mercredi 9 janvier 2008

Pauvreté et richesse dans un monde de cocagne et d'inégalités.

Jamais, dans l'histoire de la Belgique, nous n'avons été aussi riches. Les citoyens ont bu plus de champagne en 2007 que jamais auparavant, ils partent plus en vacances et ils achètent plus de voitures. Et les évolutions probables pour 2008 vont dans le même sens.

Et cette évolution, contrairement ce qui est parfois affirmé touche aussi la majorité des pauvres en Belgique. Par exemple, alors qu'en 1991, une personne sur 9 n'avait pas de salle de bains, il y en avait moins d'une sur 20 en 2001. Egalement en 1991, 8 % des logements étaient encore sans toilette intérieure et 39 % sans chauffage central, 10 ans plus tard, il n'y avait plus que 4 % de logements sans toilette intérieure et 27 % sans chauffage intérieur.

Et le pourcentage de personnes défavorisées sans GSM, sans accès internet et même sans voiture diminue également rapidement.


Alors, qu'est-ce qui fait que beaucoup estiment qu'ils s'appauvrissent? C'est notamment causé par une augmentation de certaines insécurités (risque de perte du travail surtout), par l'augmentation de certaines inégalités (notamment vu la diminution de la part des revenus du travail dans les patrimoines), par la perte de repères suite aux bouleversements techniques (être dépassé dans un domaine donne une impression d'insécurité) et enfin par la distance qui se creuse pour ceux qui restent sur le côté ("qui n'avance pas, recule").


Mais c'est aussi causé par un environnement culturel et idéologique global dans lequel l'augmentation de consommation de plus en plus rapide est un droit inaliénable voire presque un devoir. Et un environnement où la non-consommation est souvent perçue comme stigmatisante, particulièrement dans les milieux culturellement défavorisés. Et pourtant, cette évolution est difficilement soutenable tant en termes économiques qu'écologiques.


Au niveau global également, nous sommes de plus en plus riches. Depuis quelques années, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il y a plus de gens trop gros que de gens trop maigres. Et il y a un petit peu moins d'extrême pauvreté en pourcentage et même en chiffres absolus. Mais c'est une évolution en bas de l'échelle beaucoup moins rapide que dans les Etats du Nord. Et partant de plus bas. Et les laissés pour compte absolus, dont l'espérance de vie n'atteint généralement pas 50 ans sont encore plus de 800 millions. Et de plus, dans de nombreux pays, principalement africains, l'évolution est à l'aggravation.


Et, quelle que soient les difficultés psychologiques, sociologiques ou matérielles au Nord, aussi longtemps que des être humains mourront de faim ou de maladies aisément guérissables pour des raisons purement économiques, être de gauche, n'est-ce pas d'abord lutter pour que cette situation là cesse?


Il vous appartient de décider si ce combat est prioritaire.


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Pour plus d'information, voir notamment:

Un document plus long intitulé "Richesse, pauvretés et leurs mesures: http://www.utopianchronicles.org/richesse-pauvrete.htm
Les statistiques de Statbel (ex INS) concernant le logement:
http://statbel.fgov.be/press/pr071_fr.asp#4
Une comparaison de niveau de vie entre 1973 et 2007:
http://www.utopianchronicles.org/schema1.htm
La définition du seuil de pauvreté:
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Seuil_de_pauvret%C3%A9&oldid=23507178

mardi 1 janvier 2008

3.500 logements sociaux bruxellois en 1.750 jours: lettre bimestrielle (numéro 17). Nouvel An 2008.

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2004 prévoyaient la création de 3.500 logements sociaux durant cette législature (et 1.500 logements moyens). Il s'agissait là de la mesure sociale la plus ambitieuse du gouvernement "Olivier" bruxellois.

Il s'agissait aussi d'une mesure que des dizaines de milliers de personnes attendaient (et attendent toujours) avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement n'est pas un problème mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis. Dans cette ville, des milliers de logements neufs devraient stabiliser des loyers qui grimpent.

Voici pourquoi, cette lettre vous informe tous les 2 mois de l'avancement de ce dossier prioritaire. Malheureusement, le mot "avancement" est à prendre avec philosophie (facile à écrire si vous attendez votre logement social depuis plus de 35 mois).

Au rythme actuel de construction, à supposer que 200 logements soient achevés dans les 6 prochains mois (ce qui est une hypothèse optimiste), il faudra 2 siècles pour achever le plan prévu pour se réaliser en 5 ans.

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Etat d'avancement de la construction des 5.000 logements (connu au 1er janvier 2008) :

- 0 : Nombre de logements réellement construits (0 % de l'objectif de départ)
- 314 : Nombre de logements en construction (6 % de l'objectif de départ)


- 3.600 : Nombre approximatif de logements qui devraient être actuellement construits (au prorata) (*)
- 10.000 : Nombre approximatif de personnes qui seraient actuellement logées dans des logements sociaux et moyens si les accords gouvernementaux bruxellois de 2004 étaient appliqués (au prorata)(*)


- Temps écoulé : 42 mois depuis les accords politiques (43 mois depuis le début de la législature) - Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 17 mois (15 mois avant le début de la campagne électorale)

(*) Pour les logements sociaux uniquement (sans logements moyens), il s'agit de 2.400 logements et 6.800 personnes.

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Remarques complémentaires :

- Plus de 6 mois après la pose de la première pierre (le 25 juin 2007), les logements du Scheutbos, n'ont toujours pas dépassé les premiers murs du rez-de-chaussée. Sauf erreur, les autres logements "en construction" ne sont guère plus avancés.

- Par "logement social" ci-dessus, il faut entendre "nouveau logement social en région bruxelloise tel que prévu dans les accords bruxellois" (portail.irisnet.be/cmsmedia/fr/2004_acgouv.pdf?uri=43742a96072f96dd010732949354014a <http://portail.irisnet.be/cmsmedia/fr/2004_acgouv.pdf?uri=43742a96072f96dd010732949354014a>). 1.500 logements pour les revenus moyens sont également prévus.

- Lors des premiers mois de la législature, il n'était techniquement pas possible d'achever les premières constructions (même si les premières annonces publiques des 5.000 logements étaient en fait bien antérieures aux accords régionaux). Logiquement, il devrait donc y avoir actuellement peu de constructions achevées (moins qu'au prorata) mais beaucoup de constructions débutées (plus qu'au prorata).

- Le 21 octobre 2004, le Soir titrait "600 logements concrétisés dès 2005". Le 16 février 2007, madame Dupuis annonce fièrement dans sa lettre d'information datée du 16 février 2007 : "Les 400 premiers logements sortiront bientôt de terre" (Lettre d'information du 16 février 2007). Le 14 novembre 2007, dans sa lettre d'information, elle ajoute "plus de 4100 logements au travers d'une trentaine de projets (...) sont en gestation".

- Depuis le mois de décembre, un site http://www.planlogement.be/ a été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme. Vous n'y trouverez (bien sûr) pas les chiffres récapitulatifs produits dans la présente lettre.

lundi 17 décembre 2007

Ecolo (encore plus) ancré à gauche


Le conseil de fédération d'Ecolo (le "parlement" interne du mouvement) a approuvé vendredi soir 14 décembre le texte "Dynamiques pour une nouvelle étape".C'est une excellente nouvelle. En effet, ce texte, adopté à la quasi-unanimité, mentionne explicitement qu'Ecolo est ancré dans ses valeurs de gauche. Ce que certains ne souhaitent pas toujours mettre en avant et ce que certains, notamment au PS ou à l'extrême gauche, feignent souvent d'ignorer.

Le texte d'origine présenté par les coprésidents ne contenait aucune mention du positionnement à gauche et, sans la proposition de délégués et de membres attentifs et insistants, le texte serait resté sans cette mention. Ceci dénote une timidité de certains membres éminents d'Ecolo, timidité qui s'explique à son tour par le fait que certains d’autres horizons politiques en Belgique ou ailleurs, font beaucoup pour donner de la gauche une image de rose vraiment très fanée.

Mais l'option est claire: de gauche, égalitaire à tous les niveaux et en commençant par les plus démunis, ici et ailleurs.

Ailleurs où notamment 800 millions de personnes finiront la journée de demain avec moins d'un dollar. Ou ne la finiront pas.

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Extrait du texte adopté

(...)

Dynamique 1 - "Des solutions pour chacun"

Objectif
Approfondir, compléter et, le cas échéant, moderniser notre message et nos propositions programmatiques, en résonance avec la société

Ce projet vise à produire des propositions fortes et novatrices qui permettent concrètement et dès aujourd’hui d’accélérer la transition écologique au sens d’une société plus égalitaire à tous les niveaux : entre individus, entre pays, entre générations. Il s’agit de mettre en place une dynamique réflexive et créative qui élargit et actualise la production du parti, afin d’assurer une amélioration de la qualité de vie de chacun et du bien être de tous, en commençant par ceux qui en sont le plus démunis, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain, et d’amener notre société à réduire radicalement son empreinte écologique.

Pour y arriver, ECOLO mettra en œuvre un processus d’ouverture vers la société civile - tant les citoyens que les organisations, associations et collectifs qui les rassemblent et les représentent - et de soutien à toutes les initiatives citoyennes qui en découleront. En ce sens, ancré dans ses valeurs de gauche et ouvert à ce que peut amener la société civile, il concrétisera son rôle d’agitation des idées de la société, approfondira son dialogue avec les organisations susceptibles d’accompagner et d’amplifier cette transition (syndicats, patronats, associations, collectifs) et soutiendra l’engagement des citoyens et des décideurs en ce sens.

(...)

dimanche 9 décembre 2007

L'effet Veblen et la dure vie des citoyens trop riches

Cela fait quelques millénaires que cela dure. Etre riche, cela n'est pas si facile.

Il y a très longtemps que les riches se parent de bijoux trop lourds, habitent des maisons trop grandes et mangent trop notamment parce que ce sont des symboles de richesse. Par exemple, le seigneur du moyen-âge habitait souvent un grand château glacé en hiver alors qu'une petite chaumière surchauffée eut été tellement plus agréable.

Il y a plus d’un siècle, l'économiste Thorstein Veblen (1857 – 1929) donnait à ce besoin de montrer sa richesse y inclus parfois aux dépens du confort le nom de "consommation ostentatoire". Par exemple, dans sa "Théorie de la classe de loisir", il montrait comment le lustre de l'étoffe, était prisé dans les chapeaux car servant à montrer qu'on les change souvent, et considéré défavorablement pour les pantalons parce qu'il montre qu'au contraire on ne les a pas changés depuis longtemps.

Aujourd'hui, des centaines de milliers d'habitants des grandes villes s'achètent des grandes et grosses voitures alors qu'un véhicule plus petit ou l'utilisation des transports en commun serait plus simple. Dans le même registre de taille mais inversé, le cadre supérieur voudra le GSM le plus petit possible là où un appareil plus grand serait plus simple. Et, enfin, du point de vue disponibilité, il insistera pour être disponible 24 heures sur 24 (plus disponible encore que le travailleur surmené du night shop voisin mais ne lui dites pas). Alors qu'il y a quelques décennies, il aurait mis tout en oeuvre pour être le plus inaccessible possible.

Pour quelques dizaines de millions de personnes (dont plusieurs centaines de milliers de belges), la vie est devenue encore plus complexe qu’auparavant. Du fait de l’augmentation du niveau de vie, les super riches ont à peu près tout ce qui est nécessaire ou même simplement agréable du point de vue matériel en ce début de 21ème siècle : maisons, voitures, voyages, nourriture, gadgets,…

Mais curieusement, souvent, ceci crée des difficultés psychologiques regroupées sous le nom "Wealth Fatigue Syndrome". En quelques mots, le super riche (qui est le plus souvent enfant de parents super riches) n'a plus grand chose à désirer, n'a plus guère d'objectifs dans la vie, doit se méfier de tous ceux qui ne sont pas super riches et ne se différencie plus que par le superflu.

Rien à voir, en ampleur, avec les difficultés des plus pauvres mais il n’empêche, ce ne sont pas des difficultés négligeables. Pour soigner les riches, plusieurs solutions originales sont envisageables notamment:

  • Limiter les patrimoines à un revenu maximum d'intégration (RMI !). Ainsi, la concurrence des richesses connaitrait un plafond qui pourrait être rassurant en assurant une égalité au sommet de l’échelle;
  • Faciliter le réinvestissement du patrimoine et de l’énergie dans des objectifs sociaux. collectifs.Ainsi, la reconnaissance sociale vis-à-vis des riches s’élèverait.

Evidemment de telles solutions ne feront pas l'objet d'un consensus rapide chez les super riches. Mais il est à noter que pas mal de milliardaires s'appliquent les solutions à eux-mêmes avec un certain succès. Ce serait intéressant si un "effet Veblen" pouvait se marquer pour une redistribution large des richesses. Et ce n’est pas une idée farfelue. Après tout, le don est une des sortes les plus connues de consommation ostentatoire (par exemple le "Potlatch").

Les problèmes des super riches d'aujourd'hui sont probablement les problèmes de demain des autres citoyens. Le belge moyen a déjà un niveau de vie infiniment supérieur à un seigneur du moyen-âge. La Bible citait les rivières où coulaient le blé et le miel. A ce niveau, un supermarché contemporain est un paradis. En 2007, nous sommes plus de 2 milliards d’habitants de la planète à tellement manger trop que nous souffrons de surpoids contre seulement 800 millions qui ne mangent pas assez.

Aujourd'hui, nous pourrions, moyennant des efforts réduits et en augmentant même notre confort psychologique, utiliser tout ou partie de notre énergie non à consommer ou gagner plus mais à augmenter le bien-être de ceux qui ont été les plus exploités jusqu’ici.

Mais que ferons-nous le jour où nous serons tous immensément riches?

J’espère vivre assez longtemps pour voir cette question ne plus être seulement théorique.

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Plus d'information à propos de:

mercredi 21 novembre 2007

Un petit pas vers l'éternelle jeunesse: les cellules adultes retombent déjà en enfance

L'être humain, comme tout vertébré, est composé d'une multitude de cellules. Chez un être humain adulte, les cellules sont spécialisées et, au bout d'un temps, elles s'usent, se divisent moins bien, s'abiment, bref elles vieillissent (ou se transforment en cellules cancéreuses).

Ce vieillissement des cellules est une des causes fondamentales du vieillissement humain et le remplacement de certaines cellules pourrait donc être un des moyens de base pour lutter contre le vieillissement.

Une cellule (ou un groupe de cellules) peut être remplacée mais, en principe, une cellule adulte d'un type ne peut être remplacée que par une cellule du même type. Par exemple, des cellules rénales ne peuvent remplacer ou compléter que des cellules d'un rein et des cellules cutanées ne peuvent remplacer ou compléter que de la peau. Pour la peau, les cellules le font d'ailleurs généralement très bien et presque sous vos yeux chaque fois que vous avez une petite blessure.

Jusqu'ici, les seules cellules qui pouvaient remplacer toutes leurs congénères étaient les cellules d'embryons qui sont appelées "cellules souche". Ces cellules sont dites omnipotentes parce qu'elles savent potentiellement faire tout ce que sait faire une cellule d'un être adulte. Il est donc théoriquement possible de transformer une cellule d'embryon (ou ses descendants) en n'importe quelle cellule adulte.

L'utilisation de cellules embryonnaires à des fins de recherche thérapeutique notamment pour lutter contre le vieillissement pose cependant des problèmes éthiques. En effet, il est nécessaire de créer et ensuite de détruire des embryons pour disposer de ces cellules. Cela pose aussi des problèmes techniques et financiers. Et enfin, cela suscite des difficultés médicales puisque les cellules embryonnaires à introduire sont des cellules extérieures et qu'il peut donc y avoir des problèmes liés au rejet de corps étrangers.

Mais voici, que pour la première fois, des chercheurs japonais (Kazutoshi Takahashi et Shinya Yamanake) ont réussi, par manipulation génétique, à transformer des cellules d'un homme (en fait des cellules de la peau d'une femme de 36 ans) en cellules souche. Et à transformer ensuite les cellules souche en d'autres cellules (cellules nerveuses et cellules musculaires).

Certes les cellules nouvelles ainsi réalisées n'ont pas encore un patrimoine génétique parfait car la manipulation génétique comprend aussi l'introduction de gènes viraux qui présentent des risques. Mais le temps n'est quand même peut-être pas loin où des cellules et des tissus défectueux d'un être humain pourront être remplacés par des cellules neuves issues de la même personne. Et une des preuves de l'accélération dans ce domaine est qu'une équipe américaine est arrivée à des résultats proches en transformant des cellules cutanées d'un bébé en cellules souche. Et ceci alors que le travail de même type sur les cellules de souris ne date que d'il y a un an.

Un jour, peut-être, cela sera un des éléments qui nous permettrons de ne plus mourir de vieillesse. Ce qui nous apparait encore incroyable.
Presque aussi incroyable qu'aurait été pour Jules Verne, pour Marie Curie, et même probablement pour Einstein il y a à peine 50 ans, le fait de marcher sur la lune ou d'avoir accès partout et tout le temps à des milliards de documents transportés par les ondes.

Mais ces changements auront d'autant plus d'espoir de se faire si la recherche dans le domaine de la prolongation de la vie mobilise. Ne fut-ce par exemple que si nous consacrons à vivre mieux et plus longtemps une partie des moyens aujourd'hui utilisés par la recherche militaire pour mieux détruire la vie humaine ou par les publicitaires pour que nous consommions ce qui est souhaité par eux.

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Pour en savoir plus concernant:

* Les cellules souche: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Cellule_souche&oldid=23255562
* La découverte des scientifiques japonais (texte en néerlandais): http://noorderlicht.vpro.nl/artikelen/37809962/
* L'organisation SENS (Stratégies pour Endiguer les effets Néfastes de la Sénescence): http://www.sens.org/files/sens/index-fr.htm

Source de l'illustration (des cellules souche de souris): http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Mouse_embryonic_stem_cells.jpg

dimanche 18 novembre 2007

3.500 logements sociaux bruxellois en 1.750 jours: lettre bimestrielle (numéro 16). Novembre 2007.


Au 16 novembre 2007, alors que nous atteignons les 2/3 de la législature, le gouvernement bruxellois a enfin fait poser les premières pierres des premiers logements. Mais pour à peine 200 logements. Et pendant ce temps-là, la secrétaire d'Etat "responsable" du dossier, plutôt que de présenter ses excuses, continue à manier l'humour ou le cynisme en affirmant que "D'autres (logements) suivront dans les prochains mois pour atteindre l'objectif des 5.000 logements programmés dans le cadre du Plan Régional du Logement".


Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2004 prévoyaient la création de 3.500 logements sociaux durant cette législature (et 1.500 logements moyens). Il s'agissait là de la mesure sociale la plus ambitieuse du gouvernement "Olivier" bruxellois.

Il s'agissait aussi d'une mesure que des dizaines de milliers de personnes attendaient (et attendent toujours) avec impatience dans une ville où il peut faire bon vivre lorsque le logement n'est pas un problème mais où ledit logement engouffre la majorité du budget des plus démunis. Dans cette ville, des milliers de logements neufs devraient stabiliser des loyers qui grimpent.

Voici pourquoi, cette lettre vous informe tous les 2 mois de l'avancement de ce dossier prioritaire. Malheureusement, le mot "avancement" est à prendre avec philosophie. A ce jour, le plan logement est à 96 % un échec.

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Etat d'avancement de la construction des 5.000 logements (connu au 16 novembre 2007) :

- 0 : Nombre de logements réellement construits (0 % de l'objectif de départ)
- 211 : Nombre de logements en construction (4 % de l'objectif de départ)


- 3.400
: Nombre approximatif de logements qui devraient être actuellement construits (au prorata) (*)
- 10.000 : Nombre approximatif de personnes qui seraient actuellement logées dans des logements sociaux et moyens si les accords gouvernementaux bruxellois de 2004 étaient appliqués (au prorata)( *)

- Temps écoulé : 40 mois depuis les accords politiques (41 mois depuis le début de la législature) - Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 19 mois (17 mois avant le début de la campagne électorale)

(*) Pour les logements sociaux uniquement (sans logements moyens), il s'agit de 2.300 logements et 6.700 personnes.

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Remarques complémentaires:

- Par "logement social" ci-dessus, il faut entendre "nouveau logement social en région bruxelloise tel que prévu dans les accords bruxellois" (
portail.irisnet.be/cmsmedia/fr/2004_acgouv.pdf?uri=43742a96072f96dd010732949354014a). 1.500 logements pour les revenus moyens sont également prévus.

- Lors des premiers mois de la législature, il n'était techniquement pas possible d'achever les premières constructions (même si les premières annonces publiques des 5.000 logements étaient en fait bien antérieures aux accords régionaux). Logiquement, il devrait donc y avoir en fait actuellement peu de constructions achevées (moins qu'au prorata) mais beaucoup de constructions débutées (plus qu'au prorata).

- Le 21 octobre 2004, le Soir titrait "600 logements concrétisés dès 2005". Le 16 février 2007, madame Dupuis annonce fièrement dans sa lettre d'information datée du 16 février 2007 : "Les 400 premiers logements sortiront bientôt de terre" (Lettre d'information du 16 février 2007). Le 20 juin 2007, madame Dupuis annonce avec conviction : "Je continue sans relâche ma recherche d'opportunités pour lancer de nouveaux projets et atteindre l'objectif fixé pour la fin de la législature". Le 14 novembre 2007, dans sa lettre d'information, elle ajoute "plus de 4100 logements au travers d'une trentaine de projets (...) sont en gestation.
"

dimanche 11 novembre 2007

Scission de l'arrondissement électoral de Brussel Halle Vilvoorde. Incohérences et intolérances des francophones de Belgique.

Cela fait des mois, des années et même des décennies que les partis et la majorité des citoyens francophones de Belgique expriment jusqu'à la nausée le souhait affiché de ne pas se focaliser sur des questions linguistiques et de s'intéresser aux "vrais problèmes".

Et c'est vrai que dans un monde en rapide changement et progrès technique mais où des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition, où la paix n'est pas garantie et où l'équilibre environnemental global est gravement menacé, ces questions peuvent sembler ridicules.

Mais voici qu'une commission parlementaire se prononce sur une question exclusivement linguistique, purement symbolique et mettant en mouvement une longue procédure avant toute entrée en vigueur. Un vote donc sans aucune conséquence sociale ou économique directe.

Et voici que les francophones unanimes parlent de scandale, de honte, d'agression politique, de fin d'une époque, d'intolérance à propos du vote d'une simple modification de circonscription électorale. Ils oublient par exemple qu'un parlementaire francophone siège au parlement flamand depuis moultes années alors qu'un parlementaire flamand fut autrefois exclu du parlement wallon. Ils oublient que les communes à facilités où aucune école de l'autre langue n'a jamais pu être ouverte sont en Wallonie. Ils oublient que le seul parlementaire ayant pu exprimer une nuance est une parlementaire verte flamande alors que les parlementaires verts francophones n'ont –malheureusement - pas eu ce courage au parlement de la communauté française (pour le vote d'une motion relative à cette scission).

Et enfin ils oublient que, même si un consensus ou une majorité dans les deux groupes linguistiques est souhaitable, il n'en reste pas moins que la procédure qui se déroule est parfaitement respectueuse des règles du jeu démocratique. Ceci à l'exception peut-être du refus des partis francophones de participer au vote, poussant le paradoxe et la mauvaise volonté jusqu'au refus de voter à propos d'amendements qu'ils avaient eux mêmes proposés.

La démocratie, que ce soit au niveau communal, régional, fédéral, international ou mondial, suppose le respect des minorités qu'elles soient linguistiques, religieuses, éthiques, politiques ou autres. Mais elle suppose aussi de la part des minorités le respect des majorités et donc le respect des lieux et des formes de dialogue et de décision.

Ceci fut peu le cas du côté francophone au cours des derniers jours, refusant les règles du jeu qu'ils avaient acceptées lorsqu'elles les arrangeaient.

Les aspects d'intolérance de la part de néerlandophones ont été volontairement écartés de ce texte.

Didier Coeurnelle, Bruxelles, membre du Parti vert européen

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Pour plus d'informations à propos de:

- La proposition de loi du 12 juillet 2007 modifiant les lois électorales, en vue de scinder la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde: http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/52/0037/52K0037001.pdf (en néerlandais et en français)
- La problématique de la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde: voir les pages http://nl.wikipedia.org/w/index.php?title=Brussel-Halle-Vilvoorde&oldid=10105061 (en néerlandais) et http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Bruxelles-Hal-Vilvorde&oldid=22720814 (en français)
- Le parlementaire de l'Union des francophones qui siège depuis 1995 au Parlement flamand, Christian Van Eyken: voir sa page parlementaire: http://www.vlaamsparlement.be/Proteus5/showBioLex.action?id=1897 (en néerlandais) et sa page de présentation sur le site du FDF http://www.fdf.be/spip.php?article103 (en français).
- Le parlementaire de la Volksunie, élu en 1986 par apparentement dans l'arrondissement de Nivelle, qui fut exclu de force du Parlement wallon, Toon Van Overstraten: voir la page http://nl.wikipedia.org/w/index.php?title=Toon_Van_Overstraeten&oldid=8435819 (en néerlandais) (aucune source n'a été trouvée à ce sujet en français)
- L'enseignement dans les communes belges dites à facilités: http://nl.wikipedia.org/w/index.php?title=Faciliteitengemeente&oldid=9940617 (en néerlandais, voir la partie "Faciliteiten in de praktijk") et http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Facilit%C3%A9s_linguistiques&oldid=22347163 (en français, voir la partie "En pratique")

Et

- A propos du concept de démocratie au niveau mondial, voir notamment les pages http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Democratic_mundialization&oldid=170128162 (en anglais) et http://universal-democracy.org (principalement en anglais)

Source de l'illustration: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/20/Kaart_Halle-Vilvoorde.gif