dimanche 3 octobre 2010

25.000 logements publics bruxellois en 3.600 jours (Numéro 8). Septembre 2010. Nouveaux modes de calcul: 25.000 ou 10.000 logements?

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2009 semblaient ambitieux. Ils prévoient, d'ici à 2019, une augmentation radicale du nombre de logements publics par une norme à atteindre dans les 10 années à venir de 15% de logements de qualité à gestion publique et à finalité sociale.

Cela apparait comme une mesure extrêmement volontariste que des dizaines de milliers de personnes attendent avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement est assuré, mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis.

Au rythme actuel, selon les calculs retenus jusqu'ici, il faudra extrêmement longtemps pour réaliser l'objectif décennal de création de logements sociaux.

Cependant, récemment (Le Soir, mercredi 22 septembre 2010), le secrétaire d'Etat, compétent pour le logement, Christos Doulkeridis, a communiqué à propos de cet objectif. Il estime qu'il convient de comptabiliser, parmi les logements publics, les logements mis en location par les Agences immobilières sociales (AIS) à un prix inférieur à celui du marché et les logements acquis grâce aux 900 prêts hypothécaires octroyés chaque année à des taux avantageux par le Fonds du logement.

En tenant compte de ce tout nouveau mode de calcul, l'objectif de création de logements publics tombe alors brutalement aux environs de 10 à 15.000 logements en 10 ans. En effet, avec ce calcul nouveau, il y a dorénavant 12,84 % de logements sociaux à Bruxelles et non plus 10,80 %. Un pas de géant, d'un trait de plume, vers l'objectif de 15 %.

La prochaine lettre bimestrielle tentera de préciser les divers éléments nouveaux. Mais en attendant, selon les éléments apportés avec ce nouveau calcul, l'objectif semble atteint voire dépassé sans qu'il soit nécessaire de construire, rénover ou transformer!

La présente lettre bimestrielle a pour objectif d'être un aiguillon pour favoriser la réalisation même partielle des objectifs tels que décrits jusqu'ici. La synthèse des résultats ci-dessous indique l'état d'avancement par rapport à l'objectif nouveau, très modeste, et l'état "d'avancement" par rapport à l'objectif ancien et ambitieux.


Etat de la réalisation de 10.000 logements en 3.600 jours (connu au 30 septembre 2010)(mode de calcul du secrétaire d'Etat):

  • Nombre de logements publics construits, créés à partir de bureaux transformés, de logements, d'immeubles abandonnés,...: 68
  • Nombre de logements privés mis à disposition par les A.I.S.: chiffre non connu
  • Nombre de logements privés ayant bénéficié de prêts publics: 1.200 environ
  • Nombre total de logements concernés par l'objectif: au moins 1.300
  • Temps écoulé : 14 mois depuis les accords politiques (15 mois depuis le début de la législature)
  • Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 107 mois
  • Nombre total de logements publics qui auraient dû être créés durant le temps écoulé (sur la base de 1.000 logements par an): 1.250


Etat de la réalisation des 25.000 logements en 3.600 jours (connu au 30 septembre 2010)(mode de calcul ne prenant en compte que les logements publics):

  • Nombre de logements publics nouveaux construits: 68
  • Nombre de logements publics créés à partir de bureaux transformés: 0
  • Nombre de logements publics créés à partir de logements et autres immeubles abandonnés: 0
  • Nombre de logements publics créés par d'autres moyens (acquisitions, locations,...): 0
  • (-) Suppressions de logements publics (acquisition par les locataires, destructions,...): 0
  • Nombre total de logements publics nouveaux réellement créés: 68
  • Temps écoulé : 14 mois depuis les accords politiques (15 mois depuis le début de la législature)
  • Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 107 mois
  • Nombre total de logements publics qui auraient dû être créés durant le temps écoulé (sur la base de 200 logements par mois): 3.000
  • Somme minimale économisée par les autorités régionales ou locales bruxelloises aux dépens des personnes qui occuperaient les logements (sur base d'un coût de 100.000 € par logement): 294.000.000 €


Informations complémentaires:

- Le texte de l'accord de gouvernement 2009-2014 du 12 juillet 2009 est accessible à la page
http://www.parlbruparl.irisnet.be/images/imgparl/accords2009/accordsfr.pdf.

- Un site http://www.planlogement.be avait été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme de la législature précédente. Seule la page d'accueil du site est encore accessible, mais le contenu a été supprimé.


Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean

Source de l'image

jeudi 30 septembre 2010

La mort de la mort. Numéro 18. août et septembre 2010.

C'est tout de même étrange. Si vous participez à la recherche contre le cancer et que vous dites que vous ne voulez pas trouver un traitement à cette maladie, alors tout le monde dira que vous êtes fou. Mais si vous dites que vous voulez trouver un traitement au vieillissement, alors, vous êtes rapidement traité de charlatan (Jan Vijg, professeur au département de génétique, Albert Einstein College of Medicine, New York, 2009, traduction)



Thème du mois: Conférence internationale à Bruxelles



C'est les samedi 9 et dimanche 10 octobre que se déroulera la conférence internationale de l'Immortality Institute à Bruxelles. C'est la première fois qu'un évènement de ce type est organisé sur le "vieux" continent. De nombreux orateurs sont attendus dont le spécialiste incontesté du domaine, le biogérontologue Aubrey de Grey mais aussi d'éminents chercheurs belges parmi lesquels le professeur Bart Braeckman qui suit les secrets du vieillissement du nématode C. Elegans.

Et pendant que les spécialistes s'interrogent, les statistiques démontrent que, même en l'absence d'une politique ciblée pour une vie plus longue, la situation s'améliore constamment. Par exemple, chaque jour, si vous êtes une femme de 45 ans vivant en région flamande,
vous gagnez plus de 5 heures de vie. Et plus de 7 heures si vous êtes un homme.

Mais par contre pendant que les spécialistes s'interrogent et que les statistiques s'améliorent, bien des philosophes et bien des politiques continuent envers et contre tout à voir l'avancée en âge comme une dégradation inexorable. Et ils ne prônent aucunement une attitude proactive

La vérité est que la vie en bonne santé est de plus en plus longue. Et la vérité est aussi que la dégradation -ou en tout cas le rythme de dégradation- n'est inexorable qu'en l'absence de progrès scientifique.

Vous, lecteur de ces lignes, vous avez déjà, sans vous en rendre compte, gagné des années d'espérance de vie depuis votre naissance. A votre, âge d'aujourd'hui, vos parents étaient probablement un petit peu plus âgés physiquement et dans un état de santé un peu moins bon. C'est votre comportement, les aléas de la vie, l'environnement dans lequel vous vivez qui déterminera ce que sera votre vie future. Mais c'est aussi grâce au rythme des progrès médicaux et des avancées en matière de santé de ces dernières décennies.

Aujourd'hui est le premier jour du reste de votre vie. Mais vous êtes mieux parti que tous ceux qui vous ont précédé dans l'histoire de l'humanité.


La bonne nouvelle du mois: Des chercheurs biomédicaux ont créé des cellules souches adultes qui peuvent croitre continuellement


Des chercheurs de l'université de Buffalo (Etats-Unis) ont découvert que des cellules souches adultes transformées peuvent croître et se multiplier continuellement en culture,

Cette découverte pourrait accélérer le développement des traitements de très nombreuses affections liées au vieillissement parmi lesquelles les maladies cardiaques et les maladies neuro-dégénératives, deux des principales causes de décès liées au vieillissement.

Les chercheurs ont créé de nouvelles lignées de cellules en modifiant génétiquement des cellules souches dites "mesenchymales" provenant de la moelle osseuse.

Actuellement, les cellules souches mesenchymales ont une durée de vie limitée en laboratoire et doivent donc être renouvelées à partir de donneurs. Cette découverte si elle est confirmée ouvre de grandes perspectives dans le domaine de la régénération par les cellules-souches adultes car cela signifie que des donneurs ne sont plus nécessaires et que la "matière première" pour la régénération d'organes est aisément disponible.



  • Pour en savoir plus à propos des cellules souches mesenchymales: http://www.buffalo.edu/news/11785

  • A propos de l'espérance de vie en Flandre (en néerlandais): http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20100917_099

  • Source de l'image: logo de l'"Immortality Institute"

samedi 31 juillet 2010

La mort de la mort. Numéro 17. Juillet 2010.

Nous pourrions être la dernière génération de l'histoire de l'humanité à avoir une durée de vie normale. Nous n'avons pas besoin de connaître la cause du vieillissement pour le ralentir. (David Sinclair, biologiste, lors d'une conférence médicale Tedmed -Technology Entertainment Design- en 2009).

Thème du mois: L'âge extrême et la science-fiction



Une vie sans vieillissement semble un thème de prédilection de la science-fiction. Dans un autre monde ou dans un futur éloigné, les êtres humains du futur ou d'autres êtres intelligents vivraient sans que le simple écoulement du temps soit un facteur de décrépitude.

Et pourtant.

Pourtant, dans l'abondante littérature d'anticipation ou d'imagination, les récits décrivant une vie sans contrainte de l'âge sont quasiment absents. Et lorsque des hommes, des femmes ou d'autres êtres ne vieillissent pas, c'est au prix de souffrances majeures pour eux ou pour d'autres.

Voici les quatre catégories de fictions que vous pourrez rencontrer.

La prospective modérée. Ce sont probablement les récits les plus nombreux. La science-fiction explore les frontières du contemporain mais s'en éloigne en fait assez peu. Le monde est égalitaire mais les femmes y restent quand même à l'arrière plan. Ou bien les femmes sont devenues les égales des hommes, mais ils et elles sont restés de peau bien blanche. Avec la même modération, la science-fiction voit la médecine progresser et les êtres humains vivre un peu plus longtemps. Ils dépassent parfois le siècle mais rarement plus. Ainsi l'extraordinaire technologie médicale dans Star Trek n'empêche pas les héros de vieillir. Ou encore, comme dans les ouvrages récents Globalia ou La déclaration, les progrès de la médecine permettent d'atteindre un âge plus élevé mais limité et au prix de souffrances nombreuses, d'une dégradation progressive et d'injustices sociales.

Les univers dystopiques (anti-utopiques). Ils décrivent des environnements différents mais pire que le nôtre. Les hommes vivent sans mourir de vieillesse mais ils meurent d'autre chose. Le film (et le roman) L'âge de cristal où les hommes ne vieillissent pas mais sont mis à mort lorsqu'ils atteignent une trentaine d'années illustre ce thème. Il se peut également que les immortels souffrent atrocement comme dans le film Zardoz où un groupe d'humains accueille la possibilité de mourir comme une délivrance.

Les environnements artificiels. C'est un autre thème fréquent de science-fiction. Autrefois, il y avait des hommes et des robots. Les hommes sont partis, seules les machines subsistent affrontant l'éternité. Ou pire encore, par exemple dans Terminator, les robots sont immortels mais ils veulent détruire les humains. Parfois, comme dans le film A.I. Artificial Intelligence, le robot accédera à l'humanité. Mais cet accès se fera au prix de ce qui dans ces récits semble être la dernière spécificité de l'humain face aux machines douées de raison: la mort.

Les mutants. Enfin, la dernière catégorie concerne les environnements qui relèvent plus du fantastique que de la science-fiction. L'immortalité existe mais, pour une raison généralement inexpliquée, elle ne concerne que certains êtes différents. Et presque toujours, ces immortels subissent une sorte de malédiction: ils souffrent et font souffrir. Ainsi, les héros (presque) immortels de Highlander doivent s'entretuer. Les récits de vampires et de zombies quasiment indestructible forment en soi un genre entier de littérature et de cinématographie. Et dans lequel le sort tant des consommés que des consommateurs est rarement très enviable.


Pourquoi si peu de récits optimistes? Évidemment, les histoires où les gens sont heureux sont moins passionnantes. Mais il y a aussi une explication psychologique. Si nous commencions à espérer ne plus vieillir et mourir, cela rendrait par contraste la vie contemporaine difficilement supportable. Le conscient et l'inconscient peuvent pousser à éviter le sujet. L'espoir est un poison que même un écrivain se voulant détaché du réel hésite à infliger.

Mais les progrès de la recherche rendent l'exploration littéraire de ces perspectives plus aisées et plus proches. Le film récent Mr Nobody est la première œuvre d'anticipation à diffusion large dans laquelle les êtres humains "normaux" sont ceux qui vivent sans vieillir. Même si ce film aborde aussi d’autres questions et qu’il est encore assez pessimiste, le réalisateur belge Jaco Van Dormael franchit là une frontière.



La bonne nouvelle du mois: Le taux de cancer continue à diminuer régulièrement


Contrairement à ce que ce qui est souvent affirmé et perçu, la mortalité par cancer diminue régulièrement parmi les hommes, les femmes et les enfants. Trop de femmes meurent du cancer du sein mais elles sont moins nombreuses qu'auparavant. Trop d'enfants meurent de leucémie mais ils sont de moins en moins nombreux.

Ainsi aux États-Unis, selon des statistiques récemment publiées par l'American cancer society, la mortalité par cancer diminue continuellement depuis 20 ans. Par exemple:
- le taux total de mortalité par cancer était de 178.4 par 100,000 en 2007 alors qu'il était de 180.7 par 100,000 en 2006;

- le nombre de décès des suites du cancer a diminué de 2 % par année pour les hommes de 2001 à 2006 et d'1,5 % par année pour les femmes de 2002 à 2006.

La non-perception de cette nouvelle positive a plusieurs causes dont la principale est une autre bonne nouvelle. Imaginons des arbres perdant progressivement leurs feuilles mais certains beaucoup plus lentement que les autres. Après quelques semaines, l'impression sera que les arbres qui restent les plus fournis ont plus de feuilles qu'auparavant alors qu'ils sont seulement beaucoup moins dégarnis. Il en va de même avec les morts par cancer:comme les autres causes de mortalité diminuent rapidement, la diminution moins rapide des décès liés aux cancers apparait comme une progression.


dimanche 4 juillet 2010

25.000 logements publics bruxellois en 3.600 jours (Numéro 7). Juillet 2010. 3600 jours ou 383 ans?

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2009 sont ambitieux. Ils prévoient, d'ici à 2019, une augmentation radicale du nombre de logements publics par une norme à atteindre dans les 10 années à venir de 15% de logements de qualité à gestion publique et à finalité sociale.

C'est une mesure extrêmement volontariste que des dizaines de milliers de personnes attendent avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement est assuré, mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis.

Plus d'un an après les élections régionales, les signes concrets incitent au pessimisme quelle que soit la bonne volonté des uns et des autres. La préoccupation affichée, réelle et théoriquement louable de concertation préalable s'accompagne d'une douloureuse absence d'avancées concrètes. Et des observateurs attentifs s'inquiètent de l'absence (quasi?) totale de projets nouveaux.

Or, l'objectif nouveau ne concerne plus seulement la construction ab nihilo de logements, mais aussi la transformation de bureaux et de biens à l'abandon en logements ainsi que la poursuite de constructions déjà entamées. Et les accords concernent des constructions et des transformations sur le court, moyen et long terme, c'est-à-dire, logiquement, à terme long de 10 ans, moyen de quelques années et court de quelques mois.

Pour les objectifs à terme de quelques mois, on peut déjà affirmer la certitude de l'échec. Alors que par contre, durant cette même période, un projet (il est vrai probablement mauvais) de la législature précédente a été abandonné et d'autres projets ont été revus à la baisse.

Si l'objectif gouvernemental était rempli, il faudrait construire, rénover et transformer. Un logement construit coûte en moyenne au moins 300.000 € tout compris (terrain, construction, ...). Une rénovation ou une transformation, parfaitement économe et efficace, pourrait coûter aux alentours de 50.000 € tout compris par habitation. Le strict minimum imaginable en moyenne par habitation réalisée peut donc être estimé à 100.000 € par logement concerné. En ce sens, comme quasiment aucun logement n'est encore créé, les autorités régionales et locales épargnent actuellement au moins 20 millions d'€ par mois.

Outre cette épargne au détriment des plus démunis, il faut rappeler que les propriétaires privés ne sont pas aussi lents. La ville s'agrandit d'environ 3.000 logements chers ou très chers par an Et, bien sût, tout comme quand on ajoute de l'eau salée à de l'eau déjà de moins en moins douce, la solution est de plus en plus saumâtre, en tout cas pour ceux qui se préoccupent de ceux qui n'ont pas les moyens de s'acheter de beaux logements neufs.

Au rythme actuel, il faudra 383 années pour réaliser l'objectif décennal de création de logements sociaux (sur base d'une hypothèse basse du nombre de logements à créer).

La présente lettre bimestrielle a pour objectif d'être un aiguillon pour favoriser la réalisation même partielle des objectifs.


Etat de la réalisation des 25.000 logements en 3.600 jours (connu au 10 juillet 2010):

  • nombre de logements publics nouveaux construits: 68
  • nombre de logements publics créés à partir de bureaux transformés: 0
  • nombre de logements publics créés à partir de logements et autres immeubles abandonnés: 0
  • nombre de logements publics créés par d'autres moyens (acquisitions, locations,...): 0
  • (-) Suppressions de logements publics (acquisition par les locataires, destructions,...): 0
  • Nombre total de logements publics nouveaux réellement créés: 68
  • Temps écoulé : 12 mois depuis les accords politiques (13 mois depuis le début de la législature)
  • Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 109 mois
  • Temps qui sera nécessaire au rythme actuel de réalisation pour achever la mise à disposition des 25.000 logements : 383 ans
  • Nombre total de logements publics qui devraient en principe être créés durant le temps écoulé (sur la base de 200 logements par mois): 2.600
  • Somme minimale économisée par les autorités régionales ou locales bruxelloises aux dépens des personnes qui occuperaient les logements: 254.000.000 €


Informations complémentaires:

- Le texte de l'accord de gouvernement 2009-2014 du 12 juillet 2009 est accessible à la page
http://www.parlbruparl.irisnet.be/images/imgparl/accords2009/accordsfr.pdf.

-
Le Rassemblement bruxellois pour le droit à l'habitat analysant les réalisations en matière de logement de la première année de politique gouvernementale bruxelloise (et octroyant un cote de 1/20) annonce: Quant au logement social, il semble que ce Gouvernement entreprenne surtout des actions dans le but d’optimaliser l’utilisation du parc existant. Pour la création de logements sociaux supplémentaires, le Gouvernement entend réaliser une grande partie du Plan Logement adopté en 2004, en construisant des logements verts et adaptés, mais il n’est pour le moment pas question d’un nouveau plan qui prévoirait les milliers de logements sociaux nécessaires.

- Un site http://www.planlogement.be avait été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme de la législature précédente. Seule la page d'accueil du site est encore accessible, mais le contenu a été supprimé. il y a quelques mois.


Si vous me communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean

Source de l'image

La mort de la mort. Numéro 16. Juin 2010.

Je n'ai pas peur de mourir, j'ai peur de ne pas avoir assez vécu (Némo Nobody, le héros du film "Mister Nobody", le dernier être humain à mourir de vieillesse en 2092)



Thème du mois: Courte approche internationale de la lutte pour une vie plus longue.



Les Etats-Unis ont toujours une génération d'avance dit-on parfois. C'est en tous cas au coeur de l'Amérique du Nord que le premier ouvrage à vocation scientifique et à forte diffusion sur ce thème fut écrit "The Prospect of Immortality" par Robert Ettinger, dès l'année 1962. Et Bill Clinton déclarait à la maison blanche, en octobre 1999, We want to live forever, and we're getting there (Nous voulons vivre pour toujours et nous y arriverons).

Des millénaires auparavant, le premier écrivain (ou plus probablement les premiers écrivains) qui s'attaqua littérairement à la grande faucheuse était un des tous premiers auteurs de l'histoire littéraire de l'humanité. Son nom s'est perdu dans la nuit des temps. Mais l'épopée de Gilgamesh, son œuvre, est un récit de lutte sans succès pour l'immortalité qui se déroulait dans les plaines de la Mésopotamie à une époque où l'écriture venait à peine d'être inventée.

Bien plus tard, un des premiers philosophes connus qui envisagea que la science permette une vie presque sans limitation vécut en France au 18ème siècle. Il s'agissait du marquis de Condorcet qui écrivit "Serait-il absurde, maintenant, de supposer que ce perfectionnement de l'espèce humaine doit être regardé comme susceptible d'un progrès indéfini, qu'il doit arriver un temps où (...) la durée de l'intervalle moyen entre la naissance et cette destruction n'a elle-même aucun terme assignable? . Et c'est en France aussi, à Arles, que vécut jusqu'à 122 ans, Jeanne Calment, la femme qui atteint l'âge le plus élevé de l'histoire de l'humanité.

Pour des raisons de niveau économique, de traditions alimentaires mais aussi probablement de patrimoine génétique, c'est au Japon et à Hong-Kong que l'espérance de vie est actuellement la plus haute au monde. C'est aussi en Asie que les technologies progressent le plus rapidement dans les domaines de la robotique. Il s'agit d'aider les personnes âgées à pouvoir être autonomes grâce à des moyens technologiques qui n'existent pas encore.

Dans la Russie présoviétique est né un mouvement philosophique, d'inspiration partiellement chrétienne orthodoxe, le cosmisme. Un de ses plus célèbre propagateurs, Nikolaj Fedorov estimait que l'immortalité des êtres humains, d'un point de vue éthique mais même d'un point de vue scientifique (!) devait concerner non seulement les générations qui nous succéderont mais même devrait un jour permettre de faire revenir à la vie ceux déjà décédés.

C'est en Chine que les efforts les plus gigantesques ont été effectués il y a déjà des millénaires pour permettre une vie sans vieillissement. Il y a 2220 ans, Qin Shihuangd, le premier empereur mourait, probablement notamment suite à l'ingestion de mercure qui était censé lui permettre d'accéder à l'immortalité. Ce fut une tradition millénaire des alchimistes de l'empire du milieu de chercher le secret d'une vie sans limites. Et des recherches intenses se poursuivent également, notamment pas très loin en Corée afin de mieux comprendre et maîtriser les cellules-souches qui pourraient un jour diminuer considérablement les mécanismes du vieillissement.

Enfin, une des plus belles raisons d'agir pour une vie en bonne santé beaucoup plus longue a été décrite par le sénégalais Amadou Hampaté Bâ "Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle".

Mais le futur d'une vie avec un vieillissement négligeable est peut-être ailleurs. Peut-être dans la mer des Caraïbes d'où provient une étrange méduse qui se répand de par le monde. Turritopsis nutricula a un cycle de vie qui comprend une phase d'avancée en âge jusqu'à la maturité sexuelle et puis une phase de rajeunissement qui fait que cet étrange invertébré de petite taille semble ne jamais mourir de vieillesse. Peut-être, faut-il chercher dans les déserts de l'est africain où e rat-taupe-nu est un rongeur qui vit une trentaine d'années, bien plus longtemps que les rongeurs ordinaires ou encore près des côtes islandaises ou a été découvert un "quahog nordique", petit mollusque venu du froid et ayant atteint l'âge de 400 ans.

Encore que le futur d'une vie beaucoup plus longue en bonne santé se trouve le plus probablement dans ce qui n'est pas un lieu géographique mais virtuel, le lieu de la rencontre d'idées et de techniques venus de laboratoires d'origines multiples et qui n'existait pas pour la plupart d'entre nous il y a moins de 15 ans. C'est-à-dire une éternité en terme de progression technologique.



La bonne nouvelle du mois: Premiers poumons "régénérés" chez les rats.



Dans un laboratoire du Connecticut, dans l'Université de Yale, des scientifiques ont "décellularisé" des poumons de rats, c'est-à-dire qu'ils n'ont gardé des poumons que la structure. Ils ont ensuite "recellularisé" ces poumons avec des cellules souches et puis réalisé une greffe de ces organes sur d'autres rats. Les poumons ont permis aux animaux de respirer pendant quelques heures.

Cette expérience illustre la progression constante en matière de régénération cellulaire. Les greffes de poumons ont actuellement un taux d'échec très important. Il reste encore cependant bien des étapes avant une greffe similaire chez l'être humain notamment vu la différence de taille de l'organe respiratoire. Et plus de chemin encore pour d'autres organes.


jeudi 10 juin 2010

Lettre aux électeurs pour le 13 juin 2010

Dans quelques dizaines d'heures, vous pourrez voter pour les élections fédérales belges. L'enjeu, dès le 13 juin au soir, sera notamment de redéfinir comment tenter de vivre ensemble entre néerlandophones et francophones. A quelque niveau que ce soit, je pense que la vie en société se passe mieux lorsque nous arrivons à vivre avec plus de solidarité, plus d'attention pour le long terme et plus de respect mutuel.

J'ai choisi, il y a bien des années, de militer pour Ecolo et pour Groen!, les composantes belges du parti vert européen, parce que, à mon avis, les Verts sont le mouvement qui peut le mieux promouvoir l'intérêt de tous, aujourd'hui et demain, au Nord et au Sud, sans distinction de race, de naissance, de sexe ou d’origine. Vivre ensemble, c'est difficile, mais passionnant.

C'est pour ces raisons que, cette fois comme pour des élections précédentes, je vous propose de voter pour les partis les plus à gauche et les plus éthiques présents dans les parlements de notre petit pays fédéral. Je vous invite aussi, si vous avez un peu de temps, à consulter les programmes d'Ecolo http://web4.ecolo.be/?-Le-programme-complet- et de Groen! http://www.groen.be/ideen/programma_16.aspx.

Je connais de nombreux très bons candidats verts sur les listes partout en Belgique. Personnellement, habitant Bruxelles, je voterai à la Chambre notamment pour les candidats d'Ecolo Zoé Genot (2ème), Sarah Turine (22 ème) et Eric Remacle (11ème suppléant) et au Sénat je voterai pour Wouter Van Besien, président de Groen! et dernier candidat de cette liste.

Choisir, c'est renoncer. J'aurais pu aussi "panacher" dans l'autre sens en votant Groen! à la Chambre et Ecolo au Sénat. J'aurais alors voté, comme choix d'apaisement linguistique, pour une citoyenne francophone (et multilingue) de la périphérie, Fatima Boudjaoui 3ème candidate sur la liste Groen! à la Chambre et pour Zakia Khattabi, candidate multiculturelle et féministe, 12ème sur la liste Ecolo au Sénat.

Les verts au gouvernement sont loin d'être parfaits notamment malheureusement au niveau de la politique bruxelloise de logement social et de mobilité bruxelloise. Mais ils sont plus que jamais ancrés à gauche réinvestissant notamment plus que tous les autres partis parlementaires dans la réduction généralisée du temps de travail et dans une solidarité accrue de la part des revenus les plus élevés.

Je vous invite aussi dès le 14 juin à être exigeant vis-à-vis des partis et des élus. Et ceci en ne demandant pas seulement ce que les politiques peuvent faire pour vous mais aussi ce que vous pouvez faire pour que les élus participent à un monde plus solidaire.

Didier Coeurnelle
Citoyen du monde, (techno)progressiste et conseiller communal à Molenbeek.

Source de l'image: http://www.flickr.com/photos/kallisys/466922372/

dimanche 6 juin 2010

La mort de la mort. Numéro 15. Mai 2010.

La racine du mal causé par les êtres humains n'est pas la nature animale de l'homme, ou l'agression territoriale ou encore l'égoïsme. La racine du mal, c'est notre besoin d'acquérir l'estime de soi, de refuser notre mortalité et de réaliser une image de soi héroïque. Notre désir du meilleur est la cause du pire. Sam Keen, philosophe et psychologue américain (traduction).

-------------------------------------------------------------------------------------------

Thème du mois: La peur inconsciente et inextinguible de la mort. La gestion de la terreur.

-------------------------------------------------------------------------------------------

L'être humain est probablement le seul être vivant qui sait qu'il va mourir et certainement le seul à connaître l'inéluctabilité de sa fin. Cette réalité est tellement insoutenable qu'elle exige des réactions à plusieurs niveaux.

La première réponse est l'oubli: plus les personnes sont âgées, plus la mort s'approche. Et plus notre conscience réprime l'idée de la mort. Ainsi, si durant un test psychologique, l'expérimentateur projette des images qui évoquent des décès et d'autres images, les personnes les plus âgées se rappelleront moins les images évoquant la mort que les autres.

Mais certains psychologues affirment avoir découvert des mécanismes plus complexes et surprenants qu'ils nomment "terror management theory" (théorie de la gestion de la terreur). Inconsciemment nous ne pouvons accepter notre mort qu'en nous intégrant dans un ensemble plus large: notre groupe social, nos enfants, ceux qui pensent comme nous. Et, toujours inconsciemment, pour lutter contre la peur de notre décès, il faut que nous renforcions cette "appartenance" collective. Ces psychologues se sont livrés à de nombreuses expériences démontrant que plus nous sommes confrontés à des idées liées aux décès, plus nous nous rapprochons du groupe et nous rejetons les différences. Ainsi, dans un test curieux et amusant, des étudiants devaient préparer à manger pour des personnes ayant des idées politiques opposées à eux. Ils pouvaient épicer à souhait la nourriture. Les étudiants confrontés à l'idée de leur mort préparaient une nourriture beaucoup plus épicée (et donc désagréable) pour leurs adversaires.

La théorie du "terror management", comme la plupart des théories psychologiques, est contestée par certains. Mais ce qui est peu contesté, c'est que les personnes âgées sont généralement plus attachées à leurs enfants, à leurs proches ainsi qu'à leurs idées et aux traditions et évitent de penser à la mort "qui est tout au bout". Et il est certain aussi que de faire d'une vie finie quelque chose de positif rend la fin plus supportable voire souhaitable.

Beaucoup se disent donc que la mort fait partie de la nature que tout est né et meurt, que c'est souhaitable. Epicure disait il y a 22 siècles:
Ainsi le mal qui effraie le plus, la mort, n'est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n'est pas là et lorsque la mort est là nous n'existons pas.

Il y a aussi d'autres réponses possibles à l'angoisse de la mort.


Il y a d'abord le grou
pe restreint de ceux qui pensent et espèrent que le progrès technique permettra un jour d'échapper à la mort en tout cas pendant une période de plus en plus longue. Mais il s'agit d'un espoir, à moyen ou long terme et qui est encore ténu.

Il y a aussi et surtout, pour des milliards de citoyens, les convictions religieuses annonçant une survie après la disparition physique. Cependant, même chez ceux qui s'affirment les plus croyants, l'angoisse face à la mort diminue peu. La meilleure preuve en est que, lorsqu'une personne meurt, rares sont les survivants même très pieux qui ressentent une joie sincère. Une personne qui serait réellement convaincue que son enfant, son conjoint, sa mère, entre au paradis après de longues souffrances devrait être emplie de joie.

Mais, que nous le voulions ou non, sauf bouleversement économique ou politique, les progrès technologiques nous amèneront à réfléchir autrement. Nous ou les générations qui nous suivront. Il va de soi que les mécanismes psychologiques qui nous permettent de faire face à la mort depuis des millénaires ne changeront pas du jour au lendemain. Ceux qui roulent en voiture sur une route glissante serrent le volant plus fort que si la route est sèche sans que cela modifie la tenue de route de la voiture. Notre cerveau nous maintient éveillé trop tard le soir parce que la lumière artificielle surtout de forte intensité n'existe que depuis quelques générations. Nous trouvons la nourriture sucrée ou riche en calories, délicieuse et agréable, alors qu'elle est trop abondante et nuit à notre santé. Vivre dans un monde meilleur, c'est aussi vivre dans un monde changeant où les signaux que nous donne le "bon sens" sont parfois erronés. C'est parfois difficile à gérer mais c'est passionnant!

-------------------------------------------------------------------------------------------

Les bonnes nouvelles du mois: Le bébé qui ne voulait pas vieillir et la création d'une bactérie "artificielle"

-------------------------------------------------------------------------------------------

Brooke Greenberg a 17 ans mais elle a le corps (et l'esprit) d'un bébé de 15 mois. L'affection dont elle souffre est inconnue mais il est probable qu'elle est génétique et liée aux mécanismes du vieillissement. Des chercheurs américains examinent les causes génétiques possibles. L'objectif est de déterminer quels gènes sont responsables du retard du vieillissement.

Un succès possible dans ce domaine ne signifiera pas -bien sûr- une méthode pour ne plus vieillir mais pourrait permettre de comprendre les facteurs génétiques permettant une vie (beaucoup) plus longue.

Le célèbre et controversé biologiste Craig Venter et son équipe ont réussi à remplacer l'ADN d'une bactérie par de l'ADN d'origine totalement artificielle. La presse a parlé de "vie artificielle" alors qu'en fait il ne s'agit que d'un pas dans cette direction. En effet, seul l'ADN est artificiel pas le reste de la cellule et il s'agit principalement d'une simple copie de l'ADN naturel, pas d'une création d'un être vivant nouveau. Il n'empêche, ce pas scientifique est un des pas de géants qui permettent un peu plus chaque jour de comprendre et maîtriser "l'alphabet" du vivant qu'est l'ADN.
-------------------------------------------------------------------------------------------

Source de l'image: http://www.flickr.com/photos/peterjr1961/2495638395/