lundi 30 mars 2009

La mort de la mort. Numéro 2. Mars 2009.

Naître n'est pas un crime. Pourquoi serait-ce puni de mort? Robert Ettinger,auteur de l'ouvrage "Prospects of Immortality" en 1962.

Ceci est le deuxième numéro d'une lettre d'actualité mensuelle dont l'objectif est de vous faire connaître les avancées scientifiques vers un monde où l'être humain ne mourra plus de vieillesse. Vos réactions sont les bienvenues.

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Thème du mois: Les cellules souches.

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Au commencement était l'ADN (et l'ARN). Depuis des milliards d'années, des molécules d'acide désoxyribonucléique sont en quelque sorte immortelles. Une partie de l'ADN se transmet d'un être vivant à l'autre. L'être vivant meurt, l'ADN continue sa route, un peu comme un cavalier qui passerait d'un cheval épuisé à l'autre.


Nous savons depuis longtemps que les cellules d'un animal peuvent se reproduire en se divisant. Pendant longtemps, les chercheurs ont cru que cette division était sans limites. Mais, en 1965, Leonard Hayflick, un scientifique américain a découvert qu'une cellule ne se divisait qu'un nombre limité de fois. Une cellule humaine ne peut se diviser qu'à une cinquantaine de reprises. Cette limite de division est appelée "limite de Hayflick". Cette limite est liée au raccourcissement progressif, lors de chaque division cellulaire, d'une partie des chromosomes appelée le télomère. Cette limite joue un rôle important voire, pour certains, fondamental dans le vieillissement.


Certaines cellules ne sont pas soumises à cette limite. Les plus dangereuses: les cellules cancéreuses et les plus prometteuses, les cellules souches. Ces dernières peuvent donc continuer à se reproduire sans aucune limitation et constituer la source d'un nombre théoriquement illimité de descendants.


Certaines cellules souches ne peuvent donner naissance qu'à des cellules similaires aux cellules d'origine. Il y a ainsi des cellules souches pour la peau, pour les os... D'autres peuvent donner naissance à des cellules qui feront partie de n'importe quelle partie du corps. Ce sont les cellules omnipotentes, également appelées totipotentes.


Il y a quelques années, seules les cellules souches nées peu après la fécondation étaient omnipotentes. Des problèmes éthiques se posaient : il était indispensable pour la recherche d'utiliser des embryons. Mais depuis un ou deux ans, des scientifiques de plusieurs régions du monde ont réussi à transformer des cellules souches de la peau en cellules omnipotentes.


Des expériences sont en cours permettant de créer des organes à partir de cellules souches. Le docteur Doris Taylor de l’Université du Minnesota est parvenu à créer en laboratoire un cœur battant de rat capable de fonctionner comme une pompe cardiaque à partir du cœur d’un animal mort et de cellules cardiaques néonatales de rat.


Il est possible de voir une vidéo (en anglais) consacrée à cette expérience à cette adresse : http://www.stemcell.umn.edu/stemcell/faculty/Taylor_D/home.html


La science approche donc d'une possibilité chez l'être humain de créer des organes à partir de notre propre corps. Un tel type de greffe sera plus facile à accepter d’un point de vue éthique, car l'origine de l'organe sera notre propre corps et non pas un donneur. Les risques pour la santé seront théoriquement moindres que pour les greffes et les transfusions classiques pour la même raison : le donneur est le receveur.


La prudence s’imposera lors de l'expérimentation humaine puisque les cellules souches et les cellules cancéreuses sont proches. Savoir combien ces cellules sont proches, c'est aussi comprendre que le champ des recherches dans ces domaines ouvre des perspectives extraordinaires. Un jour peut-être, des chercheurs à la recherche de causes du cancer feront sans le vouloir des pas vers une vie sans vieillissement à moins que ce soit des chercheurs pour une vie plus longue qui permettent de mieux comprendre le cancer.

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Le conseil pratique pour vivre plus longtemps: mangez moins!

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Pour gagner quelques années de vie, il y a quelques méthodes qui peuvent être utiles. Ce mois-ci, voici la méthode probablement la plus connue : mangez moins.


Les rats qui mangent beaucoup moins qu'un apport calorique normal vivent sensiblement plus longtemps. Parmi les personnes qui adoptent un régime hypocalorique extrêmement restrictif, certains espèrent vivre ainsi plus longtemps. Mais ce qui est efficace pour les animaux à durée de vie courte est probablement beaucoup moins efficace pour des animaux ayant une durée de vie normale plus longue donc pour l’homme. Même si les humoristes disent que vous aurez l'impression de vivre des siècles tellement c'est désagréable !


Une certitude : avoir une alimentation habituelle modérée est un facteur de santé, de vie plus équilibrée et donc de vie plus longue.


C'est chez les habitants de l'île d'Okinawa au Japon que les centenaires sont les plus nombreux. Dans cette région du monde, les gens quittent la table en ayant encore un peu faim et l'apport calorique moyen est moins élevé que chez nous.

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Pour en savoir plus: http://sens.org, http://imminst.org, http://heales.org et http://immortalite.org.

Pour réagir ou recevoir la lettre d'information: info@heales.org

Photo: quatre cellules d'un embryon (source Wikimedia)

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3.500 logements sociaux bruxellois en 1.750 jours: lettre bimestrielle (numéro 24). Les promesses électorales n'engagent que ceux qui les croient.

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2004 prévoyaient la création de 3.500 logements sociaux durant cette législature (et 1500 logements moyens). Il s'agissait là de la mesure sociale la plus ambitieuse du gouvernement "Olivier" bruxellois.

Il s'agissait aussi d'une mesure que des dizaines de milliers de personnes attendaient (et attendent toujours) avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement n'est pas un problème, mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis. Dans cette ville, des milliers de logements neufs auraient dû stabiliser des loyers qui grimpent.

La campagne électorale débute. Quelques logements à peine achevés sont inaugurés à la hâte. Des premières pierres sont déposées beaucoup trop tard. Tout ceci pour tenter de faire oublier l'ampleur de l'échec. Cinq mille logements promis, quelques centaines en début de construction, quelques dizaines achevés et encore moins d'occupés. Imaginez-vous un boulanger vous vendre un quignon de pain au prix de la baguette? Imaginez-vous un entrepreneur qui allait vous construire une magnifique maison et qui vous fait payer la facture quand seule la niche du chien est achevée? Imaginez-vous un nageur traversant la Manche qui crierait victoire après un kilomètre? Tout cela n'est pas grand-chose à côté de la satisfaction étrange d'une secrétaire d'état!

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Etat d'avancement de la construction des 5.000 logements (connu au 26 mars 2009):

- 146 : Nombre de logements réellement construits (3 % de l'objectif de départ) (la majorité de ces logements sont encore inoccupés)
- 924 : Nombre de logements en construction (18 % de l'objectif de départ)

- 4.800 : Nombre approximatif de logements qui devraient être actuellement construits (au prorata) (*)
- 17.000 : Nombre approximatif de personnes qui seraient actuellement logées dans des logements sociaux et moyens si les accords gouvernementaux bruxellois de 2004 étaient appliqués (au prorata)(*)

- Temps écoulé : 56 mois depuis les accords politiques (57 mois depuis le début de la législature)
- Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 3 mois

(*) Pour les logements sociaux uniquement (sans logements moyens), il s'agit de 3.300 logements et 11.000 personnes.

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Remarques complémentaires :

- Par un "heureux hasard", la campagne électorale a été l'occasion de l'inauguration de plusieurs chantiers et de quelques logements. 514 logements entamés durant les 54 premiers mois. Et puis 410 en deux mois. Bizarre, bizarre. Et dommage que les électeurs ne votent pas plus souvent :-)

- Un site http://www.planlogement.be a été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme. Vous n'y trouverez (bien sûr) pas les chiffres récapitulatifs produits dans la présente lettre.

- Par "logement social" ci-dessus, il faut entendre "nouveau logement social en région bruxelloise tel que prévu dans les accords bruxellois" (http://portail.irisnet.be/cmsmedia/fr/2004_acgouv.pdf?uri=43742a96072f96dd010732949354014a). 1.500 logements pour les revenus moyens sont également prévus.

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Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean.

lundi 23 mars 2009

Une vie plus longue: pourquoi et comment, débat à Gand le mardi 31 mars 2009

Quand j'étais adolescent, il y a à peine 30 ans, monsieur Spock dans Star Trek utilisait un appareil de science-fiction pour communiquer avec le vaisseau spatial.

Aujourd'hui, personne ne voudrait plus du mobile des courageux voyageurs de l'espace. Un téléphone préhistorique sans appareil photo, ni carte mémoire, lourd et sans accès internet!

Il y a près de 5.000 ans, un auteur inconnu écrivait, en langue cunéiforme akkadienne, un des premiers récits de l'histoire de l'humanité "l'épopée de Gilgamesh". Dans ce récit, le héros cherchait sans succès l'immortalité.

Aujourd'hui, une vie sans vieillissement semble encore de la science-fiction. Mais qu'en sera-t-il dans 30 ans? Nous ne savons pas encore si ce sont les cellules souches, les nanotechnologies, les progrès de la biogérontologie ou des techniques encore inconnues ce jour qui nous permettrons de progresser.

Mais en tous cas, que nous le voulions ou non, à moins de stopper les avancées des connaissances scientifiques, mourir de vieillesse va devenir de plus en plus difficile.

Vous pouvez venir en discuter (en anglais) le dernier jour de mars notamment avec un spécialiste mondial de la lutte contre le vieillissement Aubrey de Grey. Voici l'adresse:

Université de Gand
Blandijn
Auditorium E
2ème étage
Blandijnberg 2
9000 Gent

dimanche 1 mars 2009

La mort de la mort, numéro 1, février 2009.

La première personne qui vivra jusque 125 ou 150 ans est déjà née. On ne deviendra jamais immortels, car il y aura toujours quelque chose qui nous fera mourir : mais je ne pense pas qu'il y ait de limites à la longévité humaine. Gerado Ferbeyre, professeur de biologie à l'Université de Montréal. (Courrier international. N° 44 13 au 19 avril 2006.)

Ceci est le premier numéro d'une lettre d'actualité mensuelle dont l'objectif est de vous faire connaître les avancées scientifiques vers un monde où l'être humain ne mourra plus de vieillesse.

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Sujet du mois: la régénération
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Pour l'immense majorité des animaux, le vieillissement est un processus inévitable. L’animal qui échappe à ses prédateurs ou aux autres causes de mortalité accidentelle finit par mourir au bout de quelques années, de quelques dizaines d’années voire de quelques siècles. l'animal meurt.

Cependant, au cours de centaines de millions d'années de l'évolution, certains des êtres vivantes qui peuplent la terre ont développé des capacités de régénération extraordinaires.

Qu’est-ce que la régénération ?

La régénération est la capacité qu'a un être vivant de reconstituer une partie de son corps après la destruction de cette partie. La régénération peut concerner des simples cellules, mais aussi des organes ou d'autres parties fonctionnelles.

Progressivement, les chercheurs découvrent des êtres vivants atypiques dont les capacités de régénération sont élevées. Certaines de ces capacités sont connues depuis
des millénaires comme la queue du lézard qui repousse.

D'autres sont connues depuis bien moins longtemps comme les capacités de régénération des hydres, un animal minuscule qui vit en eau douce. Lorsqu'on coupe une hydre en deux, chaque partie va repousser et fabriquer deux individus identiques. Le processus prend deux jours pour le corps et trois pour la tête.

Ce n’est pas le seul cas de régénération animale : des batraciens peuvent régénérer un membre entier. Ainsi, pour certaines espèces de salamandres, une patte coupée d'un animal jeune et par ailleurs en bonne santé pourra repousser en environ un mois. Parmi les batraciens, l'axolotl est une créature assez étrange qui ressemble à une salamandre. Cet animal peut même régénérer une partie du cerveau !

L’être humain est-il capable de se régénérer ?

La bonne nouvelle : l’être humain est capable de se régénérer. La moins bonne nouvelle : cette capacité n’est pas totale. Nous pouvons régénérer notre peau lorsque nous sommes victimes d'une blessure. Mais nous pouvons aussi régénérer jusqu'à 75 % de notre foie.

Qu'est ce qui différencie les différentes capacités de régénération? D'une part, plus un animal est "simple", plus il se régénérera aisément. Ensuite, un animal passant par différents stades de développement (des mues) pourra plus aisément reconstituer des organes. Enfin, malheureusement, les animaux les plus proches de l'être humain ainsi que les animaux les plus âgés ont
de moins grandes capacités de régénération.

Ces dernières années, les chercheurs progressent rapidement. Ils ont déjà découvert que certaines cellules sont plus douées que d'autres pour reconstruire. Ils s'aperçoivent aussi que, contrairement à ce que nous pensions jusqu'ici la reconstitution d'organes à partir de quelques cellules n'est plus un objectif aux confins de la science mais plutôt un objectif proche de l'expérimentation animale.

Sachez donc qu'au moment où vous lisez ces lignes, dans ce domaine comme dans d'autres, les chercheurs n'ont jamais été aussi loin dans la compréhension des mécanismes de régénération. Nous reviendrons notamment sur les cellules souches dans les prochains numéros.

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Le conseil pratique pour vivre plus longtemps: soyez heureux!
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Pour vivre beaucoup plus longtemps, il faudra que la science progresse. Mais pour gagner quelques années de vie, il y a quelques méthodes qui peuvent être utiles. Ce mois-ci, voici la méthode la plus simple et la plus agréable: soyez heureux! Toutes choses étant égales par ailleurs, les gens heureux vivent nettement plus longtemps.

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Pour en savoir plus: http://sens.org, http://imminst.org, http://heales.org et http://immortalite.org.

Pour réagir ou recevoir la lettre d'information:
info@heales.org

Photo: un axolotl albinos

vendredi 27 février 2009

Moins de particules fines, plus d'espérance de vie, Mais surtout une vie plus longue grace au progrès

Je suis impressionné par la distinction faite inconsciemment ou consciemment entre certaines évolutions perçues comme très souhaitables aussi vite que possible pour la santé et d'autres évolutions perçues comme moins prioritaires.

Vous avez probablement déjà entendu ou lu à plusieurs reprises des interventions relatives au fait que la pollution atmosphérique faisait perdre une ou deux années d'espérance de vie, notamment les particules fines.

C'est très probablement exact. Encore que, étant donné que les pauvres habitent plus souvent dans les zones les plus polluées et que les citoyens pauvres ont une espérance de vie moins élevée, il peut y avoir dans certains cas une surestimation de causes relatives à la pollution par rapport à d'autres causes (moins de moyens médicaux, plus d'usage du tabac, alimentation moins adaptée,...). Pour prendre un exemple, je pense qu'il est très probable que l'espérance de vie dans les "vieux quartiers" est inférieure à celle des "beaux quartiers" de ma municipalité, mais je ne me hasarderais ni à dire que l'environnement (plus de pollution dans et en dehors des habitations) n'y est pour rien ni à dire que l'environnement atmosphérique est un facteur déterminant. Pour prendre un autre exemple, j'ai déjà lu que l'espérance de vie était moindre à proximité des grands axes de circulation mais j'espère que la composante sociale a été prise en compte dans l'étude concernée.

Mais je souhaite ici relever que, si les chiffres cités dans l'article ci-dessous sont exacts, un éventuel accroissement de 10 microgrammes par mètre cube aura pour conséquence une augmentation de la mortalité qui sera compensée en 2 ans par l'augmentation tendancielle de l'espérance de vie (actuellement d'un trimestre environ par an).

En fait, l'évolution de la pollution atmosphérique sur le court, sur le moyen et sur le long terme est positive, mais les exigences s'accroissent et c'est tant mieux. Si nous devions revivre une fraction du smog de Londres des années 50 (et encore bien plus celui du 19ème siècle), des mesures extrêmes seraient prises d'un jour à l'autre; si nous devions respirer à nouveau l'air des villes industrielles européennes d'il y a 30 ans ou même l'air enfumé d'un restaurant d'il y a à peine 10 ans, nous aurions l'impression de nous encrasser les poumons en quelques heures voir en quelques minutes d'exposition.

Mais mon propos est ailleurs. Loin de moi, un souhait de s'occuper moins des particules fines. Mais par contre, je regrette de ne (presque) jamais lire de demande d'accélération des recherches médicales (cellules souches, régénérations, recherches génétiques,...) qui permettraient une augmentation plus rapide de l'espérance de vie.

Le raisonnement implicite sous-tendu est, je pense, que la pollution est une nuisance apportée par l'évolution humaine et donc qu'il convient de l'éliminer aussi rapidement que possible tandis que la recherche de progrès médicaux est une amélioration rendue possible par les techniques ce qui est moins urgent.

Mais pourquoi est-ce moins urgent? Je voudrais faire un parallèle avec le dilemme imaginaire suivant:

A. Un train fonce vers un précipice. Il est possible de sauver les passagers du train en actionnant un aiguillage qui dirigera vers une voie de garage. Malheureusement, sur cette voie de garage, se trouvent deux personnes innocentes qui seront inévitablement écrasées si le train est dévié.

B. Un train fonce vers un précipice. La seule manière de sauver les occupants est de pousser une voiture sur les rails, véhicule qui va bloquer le train. Malheureusement, deux personnes innocentes sont enfermées dans la voiture et mourront écrasées si le véhicule est poussé.

Il y aura beaucoup plus de personnes qui se diront théoriquement prêts à sauver les occupants dans la situation A que dans la situation B (et j'aurais aussi beaucoup plus de mal à pousser la voiture qu'à actionner l'aiguillage). Mais les résultats en terme de vies humaines sauvées (et perdues) sont identiques.

Et je pense qu'il en est relativement de même pour les vies sauvées en permettant de respirer mieux ou en soignant mieux. Sauver une vie menacée par l'homme est normal, sauver une vie menacée par la "nature" est moins souhaitable.

Alors que moi j'estime que la personne qui pourrait être sauvée par le progrès technique n'a pas moins de droit à survivre que la personne qui pourrait être sauvée par la diminution de la pollution.

Votre avis m'intéresse.

Didier C.

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Moins de particules fines, plus d'espérance de vie Source http://www.lemonde.fr/planete/article/2009...50025_3244.html

LE MONDE | Article paru dans l'édition du 04.02.09.

"Il s'agit d'une étude historique qui sera citée des milliers de fois dans les années à venir", s'enthousiasme le professeur William Dab, titulaire de la chaire d'hygiène et sécurité au Conservatoire national des arts et métiers. Ce spécialiste des problèmes de santé liés à la pollution atmosphérique salue ainsi le vaste travail de trois auteurs américains qui démontre qu'une réduction de la concentration de l'air en particules fines de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) est associée à un accroissement de l'espérance de vie en moyenne de 0,6 année. L'étude a été publiée, le 22 janvier, dans le New England Journal of Medicine.

Diverses études ont jusqu'ici montré les effets délétères de la pollution par les particules fines (d'une taille inférieure à 2,5 microns ou PM2,5). Une augmentation de leur concentration de 10µg/m3 a été associée à une réduction de l'espérance de vie de 1,11 année aux Pays-Bas, de 1,37 an en Finlande et de 0,8 an au Canada.

Parallèlement, des chercheurs français publient dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, mercredi 3 février, une étude confirmant les effets à court terme de la pollution. "Le risque de décès de toutes causes ou pour causes cardio-vasculaires est significativement associé à l'ensemble des indicateurs de pollution", indiquent-ils.

Ce type de recherches épidémiologiques vise à établir le fait que ces particules constituent un facteur de risque pour la santé. Le mérite de C. Arden Pope (Brigham Young University, Utah) et des coauteurs de l'étude "est d'avoir établi pour la première fois une preuve expérimentale de l'amélioration de l'état de santé à partir de données cohérentes sur un large territoire", estime M. Dab.

CANCER DU POUMON

Les chercheurs ont compilé des données concernant 51 zones métropolitaines des Etats-Unis et celles de la pollution à différentes époques, entre 1970 et le début des années 2000, quand la qualité de l'air s'était globalement améliorée. Ils ont calculé que "la réduction de la pollution de l'air contribue jusqu'à 15 % de l'accroissement global de l'espérance de vie".

En octobre 2008, une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) citait des travaux estimant qu'"environ 1 300 à 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux de PM2,5 étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 µg/m3." L'Union européenne ne s'est dotée pourtant que d'une norme maximale sur les PM2,5 de 25µg/m3 en 2010, qui ne deviendra contraignante qu'en 2015.

Paul Benkimoun

vendredi 30 janvier 2009

La mort de la mort, numéro 0, janvier 2009

"Si l’on avait consacré aux recherches en biologie toutes les sommes consacrées aux budgets militaires de tous les pays, la question de l’immortalité ou au moins de la jouvence éternelle serait déjà réglée." (Jean Rostand, biologiste, vers 1975)

Ceci est le numéro zéro d'une lettre d'actualité mensuelle dont l'objectif est de vous faire connaître les avancées scientifiques vers un monde où l'être humain ne mourra plus de vieillesse.

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Concept du mois: la vitesse d'échappement

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Les albums de famille sont là pour en témoigner : il y a seulement quarante ans, il y avait beaucoup moins de centenaires, de nonagénaires et d’octogénaires qu'actuellement. A soixante-dix ans on était vieux ou déjà mort.

Nous gagnons en moyenne un trimestre de vie par année. Actuellement, l'espérance de vie augmente presque partout dans le monde. Par exemple en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, nous avons gagné plus de 25 années d'existence en un siècle. Si ces progrès s'accéléraient jusqu'à être multipliés par quatre, nous gagnerions une année de vie par année.


C'est ce que les spécialistes de ce domaine appellent "longevity escape velocity", en français, la vitesse d'échappement de la longévité.
C'est le fait que lorsque l'on sera parvenu à rajouter, par exemple, une trentaine d'années supplémentaires à la vie humaine, les progrès scientifiques continuant à croître, nous vivrons alors suffisamment longtemps pour que de nouvelles thérapies encore meilleures nous offrent une nouvelle "rallonge" de vie, et ainsi de suite... Nus échapperions à la fatalité de la mort due au vieillissement, comme un objet propulsé en l'air à une vitesse suffisante peut échapper à la gravité, et ne jamais retomber sur terre....

Malgré l'obésité, les maladies cardio-vasculaires, les pollutions, les problèmes environnementaux et la croissance de certains cancers, la progression de l'espérance de vie se poursuit sans faillir.


Que se passerait-il si les budgets octroyés pour les recherches scientifiques dans le domaine de la lutte contre le vieillissement étaient multipliés disons par dix (ce qui représenterait bien moins qu'1 % du produit intérieur brut)? Il est en tous cas fort probable que la grande faucheuse s'approcherait moins vite.


En 2008, environ 55 millions de personnes sont décédées. C'est le vieillissement qui est la cause des deux tiers des décès.


Mais que se serait-il passé en 2008 si, depuis 1968, l'humanité avait choisi de financer une recherche constante, internationale et pluridisciplinaire pour une vie avec un vieillissement de plus en plus lointain?


Qui parmi vos parents, vos grands-parents et même vos arrières-grands parents sortiraient de leur tombe pour vivre des jours heureux parmi nous? Nous ne le saurons jamais. Le passé est le passé. Pour le futur, nous vous proposons de rêver, d'imaginer, d'envisager voire de militer pour un monde composé d'hommes et de femmes qui souhaitent vivre et ne pas (se) laisser mourir.


Sachez par exemple, qu'au moment où vous lisez ces lignes, les chercheurs progressent rapidement et notamment particulièrement vite dans les domaines de la régénération, des cellules souches et de la compréhension des mécanismes du vivant. Nous y reviendrons dans les prochains numéros.


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Pour en savoir plus: http://sens.org, http://imminst.org, http://immortalite.org, http://vivre1000ans.free.fr et http://heales.org.

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mercredi 28 janvier 2009

3.500 logements sociaux bruxellois en 1.750 jours: lettre bimestrielle (numéro 23). Janvier 2009. Un an 9 sans logements sociaux neufs.

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2004 prévoyaient la création de 3.500 logements sociaux durant cette législature (et 1500 logements moyens). Il s'agissait là de la mesure sociale la plus ambitieuse du gouvernement "Olivier" bruxellois.

Il s'agissait aussi d'une mesure que des dizaines de milliers de personnes attendaient (et attendent toujours) avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement n'est pas un problème, mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis. Dans cette ville, des milliers de logements neufs devraient stabiliser des loyers qui grimpent.

Plus de 4 ans après les accords alors que la campagne électorale s'amorce déjà, seuls 3 logements sont occupés. Et ceci, alors que la population bruxelloise s'accroit et que le nombre de personnes ayant un revenu inférieur à la moyenne croît aussi. Et la nouvelle année 2009 n'a à essentiellement apporté aux mal logés bruxellois que des jolies déclarations et un bilan toujours plus laid.


Au rythme actuel de construction, il faudra un siècle pour achever le plan qui était prévu pour se réaliser en 5 ans.

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Etat d'avancement de la construction des 5.000 logements (connu au 25 janvier 2009):

- 3 : Nombre de logements réellement construits et occupés (0,06 % de l'objectif de départ)
- 514 : Nombre de logements en construction (10,28 % de l'objectif de départ)

- 4.600 : Nombre approximatif de logements qui devraient être actuellement construits (au prorata) (*)
- 15.000 : Nombre approximatif de personnes qui seraient actuellement logées dans des logements sociaux et moyens si les accords gouvernementaux bruxellois de 2004 étaient appliqués (au prorata)(*)

- Temps écoulé : 54 mois depuis les accords politiques (55 mois depuis le début de la législature)
- Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 5 mois (3 mois avant le début de la campagne électorale)

(*) Pour les logements sociaux uniquement (sans logements moyens), il s'agit de 3.200 logements et 10.000 personnes.

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Remarques complémentaires :

- Un site http://www.planlogement.be a été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme. Vous n'y trouverez (bien sûr) pas les chiffres récapitulatifs produits dans la présente lettre.

- Le 21 janvier 2009, la Secrétaire d'Etat, Madame Dupuis, a annoncé le début de la construction de 142 logements à la "Cité Modèle" à Laeken. C'est la première inauguration de nouveaux logements depuis l'été 2008.

- Par "logement social" ci-dessus, il faut entendre "nouveau logement social en région bruxelloise tel que prévu dans les accords bruxellois" (http://portail.irisnet.be/cmsmedia/fr/2004_acgouv.pdf?uri=43742a96072f96dd010732949354014a). 1.500 logements pour les revenus moyens sont également prévus.

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Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean.