samedi 14 mai 2011

La mort de la mort. Numéro 25. Avril 2011.

Lorsque la sécurité sociale rencontre l'immortalité (...) On pourrait sourire devant l'exubérance d'Aubrey de Grey, mais la prolongation de la vie n'est pas un sujet de plaisanterie. Nous devrions réfléchir à ce sujet et entamer une réelle planification. Des percées dans la génétique du vieillissement vont se produire. Et quand elles le feront, elles bouleverseront tout dans la façon dont nous vivons, travaillons, aimons et jouons sur cette planète. (Bernard Starr, professeur à l'université de New-York, traduction).



Longévité humaine: évolutions médiatiques et sociales récentes

Durant les premiers mois de cette année 2011, les discussions à propos d'une vie beaucoup plus longue se sont multipliées.

Le développement le plus spectaculaire est la couverture du Time, le périodique international le plus lu de la planète. Le titre principal du numéro du 10 février était "2045. The year Man Becomes Immortal".

Ces articles qui font date donnent notamment la parole à deux acteurs majeurs de la lutte contre le vieillissement: Aubrey de Grey et Ray Kurzweil.

Aubrey de Grey est un biogérontologue britannique qui donne la priorité à des recherches médicales nouvelles pour parvenir à un vieillissement négligeable. Il a également initié le "Pix de la Souris Mathusalem", prix de plusieurs millions de dollars qui récompensera le chercheur qui parviendra à faire vivre une souris plus longtemps que la plus grande longévité actuelle.

Ray Kurzweil, informaticien et inventeur surdoué, est entre autres le promoteur infatigable de prévisions scientifiques annonçant des progressions technologiques de plus en plus rapides. Cette accélération est illustrée par les "lois de Moore", lesquelles décrivent depuis plusieurs décennies une progression exponentielle de la puissance, capacité et rapidité en informatique.

Ces deux personnalités ont en commun le souhait de permettre une vie beaucoup plus longue en bonne santé non seulement pour les futures générations, mais également, le cas échéant pour nous-mêmes, en tout cas si nous parvenons à "tenir" jusqu'aux années 30 ou 40 de ce siècle.

Dans le monde francophone, deux livres importants sont parus.

La mort de la mort. Comment la technomédecine va bouleverser l'humanité. Cet ouvrage de 400 pages est écrit par Laurent Alexandre, fondateur du site médical le plus connu du monde francophone Doctissimo. Monsieur Alexandre est aujourd'hui président d'une société belge de biotechnologie.

Le professeur, pionner de l'internet médical, explique de manière détaillée et attrayante, combien, selon lui, les affrontements politiques du futur proche opposeront transhumanistes et bioluddites. Les premiers, qui seront les plus nombreux, se montreront favorables à l'amélioration des hommes et des femmes et partisans entre autres d'une vie en bonne santé beaucoup plus longue. Les seconds tenteront sans succès de garder le monde des êtres humains comme il était, mais ils seront vaincus. En effet, dans un monde où la maladie d'Alzheimer risque de toucher et dégrader des millions de personnes âgées parfois sur plusieurs générations, les citoyens de gauche comme de droite se mobiliseront pour que le droit des citoyens âgés à une vie digne prime des conceptions réactionnaires issus de certains groupes religieux ou politiques refusant le progrès technique.

Se définissant lui-même comme non transhumaniste, Laurent Alexandre, qui vient également d'achever un autre ouvrage sur le thème des progressions technologiques (Google Démocratie) ,multiplie actuellement les contacts presse et sera notamment présent à une conférence à Paris à la Sorbonne le 16 juin.

L'autre ouvrage intitulé Au-delà de nos limites biologiques n'est pas encore disponible dans les librairies, mais a déjà fait l'objet d'une assez forte promotion dans les médias. La présentation de la publication sur le site Amazon.fr mentionne: (Une) équipe de chercheurs est en train de toucher au but. Elle est dirigée par le professeur Miroslav Radman, l'un des plus grands généticiens de la planète (...). Ce livre annonce cette découverte phénoménale et encore secrète. Il en raconte de façon passionnante la genèse.

Le ton de l'ouvrage (ou en tout cas sa présentation) est très probablement trop optimiste. L'expérimentation génétique permet de doubler la durée de vie de certains invertébrés presque microscopiques comme les nématodes. Mais les maladies liées au vieillissement humain sont trop complexes et les causes de décès des personnes âgées sont trop multiples pour espérer (ou redouter?!) un doublement de la durée de vie par une percée médicale réalisée en quelques années. Et c'est spécialement improbable en tant que progressions venue d'un groupe réduit de médecins travaillant en secret.

Il n'en reste pas moins que le professeur Radman est effectivement un biologiste connu et reconnu et que ses recherches constituent certainement un jalon parmi les avancées nombreuses et de plus en plus rapides dans la compréhension et la maîtrise des mécanismes du vieillissement.


La bonne nouvelle du mois


Dans un texte optimiste, mais modéré, le parti vert européen s'est prononcé le 3 avril en faveur de progrès notamment technologiques permettant une vie plus longue et en meilleure santé . Le texte incite notamment à être prudents par rapport aux thérapies géniques, mais aussi à prendre en compte que ces thérapies peuvent assurer une vie meilleure à des millions de personnes souffrant d'affections débilitantes telles la maladie d'Alzheimer.



- Pour en savoir plus de manière générale: http://heales.org/, http://sens.org/, http://imminst.org/ et http://immortalite.org/
- Pour lire l'article When social security meets immortality: http://www.huffingtonpost.com/bernard-starr/when-social-security-meet_b_850140.html
- Pour acquérir l'ouvrage "La mort de la mort": http://www.bibliosurf.com/La-mort-de-la-mort
- Pour commander l'ouvrage "Au-delà de nos limites biologiques: http://www.amazon.fr/Doubler-sa-vie-Miroslav-Radman/dp/2259211070/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1303464020&sr=8-1
- Pour lire la résolution du Parti vert européen: http://europeangreens.eu/fileadmin/logos/pdf/policy_documents/resolutions/Budapest/3._The_elderly_in_Europe_01.pdf
- Pour réagir ou recevoir la lettre d'information: info@heales.org

dimanche 1 mai 2011

Plaidoyer progressiste et technoprogressiste notamment pour une vie beaucoup plus longue pour tous (1er mai 2011)

Cette mort que la Nature nous a imposée, nous allons continuer à chercher à la combattre par les NBIC (*) et, probablement, avec plus de succès que jamais. Laurent Alexandre. La mort de la mort. Avril 2011.

Depuis mai 2010, l'espérance de vie en bonne santé a augmenté d'environ un trimestre dans la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vivorde et de près d'un semestre au Bangladesh. Des millions de citoyens néerlandophones, francophones et du reste du monde qui seraient morts au cours des douze derniers mois sans progrès de santé et croissance économique coulent aujourd'hui des jours relativement paisibles.

Jusqu'à la première moitié du siècle passé au moins, le désir de progrès technique et le désir d'égalité sociale étaient liés. La gauche rêvait de lendemains qui chantaient. Ces lendemains étaient faits de plus d'égalité, de plus de biens et d'un monde plus facile à vivre matériellement et technologiquement.

Aujourd'hui, les progressistes ne rêvent plus guère de progrès technique. Ce n'est pas parce que les progrès, avant de bénéficier à tous, profitent d'abord aux riches et créent parfois du chômage pour les travailleurs pauvres, car cela a été le cas depuis des siècles. C'est probablement plus dû au traumatisme de l'échec de l'Union soviétique qui se réclamait presque indissociablement du communisme et du progrès technique. Et plus récemment, le développement des pollutions a mené beaucoup de progressistes à vouloir "renverser la vapeur" là où il fallait plutôt la purifier et donc orienter autrement.

Aujourd'hui, en termes d'abondance, les lendemains ont chanté largement. Contrairement à ce que beaucoup affirment, l'accélération est non pas moindre, mais plus extraordinaire encore dans les pays du Sud. La mortalité infantile qui était une source majeure de décès poursuit sa diminution et ceci même dans la majorité des Etats africains, malgré les ravages de la malnutrition et de l'épidémie de Sida.

Dans ce cadre de progrès humains globaux sans équivalent dans l'histoire de l'humanité, le téléphone mobile est le premier objet courant jamais passé du statut de bien de luxe à celui d'outil accessible à la majorité des citoyens du monde en moins d'une génération. Avant la fin de cette décennie, la majorité des citoyens du monde devrait avoir accès à des mobiles connectés à internet. Une part énorme des connaissances collectives universelles sera accessible à presque tous presque sans coût et sans discrimination. Et ainsi, même les citoyens pauvres du Sud auront accès à plus de connaissance que ce qui était accessible aux plus riches habitants des pays du Nord il y a moins d'un siècle.

Dans les développements à court et moyen terme, les progressistes gagneraient à être technoprogressistes. Ils pourraient exiger que chaque citoyen ait droit à un téléphone mobile (avec des rayonnements faibles, mais avec des accès forts à des services collectifs) plutôt que de se concentrer sur les dangers de ces appareils. Ils gagneraient à proposer que Google, Wikipédia fonctionnent comme des services publics de plus en plus développés plutôt que d'intervenir presque exclusivement par rapport aux dangers.

Une gauche proactive pourrait exiger des investissements publics importants pour permettre à tous de vieillir beaucoup moins dans quelques décennies. Aujourd'hui les différences entre espérances de vie au Sud et au Nord s'amenuisent. Mais si les recherches pour une meilleure santé et une vie plus longue sont envisagés avec méfiance, les progrès seront réservés aux plus aisés, seuls capables de s'offrir les soins.

Une gauche favorable aux progrès pourrait plus globalement réclamer des investissements technologiques collectifs plus importants dans les domaines médicaux, de diffusion des connaissances et de gestion des énergies. Dans ce dernier domaine heureusement, les écologistes et la gauche semblent devenir ou redevenir technoprogressistes, mais en axant l'essentiel de leur énergie sur la problématique du réchauffement climatique. Ceci alors que la question environnementale principale, proche, mais pas identique, est celle de la mise à disposition suffisante et rapide d'énergies abondantes, non polluantes et renouvelables.

Ces avancées fantastiques ne résolvent pas (encore?) tous les problèmes de bien-être. Ceci s'explique notamment parce que l'abondance est un instrument insuffisant pour permettre le bonheur de tous. De plus, au-delà d'un certain niveau de confort matériel, la perception du bien-être se fait presque exclusivement par comparaison avec le niveau matériel des autres, lequel niveau progresse aussi. Il reste donc à la gauche (et pas qu'à elle) à découvrir comment augmenter le bonheur dans une économie d'abondance où le lait et le miel, symboles d'abondance et de bonheur, coulent tellement pour tous que cela ne nous satisfait plus.

Pourquoi encore la gauche doit-elle être technoprogressiste? Pour développer l'égalité du futur. Mais aussi parce que les progressions technologiques rapides comprennent des risques immenses non seulement dans les développements en cours souvent abordés (pollutions, effets de serre, risques pour la vie privée, fracture numérique,...) mais également dans les développements à moyen terme. Ce sont des risques existentiels liés à la maîtrise de plus en plus absolue de la structure du vivant, de la matière et peut-être à terme au développement de l'intelligence artificielle. Et le principe de précaution dans une société évoluant, ce n'est pas toujours arrêter les modifications technologiques, cela peut-être au contraire les accélérer pour sauver des vies et diminuer des risques.

Pour que le progrès technique ait le plus de chance d'être aussi un progrès tout court, pour que les lendemains extraordinaires soient aussi des lendemains qui chantent, un des éléments favorables est une gauche proactive, capable de faire primer paix, égalité, justice et souci du bien commun sur les intérêts financiers et matériels à court terme.

Il faut penser globalement pour agir localement. Il faut aussi penser à long terme pour agir à court terme. La question n'est plus de savoir si les progressions technologiques vont permettre une vie beaucoup plus longue en bonne santé, mais de réfléchir collectivement aux conséquences, de permettre à tous ceux qui le souhaitent de vivre plus longtemps et de maitriser les risques. La science-fiction d'aujourd'hui, rêve ou cauchemar, voire plus probablement rêve et cauchemar, ne sera pas seulement la réalité de nos enfants, ce sera aussi la nôtre.


jeudi 14 avril 2011

25.000 logements publics bruxellois en 3.600 jours (Lettre bimestrielle, numéro 10). Mars 2011.

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2009 sont ambitieux. Ils prévoient, en une période de 10 années, une augmentation radicale du nombre de logements publics par une norme à atteindre dans les 10 années à venir de 15% de logements de qualité à gestion publique et à finalité sociale.

Le calcul du nombre réel de logements à créer varie énormément selon les estimations (voir l
ettre de novembre 2010). Cette lettre se base sur un nombre de 25.000 logements. Dans ce nombre, il a été tenu compte des logements mis à disposition par les agences immobilières sociales (A.I.S.) même s'il ne s'agit pas au sens strict de logements à gestion publique mais il n'a pas été tenu compte des prêts du logement car ils concernent des immeubles à gestion totalement privée.

Dans ce cadre, au rythme actuel, il est plus clair chaque mois que l'objectif décennal ne sera pas atteint à moins d'une modification radicale du rythme des réalisations. L'objectif est d'autant plus difficile à atteindre que, vu la croissance rapide de la population bruxelloise, les constructions privées nouvelles sont nombreuses. Et donc, l'objectif de 15 % de logements publics suppose un nombre absolu de logements à créer de plus en plus élevé.

La présente lettre bimestrielle a pour objectif d'être un aiguillon pour favoriser néanmoins une réalisation partielle des objectifs.

Le nombre total de logements en projet est aux alentours de 4.500. Mais parmi ceux-ci seuls environ 900 sont en construction. Et, malheureusement, tant qu'une construction n'est pas démarrée, la réalisation effective d'un projet reste (très) aléatoire. Un récapitulatif un peu plus détaillé des projets en cours est disponible sur le site du Secrétaire d'Etat compétent, Christos Doulkeridis.

Au cours des deux mois écoulés, 80 logements sociaux ont été inaugurés à Jette. D'autres inaugurations sont annoncées pour la fin de l'année et des nouveaux projets ont été annoncés. C'est mieux que les mois précédents, mais cela reste largement insuffisant pour atteindre l'objectif.

Ci-dessous, seuls les logements effectivement mis à disposition sont comptabilisés: les chantiers, projets en cours de marché public,... ne sont pas repris.


État de la réalisation des 25.000 logements en 3.600 jours (connu au 30 mars 2011)(ce mode de calcul ne prend pas en compte les prêts sociaux):

  • Nombre de logements publics nouveaux construits depuis le début de la législature dans le cadre du plan dit des 5000 logements: 250

  • Nombre de logements publics créés à partir de bureaux transformés: 0

  • Nombre de logements publics créés à partir de logements et autres immeubles abandonnés: 0

  • Nombre de logements publics créés par d'autres moyens (acquisitions, locations, contrats de quartier...): non connu avec précision, peut-être aux alentours de 400

  • Nombre de logements privés mis à disposition par les A.I.S.: non connu avec précision, probablement aux alentours de 500

  • (-) Suppressions de logements publics (acquisition par les locataires, destructions,...): non connu avec précision, probablement aux alentours de 0

  • Nombre total de logements publics nouveaux réellement créés: aux alentours de 1.150

  • Temps écoulé : 20 mois depuis les accords politiques (21 mois depuis le début de la législature)

  • Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 99 mois

  • Nombre total de logements publics qui auraient dû être créés durant le temps écoulé (sur la base de 200 logements par mois): 4.200

  • Somme minimale économisée par les autorités régionales ou locales bruxelloises aux dépens des personnes qui occuperaient les logements (sur base d'un coût de 100.000 € par logement): un peu plus de 300 millions d'euros


Informations complémentaires:

- Le texte de l'accord de gouvernement 2009-2014 du 12 juillet 2009 est accessible à la page
http://www.parlbruparl.irisnet.be/images/imgparl/accords2009/accordsfr.pdf.

- Un site
http://www.planlogement.be avait été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme durant la législature précédente. Le contenu de ce site a été supprimé depuis longtemps et depuis quelques semaines, même la page d'accueil du site n'est plus accessible.


Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean

Source de l'image

mercredi 13 avril 2011

La mort de la mort. Numéro 24. Mars 2011.

Mettre fin au vieillissement ne va pas plus mettre fin à l'humanité que le contrôle des naissances, l'hygiène ou l'agriculture. Le changement (radical) n'est pas la destruction. Luke Parrish, lecteur du site www.fightaging.org (traduction)

Cryogénisation: rêves et cauchemars sortis du congélateur


En 1962, un professeur de physique et de mathématiques d'une petite université du Michigan, Robert Ettinger, écrit un livre "The prospect of immortality". Ce livre est devenu le texte fondateur de ceux qui veulent échapper provisoirement à la mort en attendant le futur. L'idée de l'auteur est assez simple et caractéristique de cette période d'optimisme presque débridé : comme la médecine du futur permettra de vaincre les maladies qui nous minent actuellement, congelons ceux qui meurent pour attendre patiemment la possibilité d'un réveil et d'une guérison future lorsque la science aura vaincu les maladies

Cinquante ans plus tard, monsieur Ettinger a atteint l'âge respectable de 93 ans. Les deux femmes qu'il avait épousées et sa mère sont décédées et leurs corps sont conservées à -192 degrés. Mais les progrès technologiques et le degré d'acceptation des idées dans ces domaines ont été nettement moindres que ce que l'intéressé espérait.

Les progrès les plus importants ont été faits pour ce qui concerne la conservation du corps à basse température. Aujourd'hui, grâce à l'apport de certaines substances, la cryogénisation, qui ne peut bien sûr se faire qu'après le décès (sauf à commettre ce qui est en droit un assassinat), garde le corps du défunt dans un bon état de conservation.

Par contre, les progrès sont beaucoup plus lents pour ce qui concerne le réveil. Alors que de nombreux êtres vivants de petite taille peuvent être conservés congelés puis ramenés à un état d'activité normal si nécessaire après des années et que la conservation d'embryons est possible depuis des décennies, aujourd'hui encore, aucun mammifère et a fortiori aucun être humain n'a jamais survécu à la congélation. Et les progrès technologiques envisageables à court et moyen terme n'annoncent pas de percée dans ces domaines. La science-fiction des années 60 et 70 avait popularisé l'idée notamment via les films "2001, l'odyssée de l'espace" et "Woody et les robots" mais la réalité n'a pas dépassé la fiction.

C'est probablement dans le domaine culturel que l'évolution a été la plus "conservatrice". Un demi-siècle après que l'idée d'attendre des jours meilleurs sous forme glacée ait été popularisée et alors que cette méthode est en fait à la portée de centaines de millions de personnes de par le monde (pour environ 80.000 dollars plus cher qu'une belle voiture mais moins coûteux qu'un petit appartement), le nombre de personnes cryogénisées dans le monde ne se compte qu'en centaines et le nombre de citoyens ayant conclu un contrat pour être conservés en cas de décès se compte à peine en milliers.

Ceci s'explique peut-être par un phénomène paradoxal de peur inextinguible de la mort. La moins mauvaise manière de gérer cette peur est d'éviter d'y penser, de s'en soucier. Selon toute vraisemblance, pour encore bien des années, des milliards de citoyens du monde, riches ou pauvres, investiront
des dizaines de milliards de dollars en € et dollars, en crèmes et en pilules (chiffre d'affaires de 200 milliards d'euros par année) pour tenter (avec une efficacité très réduite) d'échapper aux signes de vieillissement. Mais ils resteront beaucoup plus économes en ce qui concerne des investissements pour permettre de lutter collectivement pour une vie plus longue.


La bonne nouvelle du mois: Un livre intitulé "La mort de la mort"


Un ouvrage portant le titre de la présente lettre écrit par par le docteur Laurent Alexandre, fondateur du site internet Doctissimo, vient d'être publié. Le sous-titre de l'ouvrage est "Comment la technomédecine va bouleverser l'humanité". L'association Heales n'est pas liée à l'auteur de cet ouvrage mais elle se réjouit de la proximité des idées et donc de la contagion culturelle rapide dans ce domaine.


dimanche 13 mars 2011

La mort de la mort. Numéro 23. Février 2011.


Rester jeunes, dynamiques et en bonne santé, c'est bien sûr notre souhait à tous. Bruno Clément. Présentateur de "Questions à la Une", émission consacrée au vieillissement. RTBF (télévision publique belge francophone). 16 février 2011.




Thème du mois. La "loi de Moore" et les progrès médicaux.


La loi de Moore, c'est en fait une conjoncture exprimée pour la première fois par Gordon Moore, cofondateur d'Intel, en 1965. Il affirmait que la complexité de certains composants informatiques doublait à intervalles réguliers. Plus tard, les spécialistes s'apercevront que c'est en fait dans de nombreux domaines informatiques que la puissance double ou que la place nécessaire est divisée par deux. Les deux domaines les plus spectaculaires de cette progressions sont la taille nécessaire au stockage des données et la vitesse de traitement des informations. Aujourd'hui, si vous avez un "smartphone" dans votre poche, il dispose à la fois de plus de puissance de calcul et de plus de capacité de stockage d'information qu'un appareil qui pesait plus d'une tonne il y a un demi-siècle.

Dans la plupart des domaines scientifiques, les progrès technologiques ont été effectués par bonds ou de manière linéaire. Par contre, les progrès des capacités informatiques eux suivent une progression exponentielle et c'est pourquoi, dans ce domaine, la capacité et la puissance sont des millions de fois supérieures à ce qu'elles étaient, il y a quelques décennies.

Ceci ne signifie cependant pas que toute l'informatique suive ces règles exponentielles. Ainsi, l'accès à internet a permis un accroissement d'accès à la connaissance sans équivalent parce que le stockage est dorénavant interconnecté. En une quinzaine d'années, la quantité d'informations accessible à partir d'un PC a ainsi été multipliée par des millions et n'est plus aujourd'hui de facto quasiment limitée que par la production des citoyens. Mais par contre, du fait notamment de la complexification des logiciels, beaucoup d'appareils informatiques contemporains démarrent et "travaillent" à peine plus vite aujourd'hui qu'il y a 20 ans.

Quelles seront et qu'elles ont déjà été les conséquences des progressions exponentielles pour les progrès médicaux? Il est possible de faire quelques rapides hypothèses.

- Le génome humain est aujourd'hui analysable en très peu de temps alors qu'il y a à peine 20 ans, quand les généticiens se sont attaqués au déchiffrement, c'était encore une opération titanesque. Dans ce domaine, tout porte à croire que les progrès informatiques vont permettre de déchiffrer toutes les composantes de la vie avec des progrès exceptionnels. Cela ne signifiera plus seulement connaître les gènes de l'être humain en tant qu'espèce mais aussi celui de chaque personne, celui des bactéries qui nous habitent, et même les mutations dans certaines de nos cellules. Le développement de l'interprétation des données, lui, ne suivra pas le même rythme mais, si les tendances actuelles se poursuivent, la détermination de la part des affections dues à des défauts du patrimoine génétique va continuer à s'accélérer.

- Les nanotechnologies médicales sont aujourd'hui d'application relativement restreinte. Une des raisons est que la technologie ne permet pas encore de réaliser des nanorobots c'est-à-dire des robots de taille suffisamment restreinte pour pouvoir être introduits dans le corps d'un être humain. Il est probable que l'accélération des progrès informatiques dans ces domaines, notamment en ce qui concerne la diminution de l'approvisionnement énergétique nécessaire, permettra des progrès rapides même s'ils ne sont pas exponentiels.

- Dans de nombreux domaines expérimentaux, les modèles informatiques peuvent être complémentaires aux modèles animaux et même aux modèles humains. La puissance de calcul est particulièrement importante pour ces analyses. C'est notamment dans le domaine des simulations neurologiques et cellulaires que les progressions nécessitent les plus grandes capacités de calcul. Cependant, le stade de l'expérimentation animale et humaine reste nécessaire. Les théories (surtout moléculaires et cellulaires) qui s'informatisent se révèlent souvent fausses lorsqu'elles sont testées sur des êtres vivants multicellulaires. Dans un avenir prévisible, même les progrès médicaux les plus spectaculaires et les plus rapides ne deviendront donc une (relative) certitude qu'après une latence de plusieurs années, le temps d'achever les expérimentations animale et humaine.

- Dans le domaine de l'échange d'informations, les progrès de l'informatique et des technologies de la communication ont permis des accélérations sans équivalents. De plus en plus, le travail en communautés virtuelles devient techniquement possible. Mais des progressions importantes de puissances de traitement sont encore nécessaires pour que les avantages entre autres en rapidité et en économies d'échelle de ce travail virtuel dépassent certains inconvénients matériels et psychologiques.

- Il y a ensuite le domaine, actuellement encore très peu utilisé de l'expérimentation scientifique réalisée par des systèmes experts. Dans ce domaine, les travaux réellement effectués sont encore en nombre réduit. A ce jour pour être utilisées, les connaissances acquises doivent encore être "absorbées", comprises, exploitées par des cerveaux humains et ceux-ci, jusqu'à nouvel ordre, ne sont pas extensibles.

- Dans un tout autre domaine, infiniment plus hypothétique, certains envisagent la "copie" de la conscience sur un support informatique. Copier un cerveau humain ou même un cerveau d'un animal est actuellement totalement impossible vu notamment la puissance informatique nécessaire. Cet obstacle précis sera vaincu, sauf interruption des progressions, dans quelques décennies au maximum. Pour les autres obstacles, certains les affirment infranchissables, d'autres doutent.

En conclusion de ce survol, il reste à se demander quel sera le résultat de la conjugaison de toutes ces progressions. Au jour d'aujourd'hui, la progression de l'espérance de vie semble linéaire (environ trois mois par année).

Mais cette apparence linéaire est le résultat (dans les pays "riches"):

  • d'une décroissance approximativement exponentielle des taux de mortalité. En effet depuis 150 ans les taux de mortalité sont divisés par deux tous les 30 ans environ!
  • d'une décroissance qui essentiellement porte sur les taux de mortalité des enfants et des jeunes adultes jusqu'à 1950, et essentiellement sur les retraités depuis.

Ceux qui annonçaient l'interruption des progrès vu les limites naturelles ont eu tort jusqu'ici. Ceux qui espèrent des progrès radicaux directement applicables dans les toutes prochaines années ont très probablement tort également. Mais ceux qui espèrent des progrès scientifiques rapides pour la compréhensions des mécanismes du vieillissement et la lutte contre celui-ci pour des animaux de laboratoire auront peut-être raison avant la fin de cette décennie.


La bonne nouvelle du mois: Le Time annonce l'homme immortel pour 2045


Le journal Time du 21 février a pour couverture: "2045. The year Man Becomes Immortal". De la page 20 à la page 27, le célèbre périodique (vendu à plusieurs millions d'exemplaires) explique de manière assez détaillée:
L'hebdomadaire explique donc assez longuement la notion que, si les progrès technologiques se poursuivent, la mort de vieillissement pour les êtres humains pourrait ne plus concerner l'être humain que pour une ou deux générations et l'intelligence artificielle pourrait dépasser l'intelligence humaine. L'article est signé par l'écrivain Lev Grossman. Il est accessible tant dans la version américaine que dans toutes les versions régionales du prestigieux périodique et peut être consulté en ligne.


- Pour en savoir plus de manière générale: http://sens.org, http://imminst.org, http://heales.org et http://immortalite.org
- Pour en savoir plus à propos des "lois" de Moore: http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Moore (source de l'image)
- Pour réagir ou recevoir la lettre d'information: info@heales.org

dimanche 13 février 2011

25.000 logements publics bruxellois en 3.600 jours (Numéro 10). Janvier 2011.

Les accords gouvernementaux régionaux bruxellois de l'été 2009 sont ambitieux. Ils prévoient, en une période de 10 années, une augmentation radicale du nombre de logements publics par une norme à atteindre dans les 10 années à venir de 15% de logements de qualité à gestion publique et à finalité sociale.

Le calcul du nombre réel de logements à créer varie énormément selon les estimations (voir lettre de novembre 2010). Cette lettre se base sur un nombre de 25.000 logements. Dans ce nombre, il a été tenu compte des logements mis à disposition par les agences immobilières sociales (A.I.S.) même s'il ne s'agit pas au sens strict de logements à gestion publique mais il n'a pas été tenu compte des prêts du logement car ils concernent des immeubles à gestion totalement privée.

Dans ce cadre, au rythme actuel, il est plus clair chaque mois que l'objectif décennal ne sera pas atteint à moins d'une modification radicale du rythme des réalisations.

La présente lettre bimestrielle a pour objectif d'être un aiguillon pour favoriser néanmoins une réalisation partielle des objectifs.

Le nombre total de logements en projet est aux alentours de 4.500. Mais parmi ceux-ci seuls environ 900 sont en construction. Et, malheureusement, tant qu'une construction n'est pas démarrée, la réalisation effective d'un projet reste (très) aléatoire. Un récapitulatif un peu plus détaillé des projets en cours est disponible sur le site du Secrétaire d'Etat compétent, Christos Doulkeridis.

Ci-dessous, seuls les logements effectivement mis à disposition sont comptabilisés: les chantiers, projets en cours de marché public,... ne sont pas repris.



État de la réalisation des 25.000 logements en 3.600 jours (connu au 31 janvier 2011)(ce mode de calcul ne prend pas en compte les prêts sociaux):

  • Nombre de logements publics nouveaux construits dans le cadre du plan dit des 5000 logements: 170

  • Nombre de logements publics créés à partir de bureaux transformés: 0

  • Nombre de logements publics créés à partir de logements et autres immeubles abandonnés: 0

  • Nombre de logements publics créés par d'autres moyens (acquisitions, locations, contrats de quartier...): non connu avec précision, peut-être aux alentours de 350

  • Nombre de logements privés mis à disposition par les A.I.S.: non connu avec précision, probablement aux alentours de 450

  • (-) Suppressions de logements publics (acquisition par les locataires, destructions,...): non connu avec précision, probablement aux alentours de 0

  • Nombre total de logements publics nouveaux réellement créés: aux alentours de 1.000

  • Temps écoulé : 18 mois depuis les accords politiques (19 mois depuis le début de la législature)

  • Temps restant pour achever la mise à disposition des logements : 103 mois

  • Nombre total de logements publics qui auraient dû être créés durant le temps écoulé (sur la base de 200 logements par mois): 3.800

  • Somme minimale économisée par les autorités régionales ou locales bruxelloises aux dépens des personnes qui occuperaient les logements (sur base d'un coût de 100.000 € par logement): 280.000.000 €


Informations complémentaires:

- Le texte de l'accord de gouvernement 2009-2014 du 12 juillet 2009 est accessible à la page
http://www.parlbruparl.irisnet.be/images/imgparl/accords2009/accordsfr.pdf.

- Un site http://www.planlogement.be avait été réalisé par le Secrétariat d'Etat bruxellois au Logement et à l'Urbanisme de la législature précédente. Seule la page d'accueil du site est encore accessible, mais le contenu a été supprimé.


Si vous communiquez des informations pertinentes, elles seront diffusées dans la prochaine lettre.

Didier Coeurnelle, conseiller communal à Molenbeek-Saint-Jean

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dimanche 6 février 2011

La mort de la mort. Numéro 22. Janvier 2011.

Si les risques de mortalité (en France) étaient restés à chaque âge ceux de l’année 2000, le nombre total de décès aurait été supérieur de 120 000 à celui effectivement observé en 2010. INSEE Première (mensuel de Institut national de la statistique et des études économiques). Janvier 2011.


Thème du mois: Les 101 manières pour tenter de lutter contre le vieillissement et la mort

Il est fascinant de faire un relevé des idées et perceptions des milliards d'êtres humains qui, probablement depuis l'aube de l'humanité, se sont interrogés sur les moyens d'échapper à la finitude.

Du « mens sana in corpore sano » inventé il y a deux millénaires à la “survie digitale" en ligne rêvée par certains depuis quelques années en passant par les promesses de la religion, les moyens sont innombrables. Mais ils peuvent être classés en quelques grands ensembles. La présente lettre vise à décrire de manière relativement exhaustive, mais résumée et catégorisées à l'extrême, les possibilités envisagées.

Les méthodes pour vivre plus longtemps envisagées depuis l'aube de l'histoire

Elles peuvent être divisées en deux catégories: physiques et religieuses

Les moyens physiques:

- Absorber ou s'imprégner d'une substance. La pilule pour atteindre l'immortalité n'a pas été trouvée à ce jour, mais sa recherche est entamée depuis des millénaires: une plante dans l'épopée de Gilgamesh, le mercure ou l'or chez les chinois de l'empire du milieu, la fontaine de jouvence au moyen-âge. Aujourd'hui, les recherches pour trouver une substance se poursuivent, mais avec plus de modestie. Il ne s'agit plus d'atteindre l'immortalité mais seulement de trouver des substances prolongeant la durée de vie. Mais ces recherches sont aussi efficaces que par le passé puisque certaines substances comme la rapamycine ou des produits imitant l'effet de thérapies géniques ont déjà prouvé leur efficacité pour diminuer le vieillissement de certains animaux.

- Atteindre un état physique qui rend inaccessible au vieillissement. La méditation de certains bouddhistes est l'exemple le plus connu. Elle est non religieuse car supposée ne pas nécessiter d'intervention surnaturelle. Bien des êtres humains ont prétendu avoir trouvé un état leur épargnant la vieillesse par des moyens que nous pourrions qualifier aujourd'hui de psychologiques ou philosophiques.

Les moyens religieux (et philosophiques):

Le lecteur élevé dans un environnement culturel judo-chrétien ou musulman pensera immédiatement à la résurrection. Mais le retour dans son "enveloppe" de chair est loin d'être la seule conception religieuse de vie après la vie, même chez les chrétiens. Voici les grandes catégories en commençant par la plus simple, en tout cas pour un lecteur occidental.

- Retour de l'existence sous forme physique après la mort: c'est le concept du retour à la vie sous forme physique. Le corps revit. Cette idée est présente dans les religions catholique, musulmane et juive. Mais elle existait avant ces religions. Les pharaons égyptiens, par exemple, espéraient déjà revenir de l'au-delà.


- Maintien de l'existence sous forme non physique après la mort: c'est le concept de survie de l'âme. Le corps disparaît mais quelque chose d'immatériel subsiste où se retrouve la conscience. Cette idée se trouve partiellement dans la religion catholique (cohabitant avec l'idée de résurrection) mais aussi dans bien d'autres croyances notamment les religions dites animistes (culte des ancêtres) et le spiritisme.


- Transfert de la conscience vers un autre être vivant après la mort: la métempsychose ou encore la réincarnation est probablement le concept le plus connu de l'hindouisme. Il est aussi présent notamment chez les bouddhistes.


- Incorporation dans un ensemble plus grand. Selon certains, au décès ou même à un autre moment, l'entité que constitue un être humain peut se fondre, totalement ou partiellement, dans un ensemble plus grand. Cette conception est assez proche de la conception religieuse de la survie de l'âme mais avec la dimension supplémentaire de l'absorption-fusion. L'idée se retrouve, parfois précisément, parfois confusément, dans bien des croyances religieuses et même parfois dans des convictions définies par certains de ceux qui les prônent comme non religieuses (retour à la "mère-nature", vision cosmiste,...).


- Enfin, plus rarement certaines personnes au long de l'histoire ont prétendu (et probablement parfois ont cru) ne pas être atteintes par le vieillissement voire être indestructibles soit parce qu'une puissance surnaturelle leur a donné ce privilège, soit pour des raisons non expliquées.

Les méthodes envisagées grâce aux progrès technologiques

Depuis des siècles, des humanistes imaginent que les progrès de la science permettront de vivre beaucoup plus longtemps. Beaucoup des moyens imaginés peuvent être classés dans une des catégories citées plus haut mais voici les catégories contemporaines, reprises dans l'ordre chronologique de leur conception.

- La réjuvénation et les cellules souches

Il s'agit de tous les moyens qui visent à permettre au corps de se régénérer sans aucune limitation de temps: au début du vingtième siècle par l'injection de substances issues de cellules germinales (y inclus des greffes), aujourd'hui notamment grâce aux cellules souches.

- Les thérapies géniques

C'est le domaine où les progressions contemporaines sont les plus rapides. Petit à petit, ce qui est un peu le logiciel de la vie, dévoile ses secrets, son mode d'emploi et ses moyens de la modifier. La maitrise future envisagée du génome est telle que la victoire sur le vieillissement est envisagée à long ou à moyen terme par un nombre croissant de chercheurs. Avec enthousiasme ou avec crainte.

- Les nanotechnologies

Il s'agit de substances ou de machines de si petite taille qu'elles peuvent s'attaquer, moduler, transformer jusqu'aux composantes les plus intimes de la cellule. Elles seraient produites en si grande quantité qu'elles agiraient, une fois injectées, des orteils à la cornée détruisant toute cellule cancéreuse, réparant des organes malades, injectant des substances manquantes et même digérant les graisses superflues. Mais, actuellement, ces technologies sont encore, en tous cas pour ce qui concerne les nanorobots, à peine au stade de concept.

- La survie digitale

Si la conscience est indépendante de son substrat, c'est-à-dire si, ce que nous appelons, faute de mieux, l'âme peut être "détachée" (rendue indépendante) du cerveau, il pourrait peut-être un jour être possible de la transporter, totalement ou partiellement, par copie ou par déplacement, sur un support informatique. Les technologies qui le permettraient sont encore moins avancées que les nanotechnologies. Les progrès dans ce domaine sont liés aux progrès en matière de recherche relative à l'intelligence artificielle.

La liste s'achève (temporairement) ici. Tout ce qui précède est, malheureusement (ou heureusement selon certains), sans efficacité prouvée à ce jour. Bien des méthodes mentionnées se trouvent en fait à la lisière de plusieurs catégories. La religion n'est pas toujours éloignée de la science. Pour paraphraser Arthur Clarke, "Toute technologie suffisamment avancée est (parfois) indiscernable de la religion". A un moment ou à un autre, tout être humain doué de conscience, dont le lecteur de ces lignes, a envisagé certaines des hypothèses. Chacun contemple sa finitude.


La bonne nouvelle du mois


Des scientifiques du "Scripps Research Institute" ont réussi à transformer des cellules adultes de la peau en cellules cardiaques. Jusqu'ici, pour transformer des cellules d'un type en cellules d'un autre type, il était nécessaire de passer par le stade des cellules souches. Cette découverte pourrait faciliter le traitement de nombreuses maladies pour lesquelles l'apport de cellules nouvelles est utile, par exemple en cas de blessure, de maladie cardiaque ou d'affection dégénérative comme la maladie d'Alzheimer.


- Pour en savoir plus de manière générale: http://sens.org/, http://imminst.org/, http://heales.org/ et http://immortalite.org/
- Pour en savoir plus à propos des transformations de cellules de la peau dans un but thérapeutique: http://www.eurekalert.org/pub_releases/2011-01/sri-srs012811.php et http://www.sciencedaily.com/releases/2011/01/110130213901.htm
- Pour réagir ou recevoir la lettre d'information: info@heales.org

Source de l'image: une cellule-souche et une croix égyptienne (Ânkh)