un demi-siècle, la population de ce pays scandinave n'aurait augmenté que de 35 %.

En fait, en cas de ralentissement radical du vieillissement, l'évolution la plus probable est la suivante:

- Dans un premier temps, si l'espérance de vie devient beaucoup plus longue, il sera possible aux femmes d'être fécondes bien plus longtemps; la population aura donc presque tendance à se stabiliser parce que beaucoup de femmes décideront d'attendre plus longtemps pour avoir des enfants.

- Ensuite, durant plusieurs décennies, la population augmenterait assez lentement à un rythme un peu plus rapide que si la mort de vieillesse était maintenue, mais pas tellement plus.

- Ce n'est qu'à long terme, si plusieurs générations capables d'avoir des enfants coexistent et si les générations antérieures continuent à avoir des enfants que l'évolution de la population devient préoccupante. Mais le jour où le vieillissement deviendra négligeable, nous aurons des décennies pour nous adapter. En fait, le temps d'adaptation sera aussi long que le temps qui a été nécessaire -dans de nombreux Etats du monde- à la natalité pour passer de quatre enfants par couple à deux enfants -voire moins- par couple.

La peur de la surpopulation date d'il y a des siècles. C'est l'économiste et pasteur anglican, Thomas Malthus qui sera le plus célèbre propagateur de l'idée du danger de l'augmentation trop rapide de la population, il y a un peu plus de 200 ans. Cette peur se propageait alors que la population mondiale comptait moins d'un milliard d'habitants. Aujourd'hui avec 8 fois plus de citoyens du monde, le niveau de vie moyen atteint est immensément supérieur à celui qui régnait en l'an 1800. Même s'il reste insuffisant pour des centaines de millions de citoyens du monde,

Ce n'est donc, répétons-le, qu'au terme d'un demi-siècle que nous aurons à choisir entre vivre plus longtemps et avoir autant d'enfants qu'aujourd'hui. A moins que le monde n'ait tellement changé entretemps que ces questions se posent d'une manière que la plupart d'entre nous ne peuvent encore imaginer aujourd'hui.

---------------------------------


La bonne nouvelle du mois: en Belgique l'espérance de vie en bonne santé semble augmenter plus vite que l'espérance de vie

---------------------------------

Selon les indicateurs de protection sociale en Belgique publiés tout récemment, non seulement, contrairement à ce qui est souvent affirmé, ce n'est pas seulement l'espérance de vie qui augmente, mais aussi l'espérance de vie en bonne santé. Et même, mieux que cela, selon les chiffres publiés, l'espérance de vie en bonne santé augmenterait plus rapidement. Ainsi, entre 2004 et 2006, l'espérance de vie en bonne santé à 65 ans aurait augmenté d'un an pour les hommes (de 8,5 à 9,5 années) et d'1,4 an pour les femmes (de 8,4 à 9,8 années).

------------------------------

• Pour en savoir plus: http://sens.org, http://imminst.org, http://heales.org et http://immortalite.org, pour l'information relative aux projections démographiques en Suède: http://www.psychologytoday.com/blog/adventures-in-old-age/200912/would-immortality-become-overpopulation-nightmare et pour les indicateurs de protection sociale en Belgique: http://socialsecurity.fgov.be/docs/fr/publicaties/belgian-social-protection-2010-fr.pdf.

• Pour réagir ou recevoir la lettre d'information: info@heales.org

jeudi 4 février 2010

La mort de la mort. Numéro 11. Janvier 2010.

Serait-il absurde, maintenant, de supposer que ce perfectionnement de l'espèce humaine doit être regardé comme susceptible d'un progrès indéfini, qu'il doit arriver un temps où la mort ne serait plus que l'effet, ou d'accidents extraordinaires, ou de la destruction de plus en plus lente des forces vitales, et qu'enfin la durée de l'intervalle moyen entre la naissance et cette destruction n'a elle-même aucun terme assignable? Marquis de Condorcet, 1795.

--------------------------------------

Thème du mois: Une vie beaucoup plus longue dans un environnement durable

--------------------------------------

La transformation la plus radicale et la plus violente de l'environnement qui n’ait jamais été effectuée par l'être humain est la maîtrise du feu. C'est il y a plus de 400.000 ans que pour la première fois, les ancêtres de l'homo sapiens se sont détachés totalement du fonctionnement "naturel" des autres espèces vivantes.

La deuxième intervention fondamentale sur le monde qui nous entoure intervient il y a seulement 10.000 ans. L'être humain invente l'agriculture et crée progressivement de nouvelles espèces végétales et animales. L'enfant qui, aujourd'hui, ne connait que le steak sous cellophane et découvre à la campagne une vache mangeant du foin, ne découvre pas la nature. Il découvre l’effet des manipulations génétiques lentes des générations qui nous ont précédés.

Durant les derniers siècles, les interventions se sont succédé de plus en plus rapidement et l'influence des transformations humaines est devenue déterminante pour l'ensemble de la planète.

L'être humain maîtrise son environnement y inclus son propre corps. Même parmi les partisans les plus acharnés d'une vie plus "naturelle", très rares sont ceux qui préconisent l'abandon de la cuisson, des vêtements et la fin de la lutte artificielle contre les innombrables parasites qui avaient intimement partagé notre existence jusqu'ici. Adieu (autant que possible) poux, puces, ténias, bacilles de choléra qui avaient pourtant suivi fidèlement l'être humain pendant des siècles et des siècles.

Cependant les adieux parfois nostalgiques à l'état "naturel", c'est-à-dire en fait à l'état artificiel précédent, s'accompagnent de dommages collatéraux souvent difficiles à évaluer.

Ces dernières années, le changement le plus médiatisé est, bien sûr, le réchauffement climatique. A ce sujet, à la lecture des journaux, nous avons parfois l'impression que le citoyen se préoccupe fortement de l'état de la planète dans un siècle.

Mais, en réalité, ce sont surtout les dommages les plus rapides qui sont combattus de plus en plus efficacement. Pourquoi? Parce qu'ils sont détectés plus aisément. Mais aussi, parce que, pour les dommages à long terme, jusqu'ici, intuitivement, bien des femmes et des hommes, estimaient que le risque et la responsabilité du traitement revenaient d'abord aux générations futures.

Beaucoup de citoyens se disent donc, consciemment ou inconsciemment ,"Après moi, les mouches". Heureusement, au fur et à mesure que la vie s'allonge, ce raisonnement perd de son sens.

Avec une vie beaucoup plus longue, nous sommes tous passagers d'une même planète bleue, d'un même navire et nous sommes amenés à nous intéresser non seulement aux étapes proches, mais aussi aux horizons temporellement lointains. Nous ne confions pas le monde aux générations qui nous succéderont, nous le prenons en main.

Combien serons-nous à vivre cette aventure? Ne risquerons-nous pas de vivre dans un monde sous-peuplé ou au contraire surpeuplé? Ce sera le thème abordé le mois prochain.

--------------------------------------

La bonne nouvelle du mois: des cellules de la peau se transformant en cellules neuronales

--------------------------------------

Des chercheurs de l'école de médecine de l'université de Stanford (Etats-Unis) ont réussi à transformer des cellules de la peau de souris en cellules neuronales et ceci par l'application de trois gènes. Si cette avancée se confirme et est applicable aux êtres humains, les thérapies basées sur les cellules souches pourraient être, à terme, considérablement facilitées.

------------------------------
• Pour en savoir plus:
http://sens.org, http://imminst.org, http://heales.org et http://immortalite.org et pour l'information relative aux recherches sur les souris: http://www.genethique.org/revues/revues/2010/Janvier/20100128.1.asp.

• Pour réagir ou recevoir la lettre d'information: info@heales.org

------------------------------


dimanche 31 janvier 2010

Dix pronostics pour les années dix


Je me souviens de ces films de science-fiction du vingtième siècle où des technologies extraordinaires côtoyaient une misère qui n'avait guère changé depuis des siècles. Ce temps est venu.

Il y a une décennie Wikipédia n'existait pas, neuf citoyens du monde sur dix n'avaient pas de téléphone mobile, nous comptions encore en francs et l'espérance de vie était de plus de deux années inférieure à la nôtre.

Mais il y a dix ans, le rêve de disparition de la souffrance et de la faim concernait un futur à peine plus lointain qu'aujourd'hui.

Voici un petit exercice de prospective (en ce dernier jour pour présenter les Voeux de Nouvel An). Pour paraphraser un humoriste, c'est dangereux de faire des pronostics, surtout quand il s'agit du futur. Mais voici quand même un essai.

Pronostics pour les années 10 (émis en janvier 2010, à vérifier en janvier 2020, largement inspiré par Ray Kurzweil sauf le pronostic 1... et sauf catastrophe évidemment)

1. Enfin la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles - Hal - Vilvorde. Positif sauf pour les extrémistes de tous bords.

2 Pour les années 10 (ou 20 au plus tard): accès internet dans la tête (télépathie!): positif ou négatif? Les deux probablement!

3 L'équivalent d'un PC de 2010 pèsera moins de 100 grammes et coûtera moins de 20 €.

4. Chacun pourra connaitre pour quelques € suffisamment de son patrimoine génétique pour comprendre notamment ses origines et ses caractéristiques héréditaires principales. Et les cellules souches seront utilisées pour certains processus de lutte contre le vieillissement.

5. Tout pourra techniquement être filmé, enregistré, mémorisé quasiment gratuitement et partout.

6. Les premiers appareils seront utilisés pour amplifier les capacités humaines. Au moins par des lunettes-caméras-ordinateur personnel. Nous communiquerons avec les PC (ou ce qui les remplacera) de moins en moins avec les doigts.

7. Le niveau de vie augmentera encore considérablement au Nord et au Sud (espérance de vie: au moins deux ans, production de biens de consommation: au moins 10 % par habitant, qualité des produits,...).

8. L'immense majorité des êtres humains aura accès à internet.

9. Il sera impossible de se perdre sauf à le vouloir (GPS).

10. La démocratie directe mondiale sera possible (par un vote en ligne) mais pas encore utilisée.

Source de l'image